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Hébreux 11
OR la foi est ce qui nous rend présentes les choses qu’on espère, et ce qui nous convainc de celles qu’on ne voit point.
C’est par la foi que les anciens pères ont reçu de Dieu un témoignage si avantageux.
C’est par la foi que nous savons que le monde a été fait par la parole de Dieu, et que tout ce qui est visible a été formé, n’y ayant rien auparavant que d’invisible.
C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu une hostie plus excellente que celle de Caïn, et qu’il est déclaré juste, Dieu lui-même rendant témoignage qu’il a accepté ses dons ; c’est à cause de sa foi qu’il parle encore après sa mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 4, 4 ; Matthieu, 23, 35. ― Il parle encore : « allusion aux paroles de Dieu à Caïn : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie vers moi » Voir Genèse, 4, 10. Comparer à Hébreux, 12, 24. Mais est-ce là le langage de sa foi ? D’autres : il parle encore par son exemple, consigné dans les premières pages de l’Ecriture. » (CRAMPON)
C’est par la foi qu’Énoch a été enlevé du monde, afin qu’il ne mourût pas ; en sorte qu’on ne l’y a plus vu, parce que Dieu l’avait transporté ailleurs. Car l’Écriture lui rend ce témoignage, qu’avant d’avoir été ainsi enlevé, il plaisait à Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 5, 24 ; Ecclésiastique, 44, 16.
Or il est impossible de plaire à Dieu sans la foi : car pour s’approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu’il y a un Dieu, et qu’il récompensera ceux qui le cherchent.
C’est par la foi que Noé, ayant été divinement averti de ce qui devait arriver, et appréhendant ce qu’on ne voyait point encore, bâtit l’arche pour sauver sa famille, et en la bâtissant condamna le monde, et devint héritier de la justice qui naît de la foi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 6, 14 ; 8, 5 ; Ecclésiastique, 44, 17. ― Ayant reçu une réponse du ciel, ayant été averti de Dieu.
C’est par la foi que celui qui reçut depuis le nom d’Abraham, obéit en s’en allant dans la terre qu’il devait recevoir pour héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 12, 1. ― Qui est appelé Abraham ; c’est-à-dire qui est appelé maintenant Abraham. Saint Paul fait cette réflexion, parce que le patriarche s’appelait d’abord Abram, qui signifie père élevé, et qu’il ne reçut que plus tard, à cause de grande foi, le nom d’Abraham, ou père d’une grande multitude. Voir Genèse, 17, 5.
C’est par la foi qu’il demeura dans la terre qui lui avait été promise, comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes avec Isaac et Jacob, qui devaient être héritiers avec lui de cette promesse.
Car il attendait cette cité bâtie sur un ferme fondement, de laquelle Dieu même est le fondateur et l’architecte.
C’est aussi par la foi que Sara étant stérile, reçut la vertu de concevoir un enfant, lorsqu’elle n’était plus en âge d’en avoir ; parce qu’elle crut fidèle et véritable celui qui le lui avait promis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 17, 19.
C’est pourquoi il est sorti d’un homme seul, et qui était déjà comme mort, une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel, et que le sable innombrable qui est sur le bord de la mer.
Tous ces saints sont morts dans la foi, n’ayant point reçu les biens que Dieu leur avait promis ; mais les voyant et comme les saluant de loin, et confessant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
Car ceux qui parlent de la sorte, font bien voir qu’ils cherchent leur patrie.
S’ils avaient eu dans l’esprit celle dont ils étaient sortis, ils avaient assez de temps pour y retourner ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
S’ils s’étaient souvenus, etc. ; c’est-à-dire s’ils s’étaient regardés comme citoyens d’Ur ou de Haran, ils y seraient aisément retournés.
mais ils en désiraient une meilleure, qui est la patrie céleste. Aussi Dieu ne rougit point d’être appelé leur Dieu, parce qu’il leur a préparé une cité.
C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac, lorsque Dieu voulut le tenter : car c’était son fils unique qu’il offrait, lui qui avait reçu les promesses de Dieu,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 22, 1 ; Ecclésiastique, 44, 21.
et à qui il avait été dit : La race qui portera votre nom, est celle qui naîtra d’Isaac.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 21, 12 ; Romains, 9, 7.
Mais il pensait en lui-même, que Dieu pourrait bien le ressusciter après sa mort ; et ainsi il le recouvra comme d’entre les morts, en figure de la résurrection de Jésus-Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme une figure de la mort et de la résurrection du Sauveur.
C’est par la foi qu’Isaac donna à Jacob et à Esaü une bénédiction qui regardait l’avenir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 27, vv. 27, 39.
C’est par la foi que Jacob mourant bénit chacun des enfants de Joseph, et qu’il s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait son fils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 47, 31 ; 48, 15. ― Et s’inclina, etc. ; envisageant par la foi dans le sceptre de son fils la puissance souveraine du Messie, dont Joseph était la figure.
C’est par la foi que Joseph mourant parla de la sortie des enfants d’Israël hors de l’Égypte, et qu’il ordonna qu’on en transportât ses os.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 50, 23. ― Du départ ; c’est-à-dire de la sortie d’Egypte. ― Joseph demanda que ses restes fussent transportés en Palestine quand Israël quitta quitterait l’Egypte, ce qui fut fidèlement exécuté.
C’est par la foi qu’après que Moïse fut né, son père et sa mère le tinrent caché durant trois mois, ayant vu dans cet enfant une beauté extraordinaire, et qu’ils n’appréhendèrent point l’édit du roi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 2, 2 ; 1, 17.
C’est par la foi que lorsque Moïse fut devenu grand, il renonça à la qualité de fils de la fille de Pharaon ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 2, 11.
et qu’il aima mieux être affligé avec le peuple de Dieu, que de jouir du plaisir si court qui se trouve dans le péché ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aimant mieux, etc. Il préféra la vie pénible des Hébreux aux délices de la cour, qu’il ne pouvait goûter sans péché ; il aurait cru pécher s’il s’était livré aux plaisirs, sans se mettre en peine de ses frères.
jugeant que l’ignominie de Jésus-Christ était un plus grand trésor que toutes les richesses de l’Égypte, parce qu’il envisageait la récompense.
C’est par la foi qu’il quitta l’Égypte sans craindre la fureur du roi : car il demeura ferme et constant, comme s’il eût vu l’Invisible.
C’est par la foi qu’il célébra la pâque, et qu’il fit l’aspersion du sang de l’agneau, afin que l’ange qui tuait tous les premiers-nés, ne touchât point aux Israélites.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 12, 21. ― Il fit et institua la Pâque. Voir Matthieu, 26, 2.
C’est par la foi qu’ils passèrent à pied sec la mer Rouge : au lieu que les Égyptiens, ayant voulu tenter le même passage, furent engloutis par les eaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 22.
C’est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent par terre, après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Josué, 6, 20.
C’est par la foi que Rahab, qui était une femme débauchée, ayant sauvé les espions de Josué, qu’elle avait reçus chez elle, ne fut point enveloppée dans la ruine des incrédules.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Josué, 2, 3. ― Pacifiquement, ou en silence, sans les découvrir, sans les dénoncer, ou avec bienveillance, sans leur faire aucun mal, les conservant sains et saufs ; car telle est la vraie signification du mot hébreu que l’on rend ordinairement par paix.
Que dirai-je davantage ? Le temps me manquera, si je veux parler encore de Gédéon, de Barac, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes ;
qui par la foi ont conquis les royaumes, ont accompli les devoirs de la justice et de la vertu, ont reçu l’effet des promesses, ont fermé la gueule des lions,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ont vaincu des royaumes, comme Gédéon, Barac, David. ― Fermé la gueule des lions, comme Daniel qui, jeté dans la fosse aux lions, n’en reçut aucun mal.
ont arrêté la violence du feu, ont évité le tranchant des épées, ont été guéris de leurs maladies, ont été remplis de force et de courage dans les combats, ont mis en fuite les armées des étrangers ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Arrêté la violence du feu. Les trois compagnons de Daniel jetés dans la fournaise ne furent point brûlés. ― Echappés au tranchant du glaive, comme Elie et Elisée, échappant à leurs ennemis. ― Ont été guéris de leurs maladies, comme le saint roi Ezéchias. ― Sont devenus forts dans la guerre, comme les Machabées.
et ont rendu aux femmes leurs enfants, les ayant ressuscités après leur mort. Les uns ont été cruellement tourmentés, ne voulant point racheter leur vie présente, afin d’en trouver une meilleure dans la résurrection.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des femmes ont recouvré leurs morts, leurs enfants, ressuscités par Elie et Elisée. ― Les uns ont été torturés, le saint vieillard Eléazar et les sept frères Machabées.
Les autres ont souffert les moqueries et les fouets, les chaînes et les prisons.
Ils ont été lapidés, ils ont été sciés ; ils ont été éprouvés en toute manière ; ils sont morts par le tranchant de l’épée ; ils étaient vagabonds, couverts de peaux de brebis et de peaux de chèvres, étant abandonnés, affligés, persécutés,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ont été lapidés. Zacharie, fils du grand-prêtre Joïada, fut lapidé. Jérémie le fut aussi, selon une ancienne tradition. ― Sciés. D’après la tradition juive, Isaïe fut scié en deux.
eux dont le monde n’était pas digne ; et ils ont passé leur vie errant dans les déserts et dans les montagnes, et se retirant dans les antres et dans les cavernes de la terre.
Cependant toutes ces personnes, à qui l’Écriture rend un témoignage si avantageux à cause de leur foi, n’ont point reçu la récompense promise ;
Dieu ayant voulu, par une faveur particulière qu’il nous a faite, qu’ils ne reçussent qu’avec nous l’accomplissement de leur bonheur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dieu nous ménageant, etc. ; c’est-à-dire Dieu ayant voulu, par une faveur singulière qu’il nous a faite, que leur félicité complète fut différée jusqu’à ce que nous jouissions nous-mêmes de la nôtre. Mais ce retard de leur béatitude ne l’a pas diminuée ; au contraire, en les animant à une plus grande patience et à une espérance plus vive, il a augmenté le mérite de leur foi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 1, 3. ― Les siècles ; c’est-à-dire ce qui est du temps, le monde.