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Ruth 3
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Noémi, sa belle-mère lui dit : « Ma fille, je veux te chercher un lieu de repos où tu sois heureuse.
Et maintenant, Booz, avec les servantes duquel tu as été, n’est-il pas notre parent ? Voici qu’il doit vanner cette nuit l’orge qui est dans l’aire.
Lave-toi et oins-toi, mets tes plus beaux vêtements, et descends vers l’aire. Ne te laisse pas apercevoir de lui, jusqu’à ce qu’il ait achevé de manger et de boire.
Et quand il ira se coucher, observe le lieu où il se couche ; puis entre, soulève la couverture de ses pieds et couche-toi ; lui-même te dira ce que tu as à faire. »
Elle lui répondit : « Je ferai tout ce que tu me dis. »
Elle descendit dans l’aire et fit tout ce que lui avait ordonné sa belle-mère.
Booz mangea et but, et son cœur fut joyeux. Il alla se coucher à l’extrémité du tas de gerbes ; alors Ruth s’approcha doucement, découvrit ses pieds et se coucha.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et qu’il fut allé dormir près du tas de gerbes. Depuis le moment où le blé commence à être transporté sur l’aire jusqu’au jour où il en est enlevé, après avoir été battu et vanné, le propriétaire dort la nuit à côté de ses gerbes, dont quelques-unes lui servent de couche et le garantissent de la rosée de la nuit. Il est nécessaire de garder ainsi la récolte pour la garantir contre les voleurs, si l’aire n’est pas éloignée du village, ou pour la mettre à l’abri des ravages des sangliers, quand on est loin des lieux habités. Dans les parties montagneuses de la Palestine, les cerfs et les ours sont aussi à redouter pour les monceaux de blé. Sur les bords du Jourdain, les cultivateurs sont souvent obligés de couper les récoltes avant qu’elles soient entièrement mûres, pour les dérober aux Bédouins qui viennent du désert, s’emparent des grains, les chargent sur leurs chameaux ou leurs chevaux et les emportent.
Au milieu de la nuit, cet homme eut une frayeur ; il se pencha et, voici qu’une femme était couchée à ses pieds.
Il dit : « Qui es-tu ? ». Elle répondit : « Je suis Ruth, ta servante ; étends sur ta servante le pan de ton manteau, car tu as droit de rachat. »
Il dit : « Bénie sois-tu de Yahweh, ma fille ! Ton dernier amour surpasse le premier, car tu n’as pas recherché des jeunes gens, pauvres ou riches.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La première miséricorde ; la bonté, la charité que tu as eue pour ton mari et ta belle-mère. ― La dernière ; le zèle que tu mets à faire revivre la mémoire et le nom de ton premier mari, en épousant un parent âgé préférablement à un jeune homme, que tu devrais naturellement rechercher étant jeune toi-même.
Maintenant, ma fille, ne crains point ; tout ce que tu diras, je le ferai pour toi ; car tout le peuple de Bethléem sait que tu es une femme vertueuse.
Maintenant, c’est en vérité que j’ai un droit de rachat, mais il y en a un autre plus proche que moi.
Passe ici la nuit ; et demain, s’il veut te racheter, c’est bien, qu’il te rachète ; mais s’il ne veut pas te racheter, je te rachèterai, moi. Yahweh est vivant ! Reste couchée jusqu’au matin ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le Seigneur vit ! Voir Juges, 8, 19.
Elle resta donc couchée à ses pieds jusqu’au matin, et elle se leva avant qu’un homme pût en reconnaître un autre. Booz dit : « Qu’on ne sache pas que cette femme est entrée dans l’aire. »
Et il ajouta : « Donne le manteau qui est sur toi, et tiens-le. » Elle le tint : et il mesura six mesures d’orge, qu’il chargea sur elle ; puis il rentra dans la ville.
Ruth étant revenue auprès de sa belle-mère, Noémi lui dit : « Qu’as-tu fait, ma fille ? » Ruth lui raconta tout ce que cet homme avait fait pour elle :
« Il m’a donné, ajouta-t-elle, ces six mesures d’orge, en me disant : Tu ne retourneras pas les mains vides chez ta belle-mère. »
Et Noémi dit : « Reste ici, ma fille, jusqu’à ce que tu saches comment finira l’affaire ; car cet homme ne se donnera point de repos qu’il n’ait terminé cette affaire aujourd’hui. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il vanne l’aire de l’orge ; pour il vanne l’orge de l’aire, ou dans l’aire. ― Quand on se reporte à la simplicité des mœurs de ces anciens temps, et que l’on examine sans prévention l’ensemble de ce récit, on est loin de le trouver scandaleux comme l’ont trouvé quelques incrédules, affectant une chasteté, qu’ils n’avaient peut-être pas dans le cœur.