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Marc 2
QUELQUES jours après il revint à Capharnaüm.
Aussitôt qu’on eut entendu dire qu’il était en la maison, il s’y assembla un si grand nombre de personnes, que ni le dedans du logis, ni tout l’espace qui était devant la porte, ne pouvait les contenir ; et il leur prêchait la parole de Dieu.
Alors quelques-uns vinrent lui amener un paralytique, qui était porté par quatre hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 5, 18.
Mais comme ils ne pouvaient le lui présenter à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et y ayant fait une ouverture, ils descendirent le lit où le paralytique était couché.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les toits étaient en plate-forme, et l’escalier qui y conduisait se trouvait souvent hors de la maison. ― « Les maisons des villages en Orient sont basses, souvent adossées à des collines. Le toit [formant terrasse] est en terre battue supportée par d’épais branchages [sans parapet.] Dans les maisons aisées, la terrasse est couverte de dalles et entourée d’un parapet. On monte sans aucune peine sur ces toits. Les parents du malade [firent] un trou dans la terrasse de terre pour le faire descendre devant Jésus. » (J.-H. MICHON.) Ils avaient monté le malade sur le toit par l’escalier extérieur que les rabbins appellent « la voie par le toit », afin de la distinguer de celle qu’ils nomment « la voie par la porte » ordinaire de la maison. On pouvait pénétrer ordinairement dans la maison, sans faire le tour par l’escalier extérieur, au moyen d’une porte ou ouverture qui conduisait directement de la terrasse dans les appartements intérieurs, mais cette ouverture n’était pas assez grande pour y faire passer le grabat ou la civière sur laquelle les quatre hommes portaient le paralytique, il fallut enlever une partie de la terrasse. Notre-Seigneur devait se trouver immédiatement au-dessous de la terrasse formant le toit, dans l’appartement que nous avons pris l’habitude d’appeler cénacle (voir Actes des Apôtres, note 1.13) et que les écrivains du Nouveau Testament appellent en grec anagaion ou hyperôon. C’est là que les Orientaux avaient coutume de recevoir leurs hôtes, de prendre leurs repas et de se retirer pendant le jour pour s’isoler, lire ou méditer.
Jésus voyant leur foi, dit au paralytique : Mon fils, vos péchés vous sont remis.
Or il y avait là quelques scribes assis, qui s’entretenaient de ces pensées dans leur cœur :
Que veut dire cet homme ? il blasphème. Qui peut remettre les péchés que Dieu seul ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 14, 4 ; Isaïe, 43, 25.
Jésus connaissant aussitôt par son esprit ce qu’ils pensaient en eux-mêmes, leur dit : Pourquoi vous entretenez-vous de ces pensées dans vos cœurs ?
Lequel est le plus aisé, de dire à ce paralytique, Vos péchés vous sont remis ; ou de lui dire, Levez-vous, emportez votre lit, et marchez ?
Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés,
Levez-vous, dit-il au paralytique, je vous le commande ; emportez votre lit, et vous en allez en votre maison.
Il se leva au même instant, emporta son lit, et s’en alla devant tout le monde : de sorte qu’ils furent tous saisis d’étonnement ; et rendant gloire à Dieu, ils disaient : Jamais nous n’avons rien vu de semblable.
Jésus étant sorti une autre fois du côté de la mer, tout le peuple venait à lui, et il les enseignait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Près de la mer de Galilée.
Et lorsqu’il passait, il vit Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts, et il lui dit : Suivez-moi. Il se leva aussitôt, et le suivit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 9 ; Luc, 5, 27. ― Lévi, fils d’Alphée ; saint Matthieu. Voir l’Introduction à l’Evangile de saint Matthieu.
Et Jésus étant assis à table dans la maison de cet homme, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie y étaient assis avec lui et avec ses disciples : car il y en avait même plusieurs qui le suivaient.
Les scribes et les pharisiens voyant qu’il mangeait avec les publicains et avec les gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples : Pourquoi votre Maître mange-t-il et boit-il avec des publicains et des gens de mauvaise vie ?
Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades, qui ont besoin de médecin. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Timothée 1, 15.
Or les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnaient souvent ; et étant venus le trouver, ils lui dirent : Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, et que vos disciples ne jeûnent pas ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Pharisiens. Voir Matthieu, note 3.7.
Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils jeûner pendant que l’époux est avec eux ? Non, sans doute ; ils ne peuvent pas jeûner pendant qu’ils ont l’époux avec eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les fils des noces, ou de l’époux. Jésus se nomme l’époux comme étant celui qui doit épouser l’Eglise (saint Chrysostome).
Mais il viendra un temps où l’époux leur sera ôté ; et ce sera alors qu’ils jeûneront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 15 ; Luc, 5, 35.
Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieux vêtement ; autrement la pièce neuve emporterait encore une partie du vieux, et la rupture en deviendrait plus grande.
Et on ne met point non plus du vin nouveau dans de vieux vaisseaux ; parce que le vin nouveau romprait les vaisseaux, le vin se répandrait, et les vaisseaux se perdraient ; mais il faut mettre le vin nouveau dans des vaisseaux neufs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De vieilles outres. Voir Matthieu, 9, 17.
Il arriva encore, que le Seigneur passant le long des blés un jour de sabbat, ses disciples en marchant commencèrent à rompre des épis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 12, 1 ; Luc, 6, 1. ― Ses disciples se mirent à cueillir des épis. Voir Matthieu, note 12.1.
Sur quoi les pharisiens lui dirent : Pourquoi vos disciples font-ils le jour du sabbat ce qu’il n’est pas permis de faire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La loi imposait de ne pas prendre pour un voleur celui qui mangeait, ce qu’il trouvait dans un champ, sans rien emporter ; c’est pourquoi les Apôtres sont accusés de violation du sabbat et non de vol (saint Augustin).
Il leur répondit : N’avez-vous jamais lu ce que fit David dans le besoin où il se trouva, lorsque lui et ceux qui l’accompagnaient furent pressés de la faim ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 21, 6.
comment il entra dans la maison de Dieu du temps du grand prêtre Abiathar, et mangea les pains de proposition, et en donna même à ceux qui étaient avec lui, quoiqu’il n’y eût que les prêtres à qui il fût permis d’en manger.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 24, 9. ― Abiathar. Le premier livre des Rois, 21, verset 2 et suivants, raconte que le fait mentionné ici se passa sous le pontificat d’Achimélech, père d’Abiathar. Nous avons ici peut-être une faute de copistes, ou bien Achimélech s’appelait aussi d’Abiathar.
Il leur dit encore : Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On doit avoir un plus grand soin de la santé et de la vie de l’homme que de l’observance du sabbat (saint Bède).
C’est pourquoi le Fils de l’homme est maître du sabbat même.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 1. ― Dans Capharnaüm. Voir Matthieu, 4, 13.