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Jacques 2
MES frères, ne faites point acception de personnes, vous qui avez la foi de la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ.
Car s’il entre dans votre assemblée un homme qui ait un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi quelque pauvre avec un méchant habit ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un anneau d’or. Les bagues en or ou autres métaux précieux étaient communes chez les anciens.
et qu’arrêtant votre vue sur celui qui est magnifiquement vêtu, vous lui disiez, en lui présentant une place honorable, Asseyez-vous ici ; et que vous disiez au pauvre, Tenez-vous là debout, ou asseyez-vous à mes pieds :
n’est-ce pas là faire différence en vous-mêmes entre l’un et l’autre, et suivre des pensées injustes dans le jugement que vous en faites ?
Écoutez, mes chers frères : Dieu n’a-t-il pas choisi ceux qui étaient pauvres dans ce monde, pour être riches dans la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ?
Et vous, au contraire, vous déshonorez le pauvre. Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment par leur puissance ? Ne sont-ce pas eux qui vous traînent devant le tribunal de la justice ?
Ne sont-ce pas eux qui déshonorent le nom auguste de Christ, d’où vous avez tiré le vôtre ?
Si vous accomplissez la loi royale en suivant ce précepte de l’Écriture, Vous aimerez votre prochain comme vous-mêmes ; vous faites bien.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 19, 18 ; Matthieu, 22, 39 ; Marc, 12, 31 ; Romains, 13, 9 ; Galates, 5, 14. ― La loi royale ; c’est-à-dire qui domine toutes les autres, la loi suprême. « Sens : si pourtant vous agissez ainsi, non par mépris du pauvre, mais pour quelque motif honnête, et sans violer la première de toutes les lois, la charité, je ne vous condamne pas absolument. Mais si vous faites réellement acception des personnes, c’est-à-dire si vous humiliez le pauvre parce qu’il est pauvre, vous êtes coupable ; car (voir verset 10) quiconque transgresse un seul point de la loi, etc. » (CRAMPON)
Mais si vous avez égard à la condition des personnes, vous commettez un péché, et vous êtes condamnés par la loi comme en étant les violateurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 19, 15 ; Jacques, 2, 1.
Car quiconque ayant gardé toute la loi, la viole en un seul point, est coupable comme l’ayant toute violée :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 19. ― Lorsque cette Epître fut écrite, il y avait des Juifs qui croyaient que violer la loi sur un point ou sur un petit nombre de points et la pratiquer sur tous les autres, n’était pas un péché grave qui pût attirer la colère de Dieu, qu’il y avait même un certain mérite en cela. Saint Augustin dit que c’était aussi l’erreur de quelques chrétiens de son temps. C’est donc contre cette erreur que saint Jacques s’élève ; et quand il dit toute, c’est qu’il considère la loi comme un tout pris dans son ensemble. Ainsi, qu’on viole tel ou tel précepte en particulier, c’est toujours la loi elle-même qui est violée.
puisque celui qui a dit, Ne commettez point d’adultère ; ayant dit aussi, Ne tuez point ; si vous tuez, quoique vous ne commettiez pas d’adultère, vous êtes violateur de la loi.
Réglez donc vos paroles et vos actions comme devant être jugés par la loi de la liberté.
Car celui qui n’aura point fait miséricorde, sera jugé sans miséricorde ; mais la miséricorde s’élèvera au-dessus de la rigueur du jugement.
Mes frères, que servira-t-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a point les œuvres ? La foi pourra-t-elle le sauver ?
Si un de vos frères ou une de vos sœurs n’ont point de quoi se vêtir, et qu’ils manquent de ce qui leur est nécessaire chaque jour pour vivre ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 3, 17.
et que quelqu’un d’entre vous leur dise, Allez en paix, je vous souhaite de quoi vous garantir du froid et de quoi manger ; sans leur donner néanmoins ce qui est nécessaire à leur corps ; à quoi leur serviront vos paroles ?
Ainsi la foi qui n’a point les œuvres, est morte en elle-même.
On pourra donc dire à celui-là : Vous avez la foi, et moi j’ai les œuvres : montrez-moi votre foi qui est sans œuvres ; et moi je vous montrerai ma foi par mes œuvres.
Vous croyez qu’il n’y a qu’un Dieu : vous faites bien ; mais les démons le croient aussi, et ils tremblent.
Mais voulez-vous savoir, ô homme vain ! que la foi qui est sans les œuvres, est morte ?
Notre père Abraham ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 22, 9.
Ne voyez-vous pas que sa foi était jointe à ses œuvres, et que sa foi fut consommée par ses œuvres ?
et qu’ainsi cette parole de l’Écriture fut accomplie : Abraham crut ce que Dieu lui avait dit, et sa foi lui fut imputée à justice ; et il fut appelé ami de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 15, 6 ; Romains, 4, 3 ; Galates, 3, 6.
Vous voyez donc que c’est par les œuvres que l’homme est justifié, et non pas seulement par la foi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Pour saint Jacques, Abraham est le représentant et le type de tous les vrais croyants : la conclusion est donc légitime. Sa doctrine est d’ailleurs conforme à celle de saint Paul, qui n’accorde de valeur qu’à « la foi agissante par les œuvres » (voir Galates, 5, 6). » (CRAMPON)
Rahab aussi, cette femme débauchée, ne fut-elle pas justifiée de même par les œuvres, en recevant chez elle les espions de Josué, et les renvoyant par un autre chemin ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Josué, 2, 4 ; Hébreux, 11, 31. ― Rahab… recevant à Jéricho les espions de Josué.
Car comme le corps est mort lorsqu’il est sans âme ; ainsi la foi est morte lorsqu’elle est sans œuvres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 19, 15 ; Deutéronome, 1, 17 ; 16, 19 ; Proverbes, 24, 23 ; Ecclésiastique, 42, 1.