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Éphésiens 5

SOYEZ donc les imitateurs de Dieu, comme étant ses enfants bien-aimés ;

et marchez dans l’amour et la charité, comme Jésus-Christ nous a aimés, et s’est livré lui-même pour nous, en s’offrant à Dieu comme une oblation et une victime d’agréable odeur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 13, 34 ; 15, 12 ; 1 Jean, 4, 21.

Qu’on n’entende pas seulement parler parmi vous ni de fornication, ni de quelque impureté que ce soit, ni d’avarice, comme on ne doit point en entendre parler parmi des saints ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Colossiens, 3, 5.

qu’on n’y entende point de paroles déshonnêtes, ni de folles, ni de bouffonnes, ce qui ne convient pas à votre vocation ; mais plutôt des paroles d’actions de grâces.

Car sachez que nul fornicateur, nul impudique, nul avare (ce qui est une idolâtrie), ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ et de Dieu.

Que personne ne vous séduise par de vains discours : car c’est pour ces choses que la colère de Dieu tombe sur les hommes rebelles à la vérité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 24, 4 ; Marc, 13, 5 ; Luc, 21, 8 ; 2 Thessaloniciens, 2, 3. ― Les fils de la défiance ou de l’incrédulité. Voir sur cet hébraïsme, Ephésiens, 2, 2.

N’ayez donc rien de commun avec eux.

Car vous n’étiez autrefois que ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière en notre Seigneur : marchez comme des enfants de lumière.

Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.

Recherchez avec soin ce qui est agréable à Dieu ;

et ne prenez point de part aux œuvres infructueuses des ténèbres ; mais au contraire condamnez-les.

Car la pudeur ne permet pas seulement de dire ce que ces personnes font en secret.

Or tout ce qui mérite d’être repris, se découvre par la lumière, n’y ayant que la lumière qui découvre tout.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Est lumière ; c’est-à-dire devient lumière ; hébraïsme, pour devient tout brillant de lumière, tout lumineux.

C’est pourquoi il est dit : Levez-vous, vous qui dormez ; sortez d’entre les morts, et Jésus-Christ vous éclairera.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Ecriture dit. Trois passages différents d’Isaïe ont beaucoup de rapport avec la citation que fait ici l’Apôtre ; ce sont Isaïe, 9, 2 ; 26, 19 ; 60, 1-2. Mais il faut se rappeler que saint Paul cite rarement les textes de l’Ecriture dans leurs propres termes.

Ayez donc soin, mes frères, de vous conduire avec une grande circonspection ; non comme des personnes imprudentes,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Colossiens, 4, 5.

mais comme des hommes sages, rachetant le temps, parce que les jours sont mauvais.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Rachetant le temps ; c’est-à-dire le faisant tourner à notre profit ; métaphore tirée de ce qui se pratique dans le commerce. On est attentif à toutes les occasions qui se présentent de faire un bon marché, et d’acheter quelque chose de précieux. On ne néglige rien pour acheter ou vendre à profit. ― Les jours sont mauvais ; c’est-à-dire pleins de tentations et de périls, qui nous exposent à toute heure au danger de nous perdre.

Ne soyez donc pas indiscrets, mais sachez discerner quelle est la volonté du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 12, 2 ; 1 Thessaloniciens, 4, 3.

Et ne vous laissez point aller aux excès du vin, d’où naissent les dissolutions ; mais remplissez-vous du Saint-Esprit ;

vous entretenant de psaumes, d’hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant du fond de vos cœurs à la gloire du Seigneur ;

rendant grâces en tout temps et pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour toutes choses, joies et peines. ― Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, puisque c’est en vue de ses mérites que Dieu nous accorde ses grâces.

et vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Jésus-Christ.

Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 3, 16 ; Colossiens, 3, 18 ; 1 Pierre, 3, 1.

parce que le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, dont il est aussi le Sauveur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Corinthiens, 11, 3.

Comme donc l’Église est soumise à Jésus-Christ, les femmes doivent aussi être soumises en tout à leurs maris.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Eglise, selon saint Paul, obéit toujours à Jésus-Christ ; par conséquent elle ne se séparera jamais de lui, et ne deviendra jamais adultère.

Et vous, maris, aimez vos femmes, comme Jésus-Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même à la mort pour elle ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Colossiens, 3, 19.

afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée dans le baptême de l’eau par la parole de vie ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par la parole de vie, les Pères, en général, entendent les paroles que l’on prononce en baptisant, et qui constituent la forme du baptême.

pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable ; mais étant sainte et irrépréhensible.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Non seulement l’Eglise triomphante, mais l’Eglise militante elle-même réunit les qualités décrites ici par l’Apôtre, si on la considère par rapport à son chef, Jésus-Christ, à sa doctrine, à ses sacrements, à ses lois, à ses membres même, tels que les âmes justes et fidèles qui, malgré quelques imperfections légères, sont cependant ornées de la grâce sanctifiante.

Ainsi les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme, s’aime soi-même.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ainsi : l’amour des époux a pour but final leur sanctification mutuelle.

Car nul ne hait sa propre chair ; mais il la nourrit et l’entretient, comme Jésus-Christ fait à l’égard de l’Église ;

parce que nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os.

C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et de deux qu’ils étaient ils deviendront une même chair.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 2, 24 ; Matthieu, 19, 5 ; Marc, 10, 7 ; 1 Corinthiens, 6, 16.

Ce sacrement est grand, dis-je, en Jésus-Christ et en l’Église.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce sacrement est grand. « Dans les paroles d’Adam (voir verset 31), outre le sens littéral, Paul découvre une signification plus profonde, mystérieuse, dans son application aux rapports du Christ et de son Eglise : le Christ, l’homme par excellence a, dans son Incarnation, quitté son Père céleste et sa mère la synagogue, pour s’unir à l’humanité rachetée, l’Eglise sortie de son côté, c’est-à-dire de sa nature humaine glorifiée, et tous deux ne forment plus qu’un seul corps. Ce sens, Paul se contente de l’affirmer, et, sans plus de développement, il résume dans le verset suivant les devoirs de l’homme et de la femme. Ce verset dit, le Concile de Trente, insinue le caractère sacramentel du mariage chrétien. » (CRAMPON, 1885)

Que chacun de vous aime donc aussi sa femme comme lui-même, et que la femme craigne et respecte son mari.