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Jean 3

OR il y avait un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, sénateur des Juifs,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un des chefs des Juifs. Voir Jean, 7, 50. ― Nicodème, un des chefs des Juifs, c’est-à-dire, membre du Sanhédrin. Le Talmud mentionne un Nicodème, fils de Gorion, homme riche et pieux, qui est peut-être le même que celui dont parle saint Jean. D’après la tradition, Nicodème se fit chrétien et fut banni du sanhédrin et de Jérusalem.

qui vint la nuit trouver Jésus, et lui dit : Maître ! nous savons que vous êtes venu de la part de Dieu pour nous instruire, comme un docteur : car personne ne saurait faire les miracles que vous faites, si Dieu n’est avec lui.

Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je vous le dis : personne ne peut voir le royaume de Dieu, s’il ne naît de nouveau.

Nicodème lui dit : Comment peut naître un homme qui est déjà vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère, pour naître une seconde fois ?

Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je vous le dis : si un homme ne renaît de l’eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Commentaire (versets 3 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 3 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Il ne suffit pas d’être enfants d’Abraham pour appartenir au royaume des cieux, mais il faut mourir au péché et renaître par le baptême. La renaissance spirituelle a un principe extérieur dans l’eau et un principe intérieur dans l’Esprit-Saint. C’est la régénération, par le baptême, dont la nécessité est affirmée (Concile de Trente, session VII, canon 2 ; voir Matthieu, 28, 19).

Ce qui est né de la chair, est chair ; et ce qui est né de l’Esprit, est esprit.

Ne vous étonnez pas de ce que je vous ai dit, qu’il faut que vous naissiez de nouveau.

L’Esprit souffle où il veut, et vous entendez sa voix : mais vous ne savez d’où il vient, ni où il va : il en est de même de tout homme qui est né de l’Esprit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 134, 7. ― L’esprit. Dans l’original, le mot employé signifie esprit et vent. L’action régénératrice du Saint-Esprit, dans les âmes, est aussi invisible et mystérieuse que le mouvement et les effets de l’air, dans la nature. La grâce est donnée, selon la libre volonté du Saint-Esprit (saint Bède). Les choses spirituelles, invisibles comme le vent, se remarquent par leurs effets.

Nicodème lui répondit : Comment cela peut-il se faire ?

Jésus lui dit : Quoi ! vous êtes maître en Israël, et vous ignorez ces choses ?

En vérité, en vérité je vous dis, que nous ne disons que ce que nous savons, et que nous ne rendons témoignage que de ce que nous avons vu ; et cependant vous ne recevez point notre témoignage.

Mais si vous ne me croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment me croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ?

Aussi personne n’est monté au ciel, que celui qui est descendu du ciel ; savoir, le Fils de l’homme qui est dans le ciel.

Et comme Moïse éleva dans le désert le serpent d’airain, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé en haut ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 21, 9.

afin que tout homme qui croit en lui, ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

Car Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique ; afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Jean, 4, 9.

Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui.

Celui qui croit en lui, n’est pas condamné ; mais celui qui ne croit pas, est déjà condamné, parce qu’il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu.

Et le sujet de cette condamnation est, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière ; parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 1, 9.

Car quiconque fait le mal, hait la lumière, et ne s’approche point de la lumière ; de peur que ses œuvres ne soient condamnées.

Mais celui qui fait ce que la vérité lui prescrit, s’approche de la lumière, afin que ses œuvres soient découvertes ; parce qu’elles sont faites en Dieu.

Après cela Jésus étant venu en Judée, suivi de ses disciples, il y demeurait avec eux, et y baptisait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 4, 1. ― Et il baptisait, par les mains de ses apôtres, comme il est dit à Jean, 4, 2.

Jean baptisait aussi à Ennon, près de Salim, parce qu’il y avait là beaucoup d’eau ; et plusieurs y venaient, et y étaient baptises :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ennon « Œnon, dit saint Jérôme après Eusèbe, est un endroit qu’on montre encore aujourd’hui à 8 milles de Scythopolis, au sud, près de Salim et du Jourdain. » Ennon, Aenon signifie sources. ― Salim, que l’Evangéliste mentionne pour fixer la situation d’Ennon, est malheureusement inconnu. On a trouvé un Salim à l’est et non loin de Naplouse (Samarie) et il y a là deux sources très abondantes. On a découvert un ouadi Selam ou Seleim, au nord-est de Jérusalem, à environ deux lieues, près de l’ouadi Farah, où les sources abondent.

car alors Jean n’avait pas encore été mis en prison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mis en prison. Voir Matthieu, 14, 3.

Il s’excita donc une dispute entre les disciples de Jean et les Juifs, touchant le baptême.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La purification, le baptême de saint Jean-Baptiste.

Et les premiers étant venus trouver Jean, ils lui dirent : Maître, celui qui était avec vous au delà du Jourdain, et auquel vous avez rendu témoignage, baptise maintenant, et tous vont à lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 1, 19.

Jean leur répondit : L’homme ne peut rien recevoir, s’il ne lui a été donné du ciel.

Vous me rendez vous-mêmes témoignage, que j’ai dit que je ne suis point le Christ, mais que j’ai été envoyé devant lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 1, 20.

L’époux est celui à qui est l’épouse ; mais l’ami de l’époux, qui se tient debout et qui l’écoute, est ravi de joie à cause qu’il entend la voix de l’époux. Je me vois donc maintenant dans l’accomplissement de cette joie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Se réjouit de joie ; hébraïsme, pour éprouver une grande joie, être ravi de joie. ― L’ami de l’époux. Voir Matthieu, 9, 15.

Il faut qu’il croisse, et que je diminue.

Celui qui est venu d’en haut, est au-dessus de tous. Celui qui tire son origine de la terre, est de la terre, et ses paroles tiennent de la terre. Celui qui est venu du ciel, est au-dessus de tous ;

et il rend témoignage de ce qu’il a vu et de ce qu’il a entendu, et personne ne reçoit son témoignage.

Celui qui reçoit son témoignage, atteste que Dieu est véritable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 3, 4.

Celui que Dieu a envoyé, ne dit que des paroles de Dieu ; parce que Dieu ne lui donne pas son Esprit par mesure.

Le Père aime le Fils, et lui a mis toutes choses entre les mains.

Celui qui croit au Fils, a la vie éternelle : et au contraire, celui qui ne croit pas au Fils, ne verra point la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Jean, 5, 10.