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Jean 7

DEPUIS ce temps-là Jésus parcourait la Galilée, ne voulant pas aller en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.

Mais la fête des Juifs, appelée des Tabernacles, étant proche,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 23, 34. ― La Scénopégie : c’est-à-dire la fête des Tabernacles. ― La fête des Tabernacles se célébrait tous les ans en mémoire du temps que les Hébreux, après avoir quitté l’Egypte, avaient vécu sous la tente dans le désert du Sinaï, voir Lévitique, 23, 40, et aussi pour remercier Dieu de la moisson et de la vendange, voir Deutéronome, 16, 13. Elle commençait le 15 du mois de Tischri (fin septembre) et durait sept jours. Pendant la semaine de la fête, les Juifs habitaient dans des tentes de feuillage, construites sur les toits plats des maisons ou dans les cours ou sur les places publiques, et c’est de là que venait le nom de Scénopégie.

ses frères lui dirent : Quittez ce lieu, et vous en allez en Judée, afin que vos disciples voient aussi les œuvres que vous faites.

Car personne n’agit en secret, lorsqu’il veut être connu dans le public : puisque vous faites ces choses, faites-vous connaître au monde.

Car ses frères ne croyaient pas en lui.

Jésus leur dit donc : Mon temps n’est pas encore venu ; mais pour le vôtre, il est toujours prêt.

Le monde ne saurait vous haïr : mais pour moi, il me hait ; parce que je rends témoignage contre lui, que ses œuvres sont mauvaises.

Allez, vous autres, à cette fête ; pour moi, je n’y vais pas encore, parce que mon temps n’est pas encore accompli.

Ayant dit ces choses, il demeura en Galilée.

Mais lorsque ses frères furent partis, il alla aussi lui-même à la fête, non pas publiquement, mais comme s’il eût voulu se cacher.

Les Juifs donc le cherchaient pendant cette fête, et ils disaient : Où est-il ?

Et on faisait plusieurs discours de lui en secret parmi le peuple : car les uns disaient : C’est un homme de bien. Les autres disaient : Non, mais il séduit le peuple.

Personne néanmoins n’osait en parler avec liberté, par la crainte qu’on avait des Juifs.

Or, vers le milieu de la fête, Jésus monta au temple, où il se mit à enseigner.

Et les Juifs en étant étonnés, ils disaient : Comment cet homme sait-il les saintes lettres, lui qui n’a point étudié ?

Jésus leur répondit : Ma doctrine n’est pas ma doctrine ; mais c’est la doctrine de celui qui m’a envoyé.

Si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il reconnaîtra si ma doctrine est de lui, ou si je parle de moi-même.

Celui qui parle de son propre mouvement, cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, est véridique, et il n’y a point en lui d’injustice.

Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Et néanmoins nul de vous n’accomplit la loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 24, 3.

Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? Le peuple lui répondit : Vous êtes possédé du démon. Qui est-ce qui cherche à vous faire mourir ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 5, 18.

Jésus leur répondit : J’ai fait une œuvre le jour du sabbat, et vous en êtes tous surpris.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jésus parle ici de la guérison qu’il avait opérée sur le paralytique de la piscine un jour de sabbat. Voir Jean, 5, verset 9 et suivants.

Cependant Moïse vous ayant donné la loi de la circoncision (quoiqu’elle vienne des patriarches, et non de Moïse), pour obéir à cette loi vous donnez la circoncision le jour même du sabbat.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 12, 3 ; Genèse, 17, 10.

Si un homme peut recevoir la circoncision le jour du sabbat, pour ne pas violer la loi de Moïse ; pourquoi vous mettez-vous en colère contre moi, parce que j’ai guéri un homme dans tout son corps au jour du sabbat ?

Ne jugez pas selon l’apparence ; mais jugez selon la justice.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 1, 16.

Alors quelques personnes de Jérusalem commencèrent à dire : N’est-ce pas là celui qu’ils cherchent pour le faire mourir ?

Et néanmoins le voilà qui parle devant tout le monde, sans qu’ils lui disent rien. Est-ce donc qu’en effet les sénateurs ont reconnu qu’il est véritablement le Christ ?

Mais nous savons cependant d’où est celui-ci ; au lieu que quand le Christ viendra, personne ne saura d’où il est.

Jésus cependant continuait à les instruire, et disait à haute voix dans le temple : Vous me connaissez, et vous savez d’où je suis : et je ne suis pas venu de moi-même ; mais celui qui m’a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez point.

Pour moi, je le connais ; parce que je suis né de lui, et qu’il m’a envoyé.

Ils cherchaient donc les moyens de le prendre ; et néanmoins personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue.

Mais plusieurs du peuple crurent en lui, et disaient entre eux : Quand le Christ viendra, fera-t-il plus de miracles que n’en fait celui-ci ?

Les pharisiens entendirent ces discours que le peuple faisait de lui ; et les princes des prêtres, avec eux, envoyèrent des archers pour le prendre.

Jésus leur dit donc : Je suis encore avec vous pour un peu de temps, et je vais ensuite vers celui qui m’a envoyé.

Vous me chercherez, et vous ne me trouverez point ; et vous ne pouvez venir où je serai.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 13, 33.

Les Juifs dirent donc entre eux : Où est-ce qu’il s’en ira, que nous ne pourrons le trouver ? Ira-t-il vers les gentils qui sont dispersés par tout le monde ? et instruira-t-il les gentils ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Chez les nations dispersées. Le texte porte littéralement : dans la dispersion des gentils, ce qui chez les Juifs signifiait les Israélites dispersés et vivants au milieu des païens. C’est le sens qu’a ici cette locution. Plus tard les Apôtres appliquaient cette dénomination aux chrétiens ou Juifs convertis dispersés au milieu des Gentils, voir Jacques, 1, 1 ; 1 Pierre, 1, 1.

Que signifie cette parole qu’il vient de dire : Vous me chercherez, et vous ne me trouverez point ; et vous ne pouvez venir où je serai ?

Le dernier jour de la fête, qui était un jour solennel, Jésus se tenant debout disait à haute voix : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 23, 27. ― Le dernier jour de la fête des Tabernacles, un lévite allait puiser de l’eau à Siloé (voir sur cette fontaine Jean, 9, 7) dans une urne d’or et on versait cette eau, dans le temple, sur la victime du sacrifice, en mémoire du miracle de Moïse faisant jaillir l’eau du rocher au Sinaï. C’est sans doute à cet usage, à cette eau et à cette fontaine que fait allusion le Sauveur, quand il dit : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive.

Si quelqu’un croit en moi, il sortira des fleuves d’eau vive de son cœur, comme dit l’Écriture.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 44, 3 ; 58, 11 ; Joël, 2, 28 ; Actes des Apôtres, 2, 17.

Ce qu’il entendait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : car le Saint-Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’était pas encore glorifié.

Cependant plusieurs d’entre le peuple écoutant ces paroles, disaient : Cet homme est assurément un prophète.

D’autres disaient : C’est le Christ. Mais quelques autres disaient : Le Christ viendra-t-il de Galilée ?

L’Écriture ne dit-elle pas, que le Christ viendra de la race de David, et de la petite ville de Bethléhem, d’où était David ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Michée, 5, 2 ; Matthieu, 2, 6. ― Où était David ; c’est-à-dire où avait habité David.

Le peuple était ainsi divisé sur son sujet ;

et quelques-uns d’entre eux avaient envie de le prendre ; mais néanmoins personne ne mit la main sur lui.

Les archers retournèrent donc vers les princes des prêtres et les pharisiens, qui leur dirent : Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les archers. Le texte porte les serviteurs.

Les archers leur répondirent : Jamais homme n’a parlé comme cet homme-là.

Les pharisiens leur répliquèrent : Êtes-vous donc aussi vous-mêmes séduits ?

Y a-t-il quelqu’un des sénateurs, ou des pharisiens, qui ait cru en lui ?

Car pour cette populace qui ne sait ce que c’est que la loi, ce sont des gens maudits de Dieu.

Sur cela Nicodème, l’un d’entre eux, et le même qui était venu trouver Jésus la nuit, leur dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 3, 2. ― Nicodème. Voir plus haut, Jean, 3, 1.

Notre loi permet-elle de condamner personne sans l’avoir auparavant entendu, et sans s’être informé de ses actions ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 17, 8 ; 19, 15.

Ils lui répondirent : Est-ce que vous êtes aussi Galiléen ? Lisez avec soin les Écritures, et apprenez qu’il ne sort point de prophète de Galilée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et tu verras ; littéralement et vois ; ce qui est un pur hébraïsme.

Et chacun s’en retourna en sa maison.