Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Romains 7
IGNOREZ-VOUS, mes frères (car je parle à des hommes instruits de la loi), que la loi ne domine sur l’homme que pour autant de temps qu’elle vit ?
Ainsi une femme mariée est liée à son mari par la loi du mariage, tant qu’il est vivant ; mais lorsqu’il est mort, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari.
Si donc elle épouse un autre homme pendant la vie de son mari, elle sera tenue pour adultère ; mais si son mari vient a mourir, elle est affranchie de cette loi, et elle peut en épouser un autre sans être adultère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elle sera appelée adultère ; c’est-à-dire : Elle sera adultère. Nous avons déjà fait remarquer plusieurs fois que les Hébreux disaient être appelé pour être.
Ainsi, mes frères, vous êtes vous-mêmes morts à la loi par le corps de Jésus-Christ, pour être a un autre qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous produisions des fruits pour Dieu.
Car lorsque nous étions dans la chair, les passions criminelles étant excitées par la loi, agissaient dans les membres de notre corps, et leur faisaient produire des fruits pour la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lorsque nous étions dans la chair ; c’est-à-dire sous la loi charnelle.
Mais maintenant nous sommes affranchis de la loi de mort, dans laquelle nous étions retenus ; de sorte que nous servons Dieu dans la nouveauté de l’esprit, et non dans la vieillesse de la lettre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la nouveauté de l’esprit ; dans un esprit nouveau, dans des sentiments et des inclinations inspirés par l’Esprit-Saint.
Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Dieu nous garde d’une telle pensée ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi ; car je n’aurais point connu la concupiscence, si la loi n’avait dit ; Vous n’aurez point de mauvais désirs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 20, 17 ; Deutéronome, 5, 21. ― Avant la loi mosaïque, on n’ignorait pas le péché, mais on n’y attachait pas la même importance ; on n’en sentait que très imparfaitement la gravité ; parce que d’un côté le mauvais penchant d’une nature corrompue aveuglait les esprits, et que de l’autre on manquait de cette règle extérieure, de cette censure visible, qui reprochait au pécheur le plus étourdi par la passion, ses dérèglements.
Mais le péché ayant pris occasion de s’irriter du commandement, a produit en moi toutes sortes de mauvais désirs ; car sans la loi le péché était comme mort.
Et pour moi, je vivais autrefois sans loi ; mais le commandement étant survenu, le péché est ressuscité,
et moi, je suis mort ; et il s’est trouvé que le commandement qui devait servir à me donner la vie, a servi à me donner la mort.
Car le péché ayant pris occasion du commandement, m’a trompé, et m’a tué par le commandement même.
Ainsi la loi est sainte à la vérité, et le commandement est saint, juste et bon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Timothée, 1, 8.
Ce qui était bon en soi, m’a-t-il donc causé la mort ? Nullement ; mais c’est le péché et la concupiscence, qui en se manifestant m’a causé la mort par une chose qui était bonne ; le péché, c’est-à-dire, la concupiscence, devenant ainsi par le commandement même une source plus abondante de péché.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour paraître péché ; c’est-à-dire pour montrer toute sa corruption.
Car nous savons que la loi est spirituelle ; mais pour moi, je suis charnel, étant vendu pour être assujetti au péché.
Je n’approuve pas ce que je fais, parce que je ne fais pas le bien que je veux; mais je fais le mal que je hais.
Si je fais ce que je ne veux pas, je consens à la loi, et je reconnais qu’elle est bonne.
Ainsi ce n’est plus moi qui fais cela ; mais c’est le péché qui habite en moi.
Commentaire (versets 15 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 15 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Saint Paul semble contredire ici ce qu’il a avancé plus haut (voir Romains, 6, 14), que le péché ne dominera plus ; mais cette contradiction n’est qu’apparente. En effet, le grand apôtre reconnaît deux captivités auxquelles nous pouvons être assujettis : celle des sens, qui étant accoutumés à trouver leur satisfaction dans l’assouvissement des besoins, contractent l’habitude de préférer le plaisir au devoir ; celle de la volonté, qui ne regarde comme bon et préférable que ce que les sens lui présentent comme plus doux. La grâce de Notre-Seigneur nous délivre de cette seconde captivité, qui est la seule réelle ; et c’est ce que saint Paul veut dire par ses paroles : Le péché ne vous dominera plus… vous êtes sous la grâce. Cette même grâce du Sauveur nous laisse au contraire sujets à la première, qui n’est pas un mal, mais une fragilité ; et c’est ce que signifient ces mots : Ce n’est plus moi qui fais cela, mais le péché qui habite en moi (voir verset 17).
Car je sais qu’il n’y a rien de bon en moi, c’est-à-dire, dans ma chair ; parce que je trouve en moi la volonté de faire le bien ; mais je ne trouve point le moyen de l’accomplir.
Car je ne fais pas le bien que je veux ; mais je fais le mal que je ne veux pas.
Si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais ; mais c’est le péché qui habite en moi.
Lors donc que je veux faire le bien, je trouve en moi une loi qui s’y oppose, parce que le mal réside en moi.
Car je me plais dans la loi de Dieu selon l’homme intérieur ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme intérieur, signifie l’intelligence et la raison éclairées par la grâce, et fortifiées par l’Esprit-Saint.
mais je sens dans les membres de mon corps une autre loi qui combat contre la loi de mon esprit, et qui me rend captif sous la loi du péché, qui est dans les membres de mon corps.
Malheureux homme que je suis ! qui me délivrera de ce corps de mort ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Du corps de cette mort ; du corps qui est la cause de cette mort dont je viens de vous parler (voir verset 10 et suivants). Comparer à Actes des Apôtres, 5, 20 ; 13, 26.
Ce sera la grâce de Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur. Et ainsi je suis moi-même soumis et à la loi de Dieu selon l’esprit, et à la loi du péché selon la chair.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 7, 39.