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Matthieu 4

ALORS Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert, pour y être tenté par le diable ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 12 ; Luc, 4, 1. ― Le désert de la tentation est, d’après la tradition, le désert de la Quarantaine, ainsi appelé des quarante jours qu’y passa Notre-Seigneur. Il s’étend à l’ouest de Jéricho ; il est très accidenté et ses montagnes sont des plus belles de la Palestine méridionale ; elles se composent de calcaire blanc et sont remplies de cavernes ; c’est là vraisemblablement que se réfugièrent les espions envoyés par Josué à Jéricho (Voir Josué, 2, 22) ; elles furent peuplées d’anachorètes, après l’ère chrétienne, en souvenir du jeûne du Sauveur.

et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite.

Et le tentateur s’approchant de lui, lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains.

Mais Jésus lui répondit : Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 8, 3 ; Luc, 4, 4.

Le diable alors le transporta dans la ville sainte ; et le mettant sur le haut du temple,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur le haut du temple. Littéralement sur le pinacle du temple. Le sens est incertain. D’après les uns, c’est le faîte du temple proprement dit ; d’après les autres, comme le texte grec emploie un mot qui désigne ordinairement l’ensemble des constructions du temple, hiéron, c’est le faîte du portique de Salomon à l’est ou bien le faîte de la porte royale qui se dressait au sud au-dessus d’un précipice profond, d’après le témoignage de Josèphe.

il lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, jetez-vous en bas : car il est écrit, Qu’il a ordonné à ses anges d’avoir soin de vous, et qu’ils vous soutiendront de leurs mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 90, 11.

Jésus lui répondit : Il est écrit aussi : Vous ne tenterez point le Seigneur, votre Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 6, 16.

Le diable le transporta encore sur une montagne fort haute ; et lui montrant tous les royaumes du monde, et toute la gloire qui les accompagne,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur une montagne très élevée. Il est impossible de savoir quelle est cette montagne.

il lui dit : Je vous donnerai toutes ces choses, si en vous prosternant devant moi vous m’adorez.

Mais Jésus lui répondit : Retire-toi, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur, votre Dieu, que vous adorerez, et c’est lui seul que vous servirez.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 6, 13.

Alors le diable le laissa ; et en même temps les anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Or Jésus ayant entendu dire que Jean avait été mis en prison, se retira dans la Galilée ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 14 ; Luc, 4, 14 ; Jean, 4, 43.

et quittant la ville de Nazareth, il vint demeurer à Capharnaüm, ville maritime sur les confins de Zabulon et de Nephthali ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Capharnaüm. Le site de Capharnaüm, dont le nom revient si souvent dans les Evangiles, est encore aujourd’hui un problème. La malédiction prononcée par le Sauveur contre cette ville coupable s’est si littéralement accomplie que personne ne peut dire avec certitude où il faut en chercher les ruines. D’après les uns, Capharnaüm était à Khan Miniéh, d’après les autres à Tell Hum. Khan Miniéh est un monceau de ruines qui tire son nom d’un vieux khan du voisinage, sur les bords du lac de Tibériade, à l’extrémité nord-ouest de la plaine. Tell Hum est à une heure de chemin au nord de Khan Miniéh, à trois quarts d’heure environ à l’ouest-sud-ouest de l’embouchure du Jourdain dans le lac.

afin que cette parole du prophète Isaïe fût accomplie :

Le pays de Zabulon et le pays de Nephthali, le chemin qui conduit à la mer, le pays qui est au delà du Jourdain, la Galilée des nations ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 9, 1.

ce peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière s’est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort.

Depuis ce temps-là Jésus commença à prêcher, en disant : Faites pénitence, parce que le royaume des cieux est proche.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 15.

Or Jésus marchant le long de la mer de Galilée, vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient leur filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 1, 16 ; Luc, 5, 2. ― La mer de Galilée. Sur la mer de Galilée ou lac de Tibériade, voir la note 33 à la fin du volume.

et il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.

Aussitôt ils quittèrent leurs filets, et ils le suivirent.

De là s’avançant il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans une barque avec Zébédée, leur père, et qui raccommodaient leurs filets ; et il les appela.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Zébédée, pécheur de la mer de Galilée, époux de Salomé, qui paraît avoir joui d’une certaine aisance.

En même temps ils quittèrent leurs filets et leur père, et ils le suivirent.

Et Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’Evangile du royaume, et guérissant toutes les langueurs et toutes les maladies parmi le peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les synagogues étaient des lieux d’assemblée de religion pour les Juifs ; ils s’y réjouissaient les jours de sabbat et les jours de fête pour prier, lire et entendre la parole de Dieu, et pour y exercer les autres pratiques de leur loi. ― Du royaume ; c’est-à-dire du royaume de Dieu.

Sa réputation s’étant répandue par toute la Syrie, ils lui présentaient tous ceux qui étaient malades, et diversement affligés de maux et de douleurs, les possédés, les lunatiques, les paralytiques ; et il les guérissait :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toute la Syrie. La Syrie désigne dans le Nouveau Testament le pays borné à l’est par l’Euphrate et l’Arabie, au sud par la Palestine, à l’ouest par la mer Méditerranée et la Phénicie, au nord par la chaîne de l’Amanus et du Taurus.

et une grande multitude de peuple le suivit de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de delà le Jourdain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 7 ; Luc, 6, 17. ― La Décapole était la confédération de plusieurs villes unies entre elles pour leur commune défense. Quoique le mot Décapole signifie dix villes, le nombre des cités confédérées était variable. La plupart d’entre elles étaient situées à l’est du Jourdain. La capitale, Scythopolis, l’ancienne Bethsan, à l’ouest du fleuve, est la clef de la Palestine proprement dite. Après Scythopolis, les villes les plus importantes de la Décapole étaient Césarée de Philippe, Asor, Cédès de Nephtali, Séphet, Corozaïn, Capharnaüm, Bethsaïde, Jotapata et Tibériade. Le territoire confédéré s’étendait donc depuis Scythopolis au sud jusqu’au Liban et à Damas au nord ; à l’ouest, il se prolongeait jusqu’à Sidon ; à l’est, il se prolongeait au-delà de Gadara, d’Hippos et de Pella.