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Jean 8

POUR Jésus, il s’en alla sur la montagne des Oliviers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A la montagne des Oliviers. Voir Matthieu, 21, 1.

Mais dès la pointe du jour il retourna au temple, où tout le peuple s’amassa autour de lui ; et s’étant assis, il commença à les instruire.

Alors les scribes et les pharisiens lui amenèrent une femme qui avait été surprise en adultère ; et la faisant tenir debout au milieu du peuple,

ils dirent à Jésus : Maître ! cette femme vient d’être surprise en adultère.

Or Moïse nous a ordonné dans la loi, de lapider les adultères. Quel est donc sur cela votre sentiment ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 20, 10. ― Dans la loi. Voir Deutéronome (?), 20, vv. 22, 24.

Ils disaient ceci en le tentant, afin d’avoir de quoi l’accuser. Mais Jésus se baissant, écrivait avec son doigt sur la terre.

Comme donc ils continuaient à l’interroger, il se leva, et leur dit : Que celui d’entre vous qui est sans péché, lui jette le premier la pierre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 17, 7.

Puis se baissant de nouveau, il continua d’écrire sur la terre.

Mais pour eux, l’ayant entendu parler de la sorte, ils se retirèrent l’un après l’autre, les vieillards sortant les premiers : et ainsi Jésus demeura seul avec la femme, qui était au milieu de la place.

Alors Jésus se relevant, lui dit : Femme, où sont vos accusateurs ? Personne ne vous a-t-il condamnée ?

Elle lui dit : Non, Seigneur ! Jésus lui répondit : Je ne vous condamnerai pas non plus. Allez-vous-en, et à l’avenir ne péchez plus.

Jésus parlant de nouveau au peuple, leur dit : Je suis la lumière du monde : celui qui me suit, ne marche point dans les ténèbres ; mais il aura la lumière de la vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Jean, 1, 5.

Les pharisiens lui dirent donc : Vous vous rendez témoignage à vous-même ; et ainsi votre témoignage n’est pas véritable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N’est pas vrai ; c’est-à-dire n’est pas valable, n’est pas acceptable.

Jésus leur répondit : Quoique je me rende témoignage à moi-même, mon témoignage est véritable ; parce que je sais d’où je viens, et où je vais : mais pour vous, vous ne savez d’où je viens, ni où je vais.

Vous jugez selon la chair : mais pour moi, je ne juge personne :

et si je jugeais, mon jugement serait véritable ; parce que je ne suis pas seul, mais moi et mon Père qui m’a envoyé.

Il est écrit dans votre loi, que le témoignage de deux hommes est véritable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 17, 6 ; 19, 15 ; Matthieu, 18, 16 ; 2 Corinthiens, 13, 1 ; Hébreux, 10, 28.

Or je me rends témoignage à moi-même ; et mon Père qui m’a envoyé, me rend aussi témoignage.

Ils lui disaient donc : Où est-il votre Père ? Jésus leur répondit : Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père.

Jésus dit ces choses enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor ; et personne ne se saisit de lui, parce que son heure n’était pas encore venue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Où est le trésor, le tronc pour recevoir les aumônes. Voir Marc, 12, 41.

Jésus leur dit encore : Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Vous ne pouvez venir où je vais.

Les Juifs disaient donc : Veut-il dire qu’il se tuera lui-même, lorsqu’il dit : Vous ne pouvez venir où je vais ?

Et il leur dit : Pour vous, vous êtes d’ici-bas ; mais pour moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde ; et moi, je ne suis pas de ce monde.

Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés ; parce qu’en effet, si vous ne me croyez ce que je suis, vous mourrez dans votre péché.

Ils lui dirent : Qui êtes-vous donc ? Jésus leur répondit : Je suis le principe de toutes choses, moi-même qui vous parle.

J’ai beaucoup de choses à dire de vous, et à condamner en vous : mais celui qui m’a envoyé est véritable ; et je ne dis dans le monde que ce que j’ai appris de lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 3, 4.

Et ils ne comprirent point qu’il disait que Dieu était son Père.

Jésus leur dit donc : Quand vous aurez élevé en haut le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis : car je ne fais rien de moi-même ; mais je ne dis que ce que mon Père m’a enseigné.

Et celui qui m’a envoyé, est avec moi, et ne m’a point laissé seul ; parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.

Lorsqu’il disait ces choses, plusieurs crurent en lui.

Jésus dit donc aux Juifs qui croyaient en lui : Si vous demeurez dans l’observation de ma parole, vous serez véritablement mes disciples ;

et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.

Ils lui répondirent : Nous sommes de la race d’Abraham, et nous n’avons jamais été esclaves de personne ; comment donc dites-vous que nous serons rendus libres ?

Jésus leur répondit : En vérité, en vérité je vous dis, que quiconque commet le péché, est esclave du péché.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 6, verset 15 et suivants ; 7, verset 14 et suivants ; 2 Pierre, 2, 19.

Or l’esclave ne demeure pas toujours en la maison ; mais le fils y demeure toujours.

Si donc le Fils vous met en liberté, vous serez véritablement libres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Fils de Dieu. Bossuet : « Et quelle liberté vous donnera-t-il, sinon celle qu’il a voulu pour lui-même ? C’est-à-dire d’être dépendant de Dieu seul, dont il est si doux de dépendre, et le service duquel vaut mieux qu’un royaume, parce que cette même soumission qui nous met au-dessous de Dieu, nous met en même temps au-dessus de tout. »

Je sais que vous êtes enfants d’Abraham : mais vous voulez me faire mourir, parce que ma parole ne trouve point d’entrée en vous.

Pour moi, je dis ce que j’ai vu dans mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez vu dans votre père.

Ils lui répondirent : C’est Abraham qui est notre père. Jésus leur dit : Si vous êtes enfants d’Abraham, faites donc les œuvres d’Abraham.

Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai apprise de Dieu : c’est ce qu’Abraham n’a point fait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Loin de là ; c’est-à-dire loin de faire les œuvres d’Abraham, vous cherchez, etc. C’est le seul sens conforme à la Vulgate aussi bien qu’au texte grec.

Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants bâtards : nous n’avons tous qu’un Père qui est Dieu.

Jésus leur dit donc : Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, parce que c’est de Dieu que je suis sorti, et c’est de sa part que je suis venu : car je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé.

Pourquoi ne connaissez-vous point mon langage ? C’est que vous ne pouvez écouter ma parole.

Vous êtes les enfants du diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et il n’est point demeuré dans la vérité, parce que la vérité n’est point en lui. Lorsqu’il dit des mensonges, il dit ce qu’il trouve dans lui-même : car il est menteur, et père du mensonge.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Jean, 3, 8.

Mais pour moi, lorsque je dis la vérité, vous ne me croyez pas.

Qui de vous me convaincra d’aucun péché ? Si je vous dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?

Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu. C’est pour cela que vous ne les écoutez point, parce que vous n’êtes point de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Jean, 4, 6.

Les Juifs lui répondirent donc : N’avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain, et que vous êtes possédé du démon ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un Samaritain, terme injurieux, puisque les Samaritains étaient schismatiques et ennemis des Juifs.

Jésus leur repartit : Je ne suis point possédé du démon : mais j’honore mon Père ; et vous, vous me déshonorez.

Pour moi, je ne recherche point ma propre gloire : un autre la recherchera, et me fera justice.

En vérité, en vérité je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, il ne mourra jamais.

Les Juifs lui dirent : Nous connaissons bien maintenant que vous êtes possédé du démon : Abraham est mort, et les prophètes aussi ; et vous dites : Si quelqu’un garde ma parole, il ne mourra jamais.

Êtes-vous plus grand que notre père Abraham qui est mort, et que les prophètes qui sont morts aussi ? Qui prétendez-vous être ?

Jésus leur répondit : Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien. C’est mon Père qui me glorifie ; lui dont vous dites qu’il est votre Dieu,

tandis que vous ne le connaissez pas. Mais pour moi, je le connais ; et si je disais que je ne le connais pas, je serais un menteur comme vous. Mais je le connais, et je garde sa parole.

Abraham, votre père, a désiré avec ardeur de voir mon jour : il l’a vu, et il en a été rempli de joie.

Les Juifs lui dirent : Vous n’avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cinquante ans. « Notre-Seigneur était beaucoup plus jeune, mais la cinquantième année était chez les juifs le terme fixé pour l’âge viril, l’âge parfait. C’est comme s’ils avaient dit : Vous n’avez pas encore atteint l’âge parfait, et vous avez vu Abraham ! » (CRAMPON)

Jésus leur répondit : En vérité, en vérité je vous le dis : je suis avant qu’Abraham fût.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avant qu’Abraham eût été fait. La traduction ordinaire : Avant qu’Abraham fût, est, selon la remarque judicieuse de Bossuet, tout à fait inexacte, puisque l’être d’Abraham et celui de Jésus-Christ n’étaient ni les mêmes en soi ni expliqués par le même mot. Ajoutons que le grec, comme la Vulgate, emploie pour Abraham le verbe être fait, et pour Jésus-Christ, être, exister.

Là-dessus ils prirent des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple.