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Luc 13
EN ce même temps quelques-uns vinrent dire à Jésus ce qui s’était passé touchant les Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices.
Sur quoi Jésus prenant la parole, leur dit : Pensez-vous que ces Galiléens fussent les plus grands pécheurs de toute la Galilée, parce qu’ils ont été ainsi traités ?
Non, je vous en assure ; mais je vous déclare que si vous ne faites pénitence, vous périrez tous comme eux.
Croyez-vous aussi que ces dix-huit hommes sur lesquels la tour de Siloé est tombée, et qu’elle a tués, fussent plus redevables à la justice de Dieu, que tous les habitants de Jérusalem ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plus redevables à la justice de Dieu ; c’est-à-dire : plus coupables, plus pécheurs. ― La tour de Siloé. Elle devait se trouver au sud de Jérusalem, dans le voisinage de la piscine de Siloé.
Non, je vous en assure ; mais je vous déclare que si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même sorte.
Il leur dit aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne, et venant pour y chercher du fruit, il n’y en trouva point.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un figuier. Le figuier était commun en Palestine et généralement planté dans les vignes. Le maître de la vigne peut s’étonner d’autant plus de ne jamais y trouver de fruits que cet arbre en produit régulièrement deux fois par an. Les premières figues apparaissent avant le retour des feuilles et sont mûres en Palestine vers le mois de juin. Les secondes figues poussent tant que le développement de la végétation continue et mûrissent à diverses époques à partir du mois d’août.
Alors il dit à son vigneron : Il y a déjà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, sans y en trouver : coupez-le donc : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ?
Le vigneron lui répondit : Seigneur, laissez-le encore cette année, afin que je le laboure au pied, et que j’y mette du fumier :
après cela, s’il porte du fruit, à la bonne heure ; sinon, vous le ferez couper.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Le maître de la vigne, c’est Dieu ; le figuier, c’est le peuple d’Israël, qui n’a porté d’autre fruit que des pratiques extérieures, semblables à un vain feuillage. Moïse, les prophètes, le Messie sont venus à lui tour à tour. Après la mort de Jésus, quarante ans lui ont été donnés pour faire pénitence. Les Juifs ne se convertissant pas, Jérusalem fut détruite et tout le peuple dispersé parmi les nations, voir Luc, 21, 24. » (CRAMPON, 1885)
Jésus enseignait dans la synagogue les jours de sabbat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans leur synagogue. Voir Matthieu, 4, 23.
Et un jour il y vint une femme possédée d’un esprit qui la rendait malade depuis dix-huit ans ; et elle était si courbée qu’elle ne pouvait du tout regarder en haut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui avait un esprit d’infirmité. Elle était possédée d’un démon qui la rendait infirme. Nous voyons dans l’Ecriture une foule de maladie causées par les démons.
Jésus la voyant, l’appela, et lui dit : Femme, vous êtes délivrée de votre infirmité.
En même temps il lui imposa les mains ; et étant aussitôt redressée, elle en rendait gloire à Dieu.
Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus l’avait guérie au jour du sabbat, dit au peuple : Il y a six jours destinés pour travailler ; venez en ces jours-là pour être guéris, et non pas au jour du sabbat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le chef de la synagogue. Voir Marc, 5, 22.
Le Seigneur prenant la parole, lui dit : Hypocrites ! y a-t-il quelqu’un de vous qui ne délie pas son bœuf, ou son âne, le jour du sabbat, et ne les tire pas de l’étable pour les mener boire ?
Pourquoi donc ne fallait-il pas délivrer de ses liens, en un jour de sabbat, cette fille d’Abraham, que Satan avait tenue ainsi liée durant dix-huit ans ?
À ces paroles tous ses adversaires demeurèrent confus ; et tout le peuple était ravi de lui voir faire tant d’actions glorieuses.
Il disait aussi : À quoi est semblable le royaume de Dieu, et à quoi le comparerai-je ?
Il est semblable à un grain de sénevé, qu’un homme prend et jette dans son jardin, et qui croît jusqu’à devenir un grand arbre ; de sorte que les oiseaux du ciel se reposent sur ses branches.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 13, 31 ; Marc, 4, 31. ― Un grain de sénevé. Voir Matthieu, note 13.31.
À quoi, dit-il encore, comparerai-je le royaume de Dieu ?
Il est semblable au levain qu’une femme prend et mêle dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte soit levée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 13, 33. ― Trois mesures de farine, trois sata, près de 39 litres.
Et il allait par les villes et les villages enseignant, et s’avançant vers Jérusalem.
Quelqu’un lui ayant fait cette demande, Seigneur ! y en aura-t-il peu de sauvés ? il leur répondit :
Faites effort pour entrer par la porte étroite : car je vous assure que plusieurs chercheront à y entrer, et ne le pourront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 13. ― Ils désireront être sauvés, mais faute d’en prendre les moyens, ils ne le seront pas.
Et quand le père de famille sera entré, et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à heurter, en disant, Seigneur, ouvrez-nous ! il vous répondra : Je ne sais d’où vous êtes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 25, 10.
Alors vous commencerez à dire : Nous avons mangé et bu en votre présence, et vous avez enseigné dans nos places publiques.
Et il vous répondra ; Je ne sais d’où vous êtes : retirez-vous de moi, vous tous qui commettez l’iniquité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 23 ; Psaumes, 6, 9 ; Matthieu, 25, 41.
Ce sera alors qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez qu’Abraham, Isaac, Jacob, et tous les prophètes, seront dans le royaume de Dieu, et que vous autres vous serez chassés dehors.
Il en viendra d’Orient et d’Occident, du Septentrion et du Midi, qui auront place au festin dans le royaume de Dieu.
Alors ceux qui sont les derniers, seront les premiers ; et ceux qui sont les premiers, seront les derniers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 19, 30 ; 20, 16 ; Marc, 10, 31.
Le même jour quelques-uns des pharisiens vinrent lui dire : Allez-vous-en, sortez de ce lieu : car Hérode veut vous faire mourir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de la Pérée. Voir Matthieu, 14, 1.
Il leur répondit : Allez dire à ce renard : J’ai encore à chasser les démons, et à rendre la santé aux malades aujourd’hui et demain, et le troisième jour je serai consommé par ma mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Renard : cette hardiesse de langage à l’égard des rois et des grands était familière aux prophètes hébreux. » (CRAMPON, 1885)
Cependant il faut que je continue à marcher aujourd’hui et demain, et le jour d’après : car il ne faut pas qu’un prophète souffre la mort ailleurs que dans Jérusalem.
Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, et qui lapides ceux qui sont envoyés vers toi ! combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne l’as pas voulu !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 23, 37.
Le temps s’approche où votre maison demeurera déserte. Or je vous dis en vérité, que vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jusqu’à ce qu’il, etc. Voir Matthieu, 23, 39.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pilate. Voir Matthieu, 27, 2. Le fait rapporté ici ne nous est connu que par l’Evangile, mais l’histoire profane peint Pilate sous les mêmes traits et elle nous apprend que sa disgrâce finale fut occasionnée par la cruauté avec laquelle il avait traité une troupe de Samaritains sur le mont Garizim.