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Hébreux 2

NOUS devons donc à proportion nous attacher avec plus de soin aux choses que nous avons entendues, pour n’être pas comme de l’eau qui s’écoule et se perd.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De peur de, etc. ; c’est-à-dire de peur que nous ne soyons semblables à des vases entrouverts, qui laissent échapper la liqueur qu’on y a mise.

Car si la loi qui a été annoncée par les anges est demeurée ferme, et si tous les violements de ses préceptes et toutes les désobéissances ont reçu la juste punition qui leur était due ;

comment pourrons-nous l’éviter, si nous négligeons l’Évangile du véritable salut, qui ayant été premièrement annoncé par le Seigneur même, a été confirmé parmi nous par ceux qui l’ont entendu,

auxquels Dieu même a rendu témoignage par les miracles, par les prodiges, par les différents effets de sa puissance, et par la distribution des grâces du Saint-Esprit, qu’il a partagées comme il lui a plu ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 16, 20.

Car Dieu n’a point soumis aux anges le monde futur dont nous parlons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le monde, etc. Comparer à Hébreux, 1, 11-12.

Or quelqu’un a dit dans un endroit de l’Écriture : Qu’est-ce que l’homme, pour mériter votre souvenir ? et qu’est-ce que le Fils de l’homme, pour être honoré de votre visite ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 8, 5. ― Ou le fils d’un homme. Jésus-Christ se donnait lui-même (voir Matthieu, 8, 20) le nom de le Fils de l’homme, c’est-à-dire le Fils par excellence de l’homme.

Vous l’avez rendu pour un peu de temps inférieur aux anges : vous l’avez couronné de gloire et d’honneur ; vous lui avez donné l’empire sur les ouvrages de vos mains ;

vous lui avez assujetti et mis sous ses pieds toutes choses. Or en disant qu’il lui a assujetti toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti ; et cependant nous ne voyons pas encore que tout lui soit assujetti.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 28, 18 ; 1 Corinthiens, 15, 26.

Mais nous voyons que Jésus, qui avait été rendu pour un peu de temps inférieur aux anges, a été couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte ; Dieu par sa bonté ayant voulu qu’il mourût pour tous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Philippiens, 2, 8.

Car il était bien digne de Dieu, pour qui et par qui sont toutes choses, que voulant conduire à la gloire plusieurs enfants, il consommât et perfectionnât par les souffrances celui qui devait être le chef et l’auteur de leur salut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dieu, créateur de toutes choses, et à qui toutes choses doivent se rapporter, a voulu, par un effet de sa sagesse et de sa justice, que son Fils unique, qu’il avait destiné pour être notre Sauveur, consommât son sacrifice par ses souffrances, et méritât ainsi le salut des élus, en méritant pour lui-même la gloire infinie dont il est revêtu.

Aussi celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, viennent tous d’un même principe. C’est pourquoi il ne rougit point de les appeler ses frères,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’une seule nature ; selon d’autres, d’un seul principe ; c’est-à-dire Dieu ; ou bien d’un seul homme, Adam, mais la première interprétation paraît plus conforme au but de l’Apôtre.

en disant : J’annoncerai votre nom à mes frères ; je chanterai vos louanges au milieu de l’assemblée de votre peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 21, 23.

Et ailleurs : Je mettrai ma confiance en lui. Et en un autre lieu : Me voici, avec les enfants que Dieu m’a donnés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 17, 3 ; Isaïe, 8, 18.

Comme donc les enfants sont d’une nature mortelle, composée de chair et de sang, c’est pour cela que lui-même a pris aussi cette même nature, afin de détruire par sa mort celui qui était le prince de la mort, c’est-à-dire, le diable ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 13, 14 ; 1 Corinthiens, 15, 54. ― « La chair et au sang, la nature humaine. ― Le diable avait l’empire de la mort, parce qu’il est le premier auteur du péché. ― Jésus-Christ a anéanti le diable en tant qu’ayant la puissance de la mort, c’est-à-dire qu’il a anéanti la mort (voir 2 Timothée, 1, 10), la mort spirituelle et la mort corporelle, en communiquant à l’humanité, dans le baptême et l’eucharistie, un principe de vie spirituelle et divine, qui conserve le corps lui-même pour la vie éternelle. » (CRAMPON)

et de mettre en liberté ceux que la crainte de la mort tenait dans une continuelle servitude pendant leur vie.

Car il ne s’est pas rendu le libérateur des anges, mais il s’est rendu le libérateur de la race d’Abraham.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nulle part, dans l’Ecriture il n’est dit qu’il ait pris. Ce genre d’ellipse est assez commun parmi les écrivains sacrés. ― Il ne prend la nature des anges, il ne s’unit à la nature angélique. C’est l’explication des Pères de l’Eglise, et celle que semble clairement indiquer le verset suivant ; quoique le verbe grec que la Vulgate a rendu par apprehendit signifie primitivement prendre la main, et de là secourir, il a aussi el sens de prendre, saisir, embrasser, sans exclure l’idée de secourir.

C’est pourquoi il a fallu qu’il fût en tout semblable à ses frères, pour être envers Dieu un pontife compatissant et fidèle en son ministère, afin d’expier les péchés du peuple.

Car c’est des peines et des souffrances mêmes, par lesquelles il a été tenté et éprouvé, qu’il tire la vertu et la force de secourir ceux qui sont aussi tentés.