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Matthieu 9

JÉSUS étant monté dans une barque, repassa le lac, et vint en sa ville.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans sa ville. Capharnaüm, où il habitait alors ordinairement.

Et comme on lui eut présenté un paralytique couché sur un lit, Jésus voyant leur foi, dit à ce paralytique : Mon fils, ayez confiance ; vos péchés vous sont remis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 2, 3 ; Luc, 5, 18.

Aussitôt quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes : Cet homme blasphème.

Mais Jésus ayant connu ce qu’ils pensaient, leur dit : Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cœurs ?

Car lequel est le plus aisé, ou de dire, Vos péchés vous sont remis ; ou de dire, Levez-vous, et marchez ?

Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Levez-vous, dit-il alors au paralytique ; emportez votre lit, et vous en allez en votre maison.

Le paralytique se leva aussitôt, et s’en alla en sa maison.

Et le peuple voyant ce miracle, fut rempli de crainte, et rendit gloire à Dieu de ce qu’il avait donné une telle puissance aux hommes.

Jésus sortant de là, vit en passant un homme assis au bureau des impôts, nommé Matthieu, auquel il dit : Suivez-moi. Et lui aussitôt se leva, et le suivit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 2, 14 ; Luc, 5, 27.

Et Jésus étant à table dans la maison de cet homme, il y vint beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie, qui s’y mirent à table avec Jésus et ses disciples.

Ce que les pharisiens ayant vu, ils dirent à ses disciples : Pourquoi votre Maître mange-t-il avec des publicains et des gens de mauvaise vie ?

Mais Jésus les ayant entendus, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades, qui ont besoin de médecin.

C’est pourquoi allez, et apprenez ce que veut dire cette parole : J’aime mieux la miséricorde que le sacrifice. Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 6, 6 ; Matthieu, 12, 7 ; 1 Timothée, 1, 15.

Alors les disciples de Jean vinrent le trouver, et lui dirent : Pourquoi les pharisiens et nous jeûnons-nous souvent, et que vos disciples ne jeûnent point ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 2, 18 ; Luc, 5, 33.

Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils être dans la tristesse et dans le deuil pendant que l’époux est avec eux ? Mais il viendra un temps où l’époux leur sera ôté, et alors ils jeûneront.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les fils de l’époux, pour les amis et les compagnons de l’époux ; hébraïsme. ― Les amis de l’époux étaient chargés de faire tous les préparatifs des noces et prenaient part ensuite aux fêtes du mariage qui duraient ordinairement sept jours.

Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieux vêtement ; autrement le neuf emporterait une partie du vieux, et le déchirerait encore davantage.

Et on ne met point non plus du vin nouveau dans de vieux vaisseaux ; parce que si on le fait, les vaisseaux se rompent, le vin se répand, et les vaisseaux sont perdus : mais on met le vin nouveau dans des vaisseaux neufs ; et ainsi le vin et les vaisseaux se conservent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des outres. Les Orientaux se servent d’outres de peau de chèvre, de chameau ou d’âne pour conserver le vin et les autres liquides.

Lorsqu’il leur disait ceci, un chef de synagogue s’approcha de lui, et l’adorait, en lui disant : Seigneur ! ma fille est morte présentement ; mais venez lui imposer les mains, et elle vivra.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 5, 22 ; Luc, 8, 41. ― Un chef de synagogue ; c’est ainsi que cet homme est qualifié dans saint Marc et dans saint Luc. ― Son nom était Jaïre.

Aussitôt Jésus se levant, le suivit avec ses disciples.

Alors une femme qui depuis douze ans était affligée d’une perte de sang, s’approcha de lui par derrière, et toucha la frange qui était au bas de son vêtement :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 5, 25 ; Luc, 8, 43. ― Selon la loi, les Hébreux étaient obligés de porter des franges aux quatre coins de leurs manteaux (voir Nombres, 15, 38 ; Deutéronome, 22, 12).

car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie.

Jésus se retournant alors, et la voyant, lui dit : Ma fille, ayez confiance ; votre foi vous a sauvée. Et cette femme fut guérie à la même heure.

Lorsque Jésus fut arrivé en la maison du chef de synagogue, voyant les joueurs de flûte, et une troupe de personnes qui faisaient grand bruit, il leur dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les joueurs de flûte et la foule. Les pleureuses et les joueurs de flûte étaient un accompagnement ordinaire des funérailles. Voir Jérémie, 9, 17.

Retirez-vous : car cette fille n’est pas morte, mais elle n’est qu’endormie. Et ils se moquaient de lui.

Après donc qu’on eut fait sortir tout ce monde, il entra, et lui prit la main ; et cette petite fille se leva.

Et le bruit s’en répandit dans tout le pays.

Comme Jésus sortait de ce lieu, deux aveugles le suivirent, en criant et en disant : Fils de David ! ayez pitié de nous.

Et lorsqu’il fut venu en la maison, ces aveugles s’approchèrent de lui. Et Jésus leur dit : Croyez-vous que je puisse faire ce que vous me demandez ? Ils lui répondirent : Oui, Seigneur !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cela ; c’est-à-dire ce que vous me demandez.

Alors il toucha leurs yeux, en disant : Qu’il vous soit fait selon votre foi.

Aussitôt leurs yeux furent ouverts. Et Jésus leur défendit fortement d’en parler, en leur disant : Prenez bien garde que qui que ce soit ne le sache.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jésus-Christ fait cette défense pour nous donner l’exemple de l’humilité. Nous ne devons pas aimer qu’on publie nos vertus et nos bienfaits : à Dieu seul appartient l’honneur et la gloire.

Mais eux s’en étant allés, répandirent sa réputation dans tout ce pays-là.

Après qu’ils furent sortis, on lui présenta un homme muet possédé du démon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 12, 22 ; Luc, 11, 14.

Le démon ayant été chassé, le muet parla, et le peuple en fut dans l’admiration, et ils disaient : On n’a jamais rien vu de semblable en Israël.

Mais les pharisiens disaient au contraire : C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par le prince des démons ; c’est-à-dire par la puissance du prince des démons, comme si Jésus-Christ avait eu des intelligences avec Satan.

Or Jésus allant de tous côtés dans les villes et dans les villages, enseignait dans leurs synagogues, et prêchait l’Évangile du royaume, guérissant toutes sortes de langueurs et de maladies parmi le peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 6, 6.

Et voyant tous ces peuples, il en eut compassion : parce qu’ils étaient accablés de maux ; et couchés çà et là, comme des brebis qui n’ont point de pasteur.

Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande ; mais il y a peu d’ouvriers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 10, 2.

Priez donc le Maître de la moisson, qu’il envoie des ouvriers en sa moisson.