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Romains 4
QUEL avantage dirons-nous donc qu’Abraham, notre père, a eu selon la chair ?
Certes, si Abraham a été justifié par ses œuvres, il a de quoi se glorifier, mais non devant Dieu.
Et cependant que dit l’Écriture ? Abraham crut à la parole de Dieu, et sa foi lui fut imputée a justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 15, 6 ; Galates, 3, 6 ; Jacques, 2, 23.
Or la récompense qui se donne à quelqu’un pour ses œuvres, ne lui est pas imputée comme une grâce, mais comme une dette.
Et au contraire, lorsqu’un homme, sans faire des œuvres, croit en celui qui justifie le pécheur, sa foi lui est imputée à justice, selon le décret de la grâce de Dieu.
C’est ainsi que David dit, qu’un homme est heureux à qui Dieu impute la justice sans les œuvres.
Heureux ceux à qui les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont couverts !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 31, 1-2 ; 50, 11. ― Couverts ; c’est-à-dire qui ne paraissaient plus, parce qu’ils n’existent plus, ayant été détruits par la justice et l’innocence obtenues par la foi.
Heureux celui à qui Dieu n’a point imputé de péché !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A qui le Seigneur n’a pas imputé de péché ; c’est-à-dire à qui il a pardonné ses péchés.
Or ce bonheur n’est-il que pour les circoncis ? N’est-il point aussi pour les incirconcis ? Car nous venons de dire que la foi d’Abraham lui fut imputée à justice.
Quand donc lui a-t-elle été imputée ? Est-ce après qu’il a été circoncis, ou lorsqu’il était incirconcis ? Ce n’a point été après qu’il eut reçu la circoncision, mais avant qu’il l’eût reçue.
Et ainsi il reçut la marque de la circoncision, comme le sceau de la justice qu’il avait eue par la foi, lorsqu’il était encore incirconcis : pour être et le père de tous ceux qui croient n’étant point circoncis, afin que leur foi leur soit aussi imputée à justice ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 17, 10-11.
et le père des circoncis, qui non-seulement ont reçu la circoncision, mais qui suivent aussi les traces de la foi qu’eut notre père Abraham, lorsqu’il était encore incirconcis.
Aussi n’est-ce point par la loi que la promesse a été faite à Abraham, ou à sa postérité, d’avoir tout le monde pour héritage, mais par la justice de la foi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Galates, 3, 18 ; Hébreux, 11, 9.
Car si ceux qui appartiennent à la loi sont les héritiers, la foi devient inutile, et la promesse de Dieu sans effet ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux qui ont reçu la loi de Moïse ; c’est-à-dire les Juifs.
parce que la loi produit la colère et le châtiment ; puisque lorsqu’il n’y a point de loi, il n’y a point de violement de la loi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La loi, si elle n’est pas accompagnée de la foi et de la grâce, produit la colère divine par occasion, puisqu’elle est une occasion de plusieurs transgressions qui provoquent la colère de Dieu.
Ainsi c’est par la foi que nous sommes héritiers, afin que nous le soyons par grâce, et que la promesse faite à Abraham demeure ferme pour tous les enfants d’Abraham, non-seulement pour ceux qui ont reçu la loi, mais encore pour ceux qui suivent la foi d’Abraham, qui est le père de nous tous,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Assurée, certaine, puisqu’elle dépend, non de l’accomplissement de la Loi (qu’aucun Juif n’a observée parfaitement, voir le chapitre 2), mais de la grâce et de la pure bonté de Dieu, qui peut ainsi faire arriver la bénédiction promise et aux juifs transgresseurs de la loi et aux gentils idolâtres.
(selon qu’il est écrit ; Je vous ai établi le père de plusieurs nations ;) et qui l’est devant Dieu, auquel il a cru comme à celui qui ranime les morts, et qui appelle ce qui n’est point, comme ce qui est.
Aussi ayant espéré contre toute espérance, il a cru qu’il deviendrait le père de plusieurs nations, selon qu’il lui avait été dit ; Votre postérité sera sans nombre.
Commentaire (versets 17 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 17 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Abraham espéra contre l’espérance même, parce qu’il eut foi en des promesses dans lesquelles il ne devait avoir aucune espérance, à supposer qu’il ne se confiât qu’aux lumières naturelles. Voir Genèse, 15, 5.
Il ne s’affaiblit point dans sa foi, et il ne considéra point qu’étant âgé de cent ans, son corps était déjà comme mort, et que la vertu de concevoir était éteinte dans celui de Sara.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sara avait 90 ans, quand elle devint mère d’Isaac.
Il n’hésita point, et il n’eut pas la moindre défiance de la promesse de Dieu ; mais il se fortifia par la foi, rendant gloire à Dieu,
pleinement persuadé qu’il est tout-puissant pour faire tout ce qu’il a promis.
C’est pour cette raison que sa foi lui a été imputée à justice.
Or ce n’est pas pour lui seul qu’il est écrit, que sa foi lui a été imputée à justice ;
mais aussi pour nous, à qui elle sera imputée de même, si nous croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus-Christ notre Seigneur,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Pierre, 1, 21.
qui a été livré à la mort pour nos péchés, et qui est ressuscité pour notre justification.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Abraham ne pouvait être justifié par ses propres forces, sans la grâce de Dieu et la foi au Messie. Des œuvres purement naturelles pouvaient le faire louer des hommes, mais n’avaient pas la valeur nécessaire pour le rendre juste aux yeux de Dieu.