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Matthieu 22

JÉSUS parlant encore en paraboles, leur dit :

Le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulant faire les noces de son fils,

envoya ses serviteurs pour appeler aux noces ceux qui y étaient conviés ; mais ils refusèrent d’y venir.

Il envoya encore d’autres serviteurs, avec ordre de dire de sa part aux conviés : J’ai préparé mon dîner, j’ai fait tuer mes bœufs et tout ce que j’avais fait engraisser ; tout est prêt : venez aux noces.

Mais eux ne s’en mettant point en peine, s’en allèrent, l’un à sa maison des champs, et l’autre à son négoce :

les autres se saisirent de ses serviteurs, et les tuèrent, après leur avoir fait plusieurs outrages.

Le roi l’ayant appris, en fut ému de colère ; et ayant envoyé ses armées, il extermina ces meurtriers, et brûla leur ville.

Alors il dit à ses serviteurs : Le festin des noces est tout prêt ; mais ceux qui y avaient été appelés, n’en ont pas été dignes.

Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez.

Ses serviteurs s’en allant alors par les rues, assemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, bons et mauvais ; et la salle des noces fut remplie de personnes qui se mirent à table.

Le roi entra ensuite pour voir ceux qui étaient à table ; et y ayant aperçu un homme qui n’était point revêtu de la robe nuptiale,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La robe nuptiale. C’est partout la coutume que les invités aux noces se revêtent d’habits de fêtes. Peut-être y a-t-il aussi une allusion à une coutume orientale, en vertu de laquelle les rois et les princes envoient à ceux qu’ils appellent à leur table une robe dont ils doivent se couvrir pour prendre part au festin.

il lui dit : Mon ami, comment êtes-vous entré ici sans avoir la robe nuptiale ? Et cet homme demeura muet.

Alors le roi dit à ses gens : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures : c’est là qu’il y aura des pleurs, et des grincements de dents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 8, 12 ; 13, 42 ; 25, 30.

Car il y en a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Car beaucoup sont appelés, etc. Ces paroles sont la conclusion naturelle de la parabole d’après laquelle beaucoup de ceux qui avaient été invités au festin de noces ne s’y rendirent pas.

Alors les pharisiens s’étant retirés, firent dessein entre eux de le surprendre dans ses paroles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 12, 13 ; Luc, 20, 20.

Ils lui envoyèrent donc leurs disciples avec les hérodiens, lui dire : Maître ! nous savons que vous êtes véritable, et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans avoir égard à qui que ce soit ; parce que vous ne considérez point la personne dans les hommes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par les hérodiens dont il est ici question, les uns entendent les membres d’une secte de ce nom, les autres de simples partisans d’Hérode qui étaient, comme la secte elle-même, pour les Romains, et par conséquent opposés aux pharisiens ; de sorte que, de quelque manière que le Sauveur répondit, il ne pouvait manquer d’être accusé par l’un ou l’autre parti. Mais il sut éluder leur demande et éviter ainsi le piège qu’ils lui tendaient. ― La face des hommes ; c’est-à-dire leur qualité, leur condition. Le sens de ce passage est que le Sauveur ne faisait acception de personne. ― Les hérodiens ou partisans des Hérodes étaient probablement un parti surtout politique, qui considérait la famille d’Hérode comme le meilleur appui des Juifs contre l’absorption totale de leur pays dans l’empire romain, mais qui cherchait en même temps à établir une sorte de compromis entre le judaïsme et le paganisme, et avait par suite peu de zèle pour l’observation de la loi.

dites-nous donc votre avis sur ceci : Nous est-il libre de payer le tribut à César, ou de ne le payer pas ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A César. Le César alors régnant était Tibère. Voir Luc, 3, 1.

Mais Jésus connaissant leur malice, leur dit : Hypocrites, pourquoi me tentez-vous ?

Montrez-moi la pièce d’argent qu’on donne pour le tribut. Et eux lui ayant présenté un denier,

Jésus leur dit : De qui est cette image et cette inscription ?

De César, lui dirent-ils. Alors Jésus leur répondit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 13, 7.

L’ayant entendu parler de la sorte, ils admirèrent sa réponse ; et le laissant, ils se retirèrent.

Ce jour-là les saducéens, qui nient la résurrection, vinrent le trouver, et lui proposèrent une question,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 23, 8.

en lui disant : Maître ! Moïse a ordonné, que si quelqu’un mourut sans enfants, son frère épousât sa femme, et suscitât des enfants à son frère mort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 25, 5 ; Marc, 12, 19 ; Luc, 20, 28.

Or il y avait parmi nous sept frères, dont le premier ayant épousé une femme, est mort ; et n’ayant point eu d’enfants, il a laissé sa femme à son frère.

La même chose arriva au second, et au troisième, et à tous les autres, jusqu’au septième.

Enfin cette femme est morte aussi après eux tous.

Lors donc que la résurrection arrivera, duquel de ces sept sera-t-elle femme, puisqu’ils l’ont tous eue ?

Jésus leur répondit : Vous êtes dans l’erreur, ne comprenant pas les Écritures, ni la puissance de Dieu.

Car après la résurrection les hommes n’auront point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel.

Et pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous point lu ces paroles que Dieu vous a dites :

Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? Or Dieu n’est point le Dieu des morts, mais des vivants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 3, 6. ― Je suis le Dieu d’Abraham, etc. Avec ces paroles qui sont prises de l’Exode Jésus-Christ prouve ici la résurrection des corps par l’immortalité de l’âme, parce que, en effet, ces deux dogmes sont inséparables. L’âme étant immortelle doit nécessairement être un jour réunie à son corps, pour y recevoir la récompense ou la punition qu’elle a méritée dans ce corps même, lorsqu’elle en était revêtue.

Et le peuple entendant ceci,était dans l’admiration de sa doctrine.

Mais les pharisiens ayant appris qu’il avait fermé la bouche aux saducéens, s’assemblèrent ;

et l’un d’eux, qui était docteur de la loi, vint lui faire cette question pour le tenter :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 12, 28 ; Luc, 10, 25.

Maître ! quel est le grand commandement de la loi ?

Jésus lui répondit : Vous aimerez le Seigneur, votre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 6, 5.

C’est là le plus grand et le premier commandement.

Et voici le second qui est semblable à celui-là : Vous aimerez votre prochain comme vous-même.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 19, 18 ; Marc, 12, 31.

Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux commandements.

Or les pharisiens étant assemblés, Jésus leur fit cette demande,

et leur dit : Que vous semble du Christ ? De qui doit-il être fils ? Ils lui répondirent : De David.

Et comment donc, leur dit-il, David l’appelle-t-il en esprit son Seigneur par ces paroles :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 20, 41. ― En esprit ; c’est-à-dire parlant par l’Esprit de Dieu. Voir Psaumes, 109, 1.

Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu’à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 109, 1. ― L’escabeau de vos pieds. Les vainqueurs avaient coutume de poser leurs pieds sur le cou des vaincus en signe de leur triomphe, de sorte que faire de ses ennemis l’escabeau de ses pieds, c’est les soumettre à sa puissance.

Si donc David l’appelle son Seigneur, comment est-il son fils ?

Personne ne put lui rien répondre : et depuis ce jour-là nul n’osa plus lui faire de questions.