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Apocalypse 6

APRÈS cela je vis que l’Agneau avait ouvert l’un des sept sceaux ; et j’entendis l’un des quatre animaux qui dit avec une voix comme d’un tonnerre : Venez, et voyez.

En même temps je vis paraître un cheval blanc. Celui qui était monté dessus, avait un arc, et on lui donna une couronne ; et il partit en vainqueur pour continuer ses victoires.

Lorsqu’il eut ouvert le second sceau, j’entendis le second animal qui dit : Venez, et voyez.

Aussitôt il sortit un autre cheval qui était roux ; et le pouvoir fut donné à celui qui était monté dessus, d’enlever la paix de dessus la terre, et de faire que les hommes s’entre-tuassent ; et on lui donna une grande épée.

Lorsqu’il eut ouvert le troisième sceau, j’entendis le troisième animal qui dit : Venez, et voyez. Et je vis paraître tout d’un coup un cheval noir ; et celui qui était monté dessus, avait en sa main une balance.

Et j’entendis une voix du milieu des quatre animaux, qui dit : Le litron de blé vaudra une drachme ; et trois litrons d’orge, une drachme ; mais ne gâtez ni le vin, ni l’huile.

Lorsqu’il eut ouvert le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième animal, qui dit : Venez, et voyez.

En même temps je vis paraître un cheval pâle ; et celui qui était monté dessus s’appelait la Mort, et l’Enfer le suivait ; et le pouvoir lui fut donné sur les quatre parties de la terre, pour y faire mourir les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages.

Commentaire (versets 2 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 2 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce guerrier monté sur un cheval blanc représente Jésus-Christ allant soumettre le monde à son Evangile ; les quatre chevaux, les jugements et les châtiments qui devaient tomber sur les ennemis de Jésus-Christ et de son Eglise ; le cheval roux signifie les guerres ; le noir, la famine et le pâle monté par la Mort, les plaies et la peste.

Lorsqu’il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient souffert la mort pour la parole de Dieu, et pour le témoignage qu’ils avaient rendu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sous l’autel. Jésus-Christ, en tant qu’homme, est cet autel sous lequel les âmes des martyrs vivent dans le ciel, comme leurs corps sont ici déposés sous nos autels.

Et ils criaient d’une forte voix, en disant : Souverain Maître, qui êtes saint et véritable ! jusques à quand différerez-vous de nous faire justice, et de venger notre sang de ceux qui habitent sur la terre ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le saint et le véritable. Comparer à Apocalypse, 3, 7. ― Ne ferez-vous point, etc. Les saints ne demandent pas cela par haine de leurs ennemis, mais par zèle pour la gloire de Dieu, désirant que le Seigneur hâte le jugement universel, et la béatitude complète de ses élus.

Alors on leur donna à chacun une robe blanche ; et il leur fut dit qu’ils attendissent en repos encore un peu de temps, jusqu’à ce que fût rempli le nombre de ceux qui étant leurs frères et serviteurs de Dieu comme eux, devaient aussi bien qu’eux souffrir la mort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une robe blanche, stolê. Voir Luc, 12, 22.

Je vis aussi que lorsqu’il eut ouvert le sixième sceau, il se fit un grand tremblement de terre ; le soleil devint noir comme un sac de poil, la lune parut toute en sang ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Noir comme un sac de poils. Les sacs de deuil dont se servaient ordinairement les prophètes étaient faits de poils noirs ou bruns, soit de chèvre, soit de chameau.

et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme les figues vertes tombent d’un figuier qui est agité d’un grand vent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses figues. Les figues sont ordinairement nombreuses sur les figuiers, et un grand vent les fait tomber en abondance.

Le ciel se retira comme un livre que l’on roule, et toutes les montagnes et les îles furent ôtées de leur place ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme un livre roulé. Les livres anciens étaient de grands rouleaux de papier ou de vélin.

et les rois de la terre, les grands du monde, les officiers de guerre, les riches, les puissants, et tous les hommes, esclaves ou libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes ;

et ils dirent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous de devant la face de celui qui est assis sur le trône, et de la colère de l’Agneau ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 2, 19 ; Osée, 10, 8 ; Luc, 23, 30.

parce que le grand jour de leur colère est arrivé, et qui pourra subsister ?