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Actes des Apôtres 7
ALORS le grand prêtre lui demanda, si ce que l’on disait de lui était véritable.
Il répondit : Mes frères et mes pères, écoutez-moi : Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il demeurât à Charan,
et lui dit : Sortez de votre pays et de votre parenté, et venez dans la terre que je vous montrerai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 12, 1.
Alors il sortit du pays des Chaldéens, et vint demeurer à Charan. Et après que son père fut mort, Dieu le fit passer dans cette terre que vous habitez aujourd’hui ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Après la mort de son père : ici encore Etienne suit une ancienne tradition qui, pour relever la piété filiale d'Abraham, suppose qu'il ne quitta pas son vieux père.
où il ne lui donna aucun héritage, non pas même où asseoir le pied ; mais il lui promit de lui en donner la possession, et à sa postérité après lui, lorsqu’il n’avait point encore de fils.
Et Dieu lui prédit que pendant quatre cents ans sa postérité demeurerait dans une terre étrangère, et qu’elle serait tenue en servitude et fort maltraitée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 15, 13. ― Où elle, etc. Au lieu de ce féminin singulier il y a dans le texte sacré le masculin pluriel, parce que le substantif postérité, auquel ce pronom se rapporte, représente le mot descendants.
Mais j’exercerai, dit le Seigneur, ma justice contre la nation qui l’aura tenue en servitude ; et elle sortira enfin de ce pays-là, et viendra me servir dans ce lieu-ci.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dit le Seigneur. Voir Genèse, 15, 13-14. ― Elle sortira ; c'est-à-dire la postérité d'Abraham dont il est question au verset précédent.
Il fit ensuite avec lui l’alliance de la circoncision ; et ainsi Abraham ayant engendré Isaac, le circoncit le huitième jour. Isaac engendra Jacob, et Jacob les douze patriarches.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 17, 10 ; 21, vv. 2, 4 ; 25, 25 ; 29, 32 ; 35, 22. ― L'alliance de la circoncision consistait en ceci : Jéhovah promettait à Abraham de bénir sa postérité et de lui donner la terre de Chanaan ; Abraham s'engageait, lui et sa postérité, à servir Jéhovah, seul vrai Dieu, et à porter en sa chair, par la circoncision, un signe extérieur de cet engagement.
Les patriarches, émus d’envie, vendirent Joseph pour être mené en Égypte : mais Dieu était avec lui ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 37, 28.
et il le délivra de toutes ses afflictions ; et l’ayant rempli de sagesse, il le rendit agréable à Pharaon, roi d’Égypte, qui lui donna la conduite de son royaume et de toute sa maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 41, 37.
Cependant toute l’Égypte et la terre de Chanaan furent affligées d’une grande famine ; et nos pères ne pouvaient trouver de quoi vivre.
Mais Jacob ayant entendu dire qu’il y avait du blé en Égypte, il y envoya nos pères pour la première fois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 42, 2.
Et la seconde fois qu’ils y vinrent, Joseph fut reconnu de ses frères ; et Pharaon sut de quelle famille il était.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 45, 3.
Alors Joseph envoya quérir Jacob, son père, et toute sa famille, qui consistait en soixante et quinze personnes.
Jacob descendit donc en Égypte, où il mourut, et nos pères après lui ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 46, 5 ; 49, 32.
et ils furent transportés en Sichem, et on les mit dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté à prix d’argent des enfants d’Hémor, fils de Sichem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 23, 16 ; 50, vv. 5, 13 ; Josué, 24, 32. ― A Sichem, aujourd'hui Naplouse, dans les montagnes d'Ephraïm, dans une vallée bien arrosée, au pied du mont Garizim.
Mais comme le temps de la promesse que Dieu avait faite à Abraham, s’approchait, le peuple s’accrut, et se multiplia beaucoup en Égypte,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 1, 7.
jusqu’au règne d’un autre roi, qui n’avait point connu Joseph.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un autre roi qui ne connaissait pas Joseph. Les pharaons qui régnaient dans le pays de Gessen du temps de Moïse étaient d'origine égyptienne, tandis que les rois qui étaient maîtres du Delta du temps de Joseph étaient des conquérants d'origine sémitique comme les Hébreux.
Ce prince, usant d’une malice artificieuse contre notre nation, accabla nos pères de maux, jusqu’à les contraindre d’exposer leurs enfants, pour en exterminer la race.
Ce fut en ce temps-là que naquit Moïse, qui était agréable à Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 2, 2 ; Hébreux, 11, 23.
Et ayant été exposé ensuite, la fille de Pharaon l’emporta, et le nourrit comme son fils.
Depuis, Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et devint puissant en paroles et en œuvres.
Mais quand il eut atteint l’âge de quarante ans, il lui vint dans l’esprit d’aller visiter ses frères, les enfants d’Israël.
Et voyant qu’on faisait injure à l’un d’eux, il le défendit, et le vengea en tuant l’Égyptien qui l’outrageait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 2, 12.
Or il croyait que ses frères comprendraient bien que ce serait par sa main que Dieu les délivrerait ; mais ils ne le comprirent pas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par sa main. Voir, pour cette locution, Actes des Apôtres, 5, 12.
Le lendemain, s’étant rencontré lorsque quelques-uns d’eux se querellaient, et tâchant de les accorder, il leur dit : Mes amis, vous êtes frères ; comment vous faites-vous injure l’un à l’autre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 2, 13.
Mais celui qui faisait injure à l’autre, le rebuta, en lui disant : Qui vous a établi prince et juge sur nous ?
Ne voudriez-vous point me tuer, comme vous tuâtes hier cet Égyptien ?
Cette parole fut cause que Moïse s’enfuit ; et il demeura comme étranger au pays de Madian, où il eut deux fils.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la terre de Madian, dans la presqu'île du Sinaï où les Madianites menaient la vie nomade.
Quarante ans après, un Ange lui apparut au désert de la montagne de Sina dans la flamme d’un buisson qui brûlait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 3, 2. ― De la montagne de Sina, le mont Sinaï proprement dit.
Ce que Moïse ayant aperçu, il fut étonné de ce qu’il voyait ; et s’approchant pour considérer ce que c’était, il entendit la voix du Seigneur, qui lui dit :
Je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Et Moïse, tout tremblant, n’osait considérer ce que c’était.
Alors le Seigneur lui dit : Ôtez vos souliers de vos pieds : car le lieu où vous êtes est une terre sainte.
J’ai vu et considéré l’affliction de mon peuple, qui est en Égypte ; j’ai entendu leurs gémissements, et je suis descendu pour les délivrer. Venez donc maintenant, afin que je vous envoie en Égypte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J'ai vu parfaitement ; littéralement : Voyant j'ai vu, hébraïsme, voir Actes des Apôtres, 5, 28.
Ce Moïse qu’ils avaient rejeté en disant, Qui vous a établi prince et juge ? fut celui-là même que Dieu envoya pour prince et pour libérateur, sous la conduite de l’Ange qui lui était apparu dans le buisson.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par la main ; c'est-à-dire sous la conduite. Voir Actes des Apôtres, 5, 12.
Ce fut lui qui les fit sortir, faisant des prodiges et des miracles en Égypte, en la mer Rouge, et au désert, durant quarante ans.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 7, vv. 8-11, 14.
C’est ce Moïse qui a dit aux enfants d’Israël : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi ; écoutez-le.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 18, 15.
C’est lui qui, pendant que le peuple était assemblé dans le désert, s’entretenait avec l’Ange qui lui parlait sur la montagne de Sina. C’est lui qui était avec nos pères, et qui a reçu les paroles de vie pour nous les donner.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 19, 3.
Nos pères ne voulurent point lui obéir ; mais ils le rebutèrent, retournant de cœur en Égypte,
et disant à Aaron : Faites-nous des dieux qui marchent devant nous : car nous ne savons ce qu’est devenu ce Moïse qui nous a tirés du pays d’Égypte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 32, 1.
Ils firent ensuite un veau, et sacrifièrent à l’idole, mettant leur joie dans cet ouvrage de leurs mains.
Alors Dieu se détourna d’eux, et les abandonna, de telle sorte qu’ils adorèrent l’armée du ciel, comme il est écrit au livre des Prophètes : Maison d’Israël, m’avez-vous offert des sacrifices et des hosties dans le désert durant quarante ans ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Amos, 5, 25. ― La milice du ciel, les astres adorés comme des dieux.
Au contraire, vous avez porté le tabernacle de Moloch, et l’astre de votre dieu Rempham, qui sont des figures que vous avez faites pour les adorer. C’est pourquoi je vous transporterai au delà de Babylone.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Moloch, idole des Ammonites, à qui l'on offrait des victimes humaines, principalement des enfants. ― Remphan, probablement la planète Saturne divinisée.
Nos pères eurent dans le désert le tabernacle du témoignage, comme Dieu, parlant à Moïse, lui avait ordonné de le faire, selon le modèle qu’il avait vu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 25, 40.
Et nos pères l’ayant reçu, ils l’emportèrent, sous la conduite de Josué, au pays qui avait été possédé par les nations que Dieu chassa devant eux ; et il y fut jusqu’au temps de David,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Josué, 3, 14 ; Hébreux, 8, 9. ― Jésus ; c'est-à-dire Josué. Ces deux noms ayant la même signification, celle de Sauveur, se mettent quelquefois l'un pour l'autre. ― Jusqu'aux jours de David, s'entend, selon les uns, du temps pendant lequel le tabernacle séjourna dans le pays des nations conquises ; d'où le sens serait : Et il y demeura jusqu'aux jours de David ; et selon les autres, de l'expulsion même des nations ; en sorte qu'on doit traduire : Dans le pays des nations que Dieu chassa peu à peu devant nos pères jusqu'aux jours de David, qui acheva de purger le pays de tous les Chananéens.
qui trouva grâce devant Dieu, et qui lui demanda qu’il pût bâtir une demeure au Dieu de Jacob.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Samuel, 16, 13 ; Psaumes, 131, 5.
Ce fut néanmoins Salomon qui lui bâtit un temple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 6, 1 ; 1 Chroniques, 17, 12.
Mais le Très-Haut n’habite point dans des temples faits par la main des hommes ; selon cette parole du prophète :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 17, 24.
Le ciel est mon trône, et la terre est mon marchepied. Quelle maison me bâtiriez-vous ? dit le Seigneur ; et quel pourrait être le lieu de mon repos ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 66, 1.
N’est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses ?
Têtes dures, hommes incirconcis de cœur et d’oreilles ! vous résistez toujours au Saint-Esprit, et vous êtes tels que vos pères ont été.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Incirconcis de cœur et d'oreilles ; c'est-à-dire qui n'avez pas retranché de votre cœur tous les mauvais désirs, et qui n'avez pas fermé vos oreilles à toutes sortes de mauvais discours.
Qui est celui d’entre les prophètes que vos pères n’aient point persécuté ? Ils ont tué ceux qui leur prédisaient l’avènement du Juste, que vous venez de trahir, et dont vous avez été les meurtriers ;
vous qui avez reçu la loi par le ministère des anges, et qui ne l’avez point gardée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par le ministère des anges. « Ces mots difficiles sont diversement traduits. L'idée est certainement celle-ci : la présence des anges et les prodiges opérés par eux au Sinaï vous ont portés à recevoir la Loi comme divine, et cependant vous l'avez violée. Comparer à Galates, 3, 19. » (CRAMPON)
À ces paroles ils entrèrent dans une rage qui leur déchirait le cœur, et ils grinçaient les dents contre lui.
Mais Étienne étant rempli du Saint-Esprit, et levant les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus qui était debout à la droite de Dieu ; et il dit : Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme, qui est debout à la droite de Dieu.
Alors jetant de grands cris, et se bouchant les oreilles, ils se jetèrent sur lui tous ensemble ;
et l’ayant entraîné hors de la ville, ils le lapidèrent ; et les témoins mirent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme, nommé Saul.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saul de Tarse, depuis l'apôtre saint Paul. ― Et l'entraînant hors de la ville, au nord. C'est là que la tradition place le lieu de la lapidation de saint Etienne, et la topographie des lieux montre en effet que le premier diacre a dû consommer son martyre au nord de Jérusalem.
Ainsi ils lapidaient Étienne ; et il invoquait Jésus, et disait : Seigneur Jésus ! recevez mon esprit.
S’étant mis ensuite à genoux, il s’écria à haute voix : Seigneur ! ne leur imputez point ce péché. Après cette parole il s’endormit au Seigneur. Or Saul avait consenti comme les autres à la mort d’Étienne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mésopotamie. Voir Actes des Apôtres, 2, 9. ― Charan ou Haran, ville de Mésopotamie, dont le site a été identifié sur le Balîkh, affluent de l'Euphrate, à proximité de l'actuel village turc qui perpétue son nom : Eski-Harrân, au sud-est d'Ourfa (l'Edesse des Séleucides et encore des croisés).