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Luc 5
UN jour que Jésus était sur le bord du lac de Génésareth, se trouvant accablé par la foule du peuple, qui se pressait pour entendre la parole de Dieu,
il vit deux barques arrêtées au bord du lac, dont les pêcheurs étaient descendus, et lavaient leurs filets.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 4, 18 ; Marc, 1, 16.
Il entra donc dans l’une de ces barques, qui était à Simon, et le pria de s’éloigner un peu de la terre ; et s’étant assis, il enseignait le peuple de dessus la barque.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La barque de Pierre où Jésus enseigne est la figure de l’Eglise ; là où est Pierre, le Christ instruit les peuples. 4 Les fils de l’époux. Voir Matthieu, 9, 15. La venue du Christ fut une fête nuptiale puisqu’il a épousé la nature humaine (saint Chrysostome).
Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avancez en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher.
Simon lui répondit : Maître ! nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais néanmoins, sur votre parole, je jetterai le filet.
L’ayant donc jeté, ils prirent une si grande quantité de poissons, que leur filet se rompait.
Et ils firent signe à leurs compagnons, qui étaient dans l’autre barque, de venir les aider. Ils y vinrent, et ils remplirent tellement les deux barques, qu’il s’en fallait peu qu’elles ne coulassent à fond.
Ce que Simon-Pierre ayant vu, il se jeta aux genoux de Jésus, en disant : Seigneur ! retirez-vous de moi, parce que je suis un pécheur.
Car il était tout épouvanté, aussi bien que tous ceux qui étaient avec lui, de la pêche des poissons qu’ils avaient faite.
Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient compagnons de Simon, étaient dans le même étonnement. Alors Jésus dit à Simon : Ne craignez point ; votre emploi sera désormais de prendre des hommes.
Et ayant ramené leurs barques à bord, ils quittèrent tout, et le suivirent.
Lorsque Jésus était près d’entrer dans une certaine ville, un homme tout couvert de lèpre l’ayant vu, se prosterna le visage contre terre, et le priait, en lui disant : Seigneur ! si vous voulez, vous pouvez me guérir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 8, 2 ; Marc, 1, 40. ― Des villes ; c’est-à-dire des villes voisines. ― Dans une des villes de Galilée, peut-être Capharnaüm.
Jésus étendant la main, le toucha et lui dit : Je le veux, soyez guéri. Et au même instant sa lèpre disparut.
Jésus lui commanda de n’en parler à personne : Mais allez, dit-il, vous montrer au prêtre, et offrez pour votre guérison ce que Moïse a ordonné, afin que cela leur serve de témoignage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 14, 4. ― En témoignage pour eux, pour que cela leur serve de témoignage et de preuve incontestable de ma puissance et de ma fidélité à faire observer la loi.
Cependant, comme sa réputation se répandait de plus en plus, les peuples venaient en foule pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies ;
mais il se retirait dans le désert, et il y priait.
Un jour, comme il enseignait, étant assis, et que des pharisiens et des docteurs de la loi, qui étaient venus de tous les villages de la Galilée, du pays de Judée, et de la ville de Jérusalem, étaient assis près de lui, la vertu du Seigneur agissait pour la guérison de leurs malades ;
et quelques personnes portant sur un lit un homme qui était paralytique, cherchaient le moyen de le faire entrer dans la maison, et de le présenter devant lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 2 ; Marc, 2, 3.
Mais ne trouvant point par où le faire entrer à cause de la foule du peuple, ils montèrent sur le haut de la maison, d’où ils le descendirent par les tuiles avec le lit où il était, et le mirent au milieu de la place devant Jésus ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur les toits. Voir Marc, note 2.4. Les mots par les tuiles traduisent les mots grecs dia tôn keramôn. Keramos désigne tout ce qui est fait en terre et en particulier la terrasse en terre qui forme le toit des maisons orientales.
lequel voyant leur foi, dit au malade : Mon ami, vos péchés vous sont remis.
Alors les scribes et les pharisiens dirent en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui blasphème de la sorte ? Qui peut remettre les péchés, que Dieu seul ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Scribes et les Pharisiens lancent, déjà, la sentence de mort, selon la loi : que celui qui blasphème meure (saint Chrysostome). Jésus prouve qu’il est Dieu, en exerçant un pouvoir qui, même selon les Hébreux, appartenait seulement à Dieu : celui de remettre les péchés.
Mais Jésus connaissant leurs pensées, leur dit : À quoi pensez-vous dans vos cœurs ?
Lequel est le plus aisé, ou de dire, Vos péchés vous sont remis ; ou de dire, Levez-vous, et marchez ?
Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Levez-vous, je vous le commande, dit-il au paralytique ; emportez votre lit, et vous en allez en votre maison.
Il se leva au même instant en leur présence ; et emportant le lit où il était couché, il s’en retourna en sa maison, rendant gloire à Dieu.
Ils furent tous remplis d’un extrême étonnement, et ils rendaient gloire à Dieu ; et dans la frayeur dont ils étaient saisis, ils disaient : Nous avons vu aujourd’hui des choses prodigieuses.
Après cela Jésus étant sorti, vit un publicain, nommé Lévi, assis au bureau des impôts, et il lui dit : Suivez-moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 9 ; Marc, 2, 14. ― Un publicain nommé Lévi. Saint Matthieu. Voir l’Introduction à l’Evangile selon saint Matthieu.
Et lui, quittant tout, se leva et le suivit.
Lévi lui fit ensuite un grand festin dans sa maison, où il se trouva un grand nombre de publicains et d’autres, qui étaient à table avec eux.
Mais les pharisiens et les docteurs des Juifs en murmuraient, et disaient aux disciples de Jésus : D’où vient que vous mangez et buvez avec des publicains et des gens de mauvaise vie ?
Et Jésus prenant la parole, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades, qui ont besoin de médecin.
Je suis venu pour appeler non les justes, mais les pécheurs, à la pénitence.
Alors ils lui dirent : Pourquoi les disciples de Jean, aussi bien que ceux des pharisiens, font-ils souvent des jeûnes et des prières ; et que les vôtres mangent et boivent ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 2, 18.
Il leur répondit : Pouvez-vous faire jeûner les amis de l’époux, tandis que l’époux est avec eux ?
Mais il viendra un temps où l’époux leur sera ôté, et alors ils jeûneront.
Il leur proposa aussi cette comparaison : Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieux vêtement : car si on le fait, le neuf déchire le vieux, et cette pièce de drap neuf ne convient point au vieux vêtement.
Et l’on ne met point le vin nouveau dans de vieux vaisseaux : parce que si on le fait, le vin nouveau rompra les vaisseaux, et il se répandra, et les vaisseaux se perdront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des outres. Voir Matthieu, 9, 17.
Mais il faut mettre le vin nouveau dans des vaisseaux neufs, et ainsi tout se conserve.
Et il n’y a personne qui buvant du vin vieux, veuille aussitôt du nouveau ; parce qu’il dit : Le vieux est meilleur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lac de Génésareth. Voir la note 33 à la fin du volume. Saint Luc est le seul des évangélistes qui qualifie le lac, le lac de Tibériade, en employant la dénomination grecque. Les autres auteurs sacrés l’appellent une mer, selon l’usage hébreu qui appelle mer tout amas d’eaux.