Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Actes des Apôtres 20 Actes des Apôtres 21 sur 28 chapitres Actes des Apôtres 22 →

Actes des Apôtres 21

APRÈS que nous nous fûmes séparés d’eux avec beaucoup de peine, nous nous éloignâmes du port, et nous vînmes droit à Cos, le lendemain à Rhodes, et de là à Patare.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cos, petite île de la mer Egée, vis-à-vis de Gnide et d'Halicarnasse, très fertile et riche en vins et en blé. ― Rhodes. Cette île, l'une des Cyclades, en face de la Carie et de la Lycie, était très fertile et très commerçante. Le climat en est très doux. ― A Patare, ville maritime de Lycie, à l'embouchure du Xanthe, célèbre par un oracle d'Apollon.

Et ayant trouvé un vaisseau qui passait en Phénicie, nous montâmes dessus, et fîmes voile.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Phénicie. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.

Quand nous fûmes à la vue de l’île de Cypre, la laissant à gauche, nous fîmes route vers la Syrie, et nous allâmes aborder à Tyr, où le vaisseau devait laisser sa charge.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En vue de Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19. ― Vers la Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― A Tyr. Voir Marc, 3, 8.

Y ayant trouvé des disciples, nous y demeurâmes sept jours ; et l’Esprit leur faisait dire à Paul, qu’il n’allât point à Jérusalem.

Après que nous y eûmes passé ces sept jours, nous partîmes ; et ils vinrent tous, avec leurs femmes et leurs enfants, nous conduire jusque hors de la ville ; où ayant mis les genoux en terre sur le rivage, nous fîmes la prière.

Et après nous être dit adieu les uns aux autres, nous montâmes sur le vaisseau, et ils retournèrent chez eux.

Pour nous, de Tyr nous vînmes à Ptolémaïde, où nous achevâmes notre navigation ; et ayant salué les frères, nous demeurâmes un jour avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ptolémaïde, depuis saint Jean d'Acre, port de la Méditerranée, au sud de Tyr, ville de Phénicie.

Le lendemain étant partis de là, nous vînmes à Césarée ; et étant entrés dans la maison de Philippe l’évangéliste, qui était un des sept diacres, nous demeurâmes chez lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 6, 5 ; 8, 5. ― Des sept diacres. Ce Philippe est nommé évangéliste, parce qu'il a été le premier à prêcher l'Evangile dans la Samarie. C'est dans ce sens que saint Paul recommande à son disciple Timothée (voir 2 Timothée, 4, 5) de remplir la charge d'évangéliste. ― A Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.

Il avait quatre filles vierges, qui prophétisaient.

Pendant notre demeure en cette ville, qui fut de quelques jours, un prophète, nommé Agabus, arriva de Judée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Agabus. Voir Actes des Apôtres, 11, 28.

Étant venu nous voir, il prit la ceinture de Paul, et s’en liant les pieds et les mains, il dit : Voici ce que dit le Saint-Esprit : L’homme à qui est cette ceinture, sera lié de cette sorte par les Juifs dans Jérusalem, et ils le livreront entre les mains des gentils.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Se lia les pieds et les mains : imitant les anciens prophètes par cette action symbolique.

Ayant entendu cette parole, nous le priâmes, nous et ceux de ce lieu-là, de ne point aller à Jérusalem.

Mais Paul répondit : Que faites vous de pleurer ainsi, et de m’attendrir le cœur ? Je vous déclare que je suis tout prêt à souffrir à Jérusalem, non-seulement la prison, mais la mort même, pour le nom du Seigneur Jésus.

Et quand nous vîmes que nous ne pouvions le persuader, nous ne le pressâmes pas davantage, mais nous dîmes : Que la volonté du Seigneur soit faite !

Ces jours étant passés, nous nous disposâmes à partir, et nous allâmes à Jérusalem.

Quelques-uns des disciples de la ville de Césarée vinrent aussi avec nous, amenant avec eux un ancien disciple, nommé Mnason, originaire de l’île de Cypre, chez lequel nous devions loger.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mnason porte un nom grec et était probablement un Juif helléniste.

Quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, en 58. Le troisième voyage apostolique de saint Paul avait duré de 54 à 58.

Et le lendemain nous allâmes avec Paul visiter Jacques, chez lequel tous les prêtres s’assemblèrent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tous les anciens, tous les prêtres. ― Chez Jacques le Mineur, frère de saint Jean l'Evangéliste, évêque de Jérusalem. Pierre et les autres Apôtres étaient alors éloignés de cette ville.

Après les avoir embrassés, il leur raconta en détail tout ce que Dieu avait fait par son ministère, parmi les gentils.

Et eux, ayant entendu toutes ces choses, en glorifièrent Dieu, et lui dirent : Vous voyez, mon frère, combien de milliers de Juifs ont cru ; et cependant ils sont tous zélés pour la loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Combien de milliers, etc. « Un grand nombre de judéo-chrétiens étaient venus à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte. ― Zélés pour la Loi. Il y avait un grand danger dans cette communauté de pratiques religieuses qui unissait les judéo-chrétiens à la masse des Juifs restés incrédules. La ruine de Jérusalem et du Temple fit cesser cet état de chose. » (CRAMPON)

Or ils ont entendu dire, que vous enseignez à tous les Juifs qui sont parmi les gentils, de renoncer à Moïse ; et que vous dites qu’ils ne doivent pas circoncire leurs enfants, ni vivre selon les coutumes reçues parmi les Juifs.

Que faut-il donc faire ? Certainement il faudra qu’ils s’assemblent tous : car ils sauront que vous êtes arrivé.

Faites donc ce que nous allons vous dire : Nous avons ici quatre hommes qui ont fait un vœu :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par un vœu ; celui des Nazaréens.

prenez-les avec vous, et purifiez-vous avec eux, en faisant les frais de la cérémonie, afin qu’ils se rasent la tête ; et que tous sachent que ce qu’ils ont entendu dire de vous est faux, et que vous continuez à garder la loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir nombres, 6, 18 ; Actes des Apôtres, 18, 18.

Quant aux gentils qui ont cru, nous leur avons écrit, que nous avions jugé qu’ils devaient s’abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées, et de la fornication.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 15, vv. 20, 29.

Paul ayant donc pris ces hommes, et s’étant purifié avec eux, entra au temple le jour suivant, faisant savoir les jours auxquels s’accomplirait leur purification, et quand l’offrande devrait être présentée pour chacun d’eux.

Mais sur la fin des sept jours, les Juifs d’Asie, l’ayant vu dans le temple, émurent tout le peuple, et se saisirent de lui, en criant :

Au secours, Israélites ! voici celui qui dogmatise partout contre ce peuple, contre la loi, et contre ce lieu saint ; et qui de plus a encore introduit des gentils dans le temple, et a profané ce saint lieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Contre ce lieu ; ce lieu saint ; c'est le temple même. ― Il était défendu sous peine de mort aux païens de franchir les barrières qui séparaient dans le temple le parvis des Gentils de celui des Israélites. Voir Matthieu, 21, 12.

Ils disaient cela, parce qu’ayant vu dans la ville Trophime d’Éphèse avec Paul, ils croyaient que Paul l’avait introduit dans le temple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Trophime d'Ephèse. Voir Actes des Apôtres, 20, 4.

Aussitôt toute la ville fut émue, et le peuple accourut en foule ; et s’étant saisis de Paul, ils le tirèrent hors du temple, dont les portes furent fermées en même temps.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les portes du temple qui donnaient accès dans les parvis. ― Hors du temple, afin qu'il ne fût pas souillé par l'effusion du sang.

Et comme ils se disposaient à le tuer, on vint dire au tribun de la cohorte qui gardait le temple, que toute la ville de Jérusalem était en trouble et en confusion.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au tribun de la cohorte. Voir Matthieu, 27, 27.

Il prit au même instant des soldats et des centeniers avec lui, et courut à ces séditieux, qui voyant le tribun et les soldats, cessèrent de battre Paul.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des centurions. Voir Matthieu, 8, 5.

Le tribun s’approchant, se saisit de lui ; et l’ayant fait lier de deux chaînes, il demandait qui il était, et ce qu’il avait fait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De deux chaines ; c'est-à-dire une à chaque main. Comparer à Actes des Apôtres, 12, 6-7.

Mais dans cette foule, les uns criaient d’une manière, et les autres d’une autre. Voyant donc qu’il ne pouvait rien apprendre de certain à cause du tumulte, il commanda qu’on le menât dans la forteresse.

Lorsque Paul fut sur les degrés, il fallut que les soldats le portassent, à cause de la violence et de la foule de la populace :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur les degrés de l'escalier très élevé qui mettait le temple en communication avec la tour Antonia.

car il était suivi d’une grande multitude de peuple, qui criait : Faites-le mourir.

Paul étant sur le point d’entrer dans la forteresse, dit au tribun : Puis-je prendre la liberté de vous dire quelque chose ? Le tribun lui répondit : Savez-vous parler grec ?

N’êtes-vous pas cet Égyptien qui ces jours passés souleva et mena au désert avec lui quatre mille brigands ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sicaires ; assassins alors répandus dans la Judée, et ainsi nommés, parce qu'ils portaient sous leurs habits un petit poignard, en latin sica. Josèphe donne trente mille hommes à cet Egyptien ; mais rien n'empêche que ce nombre n'ait été d'abord que de quatre mille. Puis Josèphe ne dit pas que tous ces trente mille brigands fussent sicaires. Ajoutons qu'il ne s'accorde guère avec lui-même au sujet de cet événement.

Paul lui répondit : Je vous assure que je suis Juif, citoyen de Tarse, ville de Cilicie qui est assez connue. Au reste, je vous prie de me permettre de parler au peuple.

Le tribun le lui ayant permis, il se présenta debout sur les degrés, et fit signe de la main au peuple. En même temps il se fit un grand silence, et il leur dit, en langue hébraïque :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En langue hébraïque ; c'est-à-dire dans le dialecte araméen ou syro-chaldaïque que parlaient alors les Hébreux.