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Juges 21

LES enfants d’Israël firent aussi un serment à Maspha, et ils dirent : Nul d’entre nous ne donnera sa fille en mariage aux enfants de Benjamin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jurèrent aussi à Maspha ; ce mot aussi de la Vulgate donne au prétérit jurèrent le sens du plus-que-parfait qui se trouve dans le texte original, et qui rattache ainsi ce serment à l’assemblée que les Israélites avaient tenu à Maspha. Voir Juges, chapitre 20.

Et ils vinrent tous en la maison de Dieu, c’est-à-dire, à Silo, et se tenant assis en sa présence jusqu’au soir, ils élevèrent la voix, et commencèrent à pleurer en jetant de grands cris, et disant :

Seigneur, Dieu d’Israël ! pourquoi est-il arrivé un si grand malheur à votre peuple, qu’aujourd’hui une des tribus ait été retranchée d’entre nous ?

Le lendemain s’étant levés au point du jour, ils élevèrent un autel, y offrirent des holocaustes et des victimes pacifiques, et dirent :

Qui d’entre toutes les tribus d’Israël n’a point marché avec l’armée du Seigneur ? Car étant à Maspha, ils s’étaient engagés par un grand serment à tuer tous ceux qui auraient manqué de s’y trouver.

Et les enfants d’Israël touchés de repentir de ce qui était arrivé à leurs frères de Benjamin, commencèrent à dire : Une des tribus a été retranchée d’Israël ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur frère Benjamin ; c’est-à-dire leurs frères de la tribu de Benjamin. Ici, comme souvent ailleurs, le fondateur de la tribu se prend pour la tribu elle-même.

où prendront-ils des femmes ? Car nous avons juré tous ensemble, que nous ne leur donnerions point nos filles.

Ils s’entre-dirent donc : Qui sont ceux de toutes les tribus d’Israël qui ne sont point venus devant le Seigneur à Maspha ? Et il se trouva que les habitants de Jabès-Galaad ne s’étaient point trouvés dans l’armée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jabès-Galaad, ville de Galaad, dans le voisinage de Pella. La situation exacte de cette ville n’est pas connue. Peut-être était-elle située à Ed-Deir, près de l’ouadi Yabès, à cinq heures de marche au sud de Bethsan.

En effet, en ce même temps auquel les enfants d’Israël étaient à Silo, il ne se trouva parmi eux aucun homme de Jabès.

Ils envoyèrent donc dix mille hommes très-vaillants avec cet ordre : Allez, et faites passer au fil de l’épée tous les habitants de Jabès-Galaad, sans épargner ni les femmes ni les petits enfants.

Et vous observerez ceci en même temps : Tuez tous les mâles et toutes les femmes qui ne sont plus au rang des filles ; mais réservez les vierges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 31, 17-18.

Il se trouva dans Jabès-Galaad quatre cents vierges qui étaient demeurées toujours pures ; et ils les emmenèrent au camp à Silo, au pays de Chanaan.

Ils envoyèrent ensuite des députés aux enfants de Benjamin qui étaient au rocher de Kemmon, avec ordre de leur dire qu’on voulait vivre en paix avec eux.

Alors les enfants de Benjamin revinrent chez eux, et on leur donna pour femmes ces filles de Jabès-Galaad : mais on n’en trouva point d’autres qu’on pût leur donner de la même manière.

Tout Israël fut touché alors d’une grande douleur, et ils eurent un extrême regret qu’une des tribus d’Israël fût périe de cette sorte.

Et les plus anciens du peuple dirent : Que ferons-nous aux autres à qui on n’a pas donné de femmes ? Car toutes les femmes de la tribu de Benjamin ont été tuées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sont tombées à la fois, sous les coups du glaive. Voir les versets 10 et 11.

Et il n’y a rien que nous ne devions faire pour empêcher, autant qu’il est en notre pouvoir, qu’une des tribus d’Israël ne périsse.

Cependant nous ne pouvons leur donner nos filles, étant liés comme nous sommes par notre serment, et par les imprécations que nous avons faites, en disant : Maudit soit celui qui donnera sa fille en mariage aux enfants de Benjamin.

Voici donc la résolution qu’ils prirent entre eux ; ils dirent : Voici la fête solennelle du Seigneur qui se célèbre tous les ans à Silo, qui est située au septentrion de la ville de Béthel, et à l’orient du chemin qui va de Béthel à Sichem, et au midi de la ville de Lébona.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béthel. Voir Genèse, 12, 8. ― Lébona, ville au nord de Silo.

Puis ils donnèrent cet ordre aux enfants de Benjamin : Allez, leur dirent-ils, cachez-vous dans les vignes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cachez-vous dans les vignes. Les vignes qui, du temps de Josué et des Juges, étaient aux environs de Silo, ont aujourd’hui disparu. Avec la ruine du village, la désolation s’est répandue sur les collines d’alentour.

Et lorsque vous verrez les filles de Silo, qui viendront danser selon la coutume, sortez tout d’un coup des vignes, et que chacun de vous en prenne une pour sa femme, et retournez-vous-en au pays de Benjamin.

Et lorsque leurs pères et leur frères viendront se plaindre de vous, en vous accusant de cette violence, nous leur dirons : Ayez compassion d’eux : car ils ne les ont pas prises comme des victorieux prennent des captives par le droit de la guerre ; mais après qu’ils vous ont suppliés de leur donner vos filles, vous les leur avez refusées ; et ainsi la faute est venue de vous.

Les enfants de Benjamin firent ce qui leur avait été commandé ; et selon le nombre qu’ils étaient, chacun d’eux enleva une des filles qui dansaient, pour être sa femme. Etant ensuite retournés chez eux, ils bâtirent des villes, et y habitèrent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Rebâtissant. C’est le sens qu’exige l’article qui se trouve en hébreu devant le mot villes. Les villes dont il est ici question existaient déjà ; et d’ailleurs, comme nous l’avons remarqué dans un autre endroit (voir Nombres, 32, 34), le verbe hébreu bâtir, signifie souvent par extension rebâtir, reconstruire, restaurer, embellir son édifice.

Les enfants d’Israël retournèrent aussi dans leurs tentes, chacun dans sa tribu et dans sa famille. En ce temps-là il n’y avait point de roi dans Israël ; mais chacun faisait ce qu’il jugeait à propos.