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Matthieu 20
LE royaume des cieux est semblable à un père de famille, qui sortit dès le grand matin, afin de louer des ouvriers pour travailler à sa vigne :
et étant convenu avec les ouvriers qu’ils auraient un denier pour leur journée, il les envoya à sa vigne.
Il sortit encore sur la troisième heure du jour ; et en ayant vu d’autres qui se tenaient dans la place sans rien faire,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers la troisième heure. Vers neuf heures du matin.
il leur dit : Allez-vous-en aussi vous autres à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable.
Et ils s’y en allèrent. Il sortit encore sur la sixième et sur la neuvième heure du jour, et fit la même chose.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
. Vers la sixième et la neuvième heure. Vers midi et trois heures de l’après-midi.
Enfin étant sorti sur la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là sans rien faire, auxquels il dit : Pourquoi demeurez-vous là tout le long du jour sans travailler ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers la onzième heure. Vers cinq heures du soir.
C’est, lui dirent-ils, que personne ne nous a loués. Et il leur dit : Allez-vous-en aussi vous autres à ma vigne.
Le soir étant venu, le maître de la vigne dit à celui qui avait le soin de ses affaires : Appelez les ouvriers, et payez-les, en commençant depuis les derniers jusqu’aux premiers.
Ceux donc qui n’étaient venus à la vigne que vers la onzième heure, s’étant approchés, reçurent chacun un denier.
Ceux qui avaient été loués les premiers venant à leur tour, crurent qu’on leur donnerait davantage ; mais ils ne reçurent non plus qu’un denier chacun :
et en le recevant ils murmuraient contre le père de famille,
en disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et vous les rendez égaux à nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur.
Mais pour réponse il dit à l’un d’eux : Mon ami, je ne vous fais point de tort : n’êtes-vous pas convenu avec moi d’un denier pour votre journée ?
Prenez ce qui vous appartient, et vous en allez : pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu’à vous.
Ne m’est-il donc pas permis de faire ce que je veux ? Et votre œil est-il mauvais, parce que je suis bon ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ton œil est-il mauvais ? Dans le style des Hébreux, comme dans celui des Grecs et des Latins, un mauvais œil est un œil jaloux et désigne un homme envieux et souvent un avare. Au contraire, un œil bon marque la bonté, la libéralité.
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers : parce qu’il y en a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 19, 30 ; Marc, 10, 31 ; Luc, 13, 30. ― Ainsi les derniers, etc. Il semble au premier abord que la conclusion de cette parabole manque de justesse, et qu’il aurait fallu la terminer ainsi : Les derniers seront comme les premiers. C’est en effet le sens du texte original, où la particule de comparaison comme se trouve sous-entendue en vertu d’un hébraïsme que les auteurs du Nouveau-Testament ont souvent imité.
Or, Jésus s’en allant à Jérusalem, il prit à part ses douze disciples, et leur dit :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 32 ; Luc, 18, 31.
Nous allons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux princes des prêtres et aux scribes, qui le condamneront à la mort,
et le livreront aux gentils, afin qu’ils le traitent avec moquerie, et qu’ils le fouettent et le crucifient : et il ressuscitera le troisième jour.
Alors la mère des enfants de Zébédée s’approcha de lui avec ses deux fils, et l’adora en témoignant qu’elle voulait lui demander quelque chose.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 35. ― La mère des fils de Zébédée s’appelait Salomé. Ses deux fils étaient saint Jacques le Majeur et saint Jean l’Evangéliste.
Il lui dit : Que voulez-vous ? Ordonnez, lui dit-elle, que mes deux fils que voici soient assis dans votre royaume, l’un à votre droite, et l’autre à votre gauche.
Mais Jésus leur répondit : Vous ne savez ce que vous demandez, Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? Ils lui dirent : Nous le pouvons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce calice désigne les souffrances de Jésus-Christ.
Il leur repartit : Il est vrai que vous boirez le calice que je boirai : mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi à vous le donner, mais ce sera pour ceux à qui mon Père l’a préparé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour attacher ses disciples à la foi dont ils ne comprenaient pas encore la vertu, le Sauveur remet à son Père ce qui regarde la gloire, et ne se réserve que de prédire et de distribuer les afflictions ; quoique cependant tout ce qui est au Père soit au Fils, et tout ce qui est au Fils soit au Père (voir Jean, 17, 10).
Les dix autres apôtres ayant entendu ceci, en conçurent de l’indignation contre les deux frères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 41. ― Or les dix ; c’est-à-dire les dix autres apôtres.
Et Jésus les ayant appelés à lui, leur dit : Vous savez que les princes des nations les dominent, et que les grands les traitent avec empire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 22, 25.
Il n’en doit pas être de même parmi vous : mais que celui qui voudra devenir plus grand parmi vous, soit votre serviteur ;
et que celui qui voudra être le premier d’entre vous, soit votre esclave :
comme le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie pour la rédemption de plusieurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Philippiens, 2, 7. ― D’un grand nombre ; c’est-à-dire de tous, de tout le monde (ce qui constitue en effet un grand nombre), comme l’explique saint Jean dans sa première épître (voir 1 Jean, 2, 2). On pourrait encore entendre cette expression de ceux-là seulement qui, par leur foi et leur conduite vraiment chrétienne, ont une part réelle aux mérites du Sauveur, mérites que les autres ont volontairement refusé de s’appliquer.
Lorsqu’ils sortaient de Jéricho, il fut suivi d’une grande troupe de peuple ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 10, 46 ; Luc, 18, 35.
et deux aveugles qui étaient assis le long du chemin, ayant entendu dire que Jésus passait, commencèrent à crier, en disant : Seigneur, Fils de David ! ayez pitié de nous.
Et le peuple les reprenait pour les faire taire : mais ils se mirent à crier encore plus haut, en disant : Seigneur, Fils de David ! ayez pitié de nous.
Alors Jésus s’arrêta, et les ayant appelés, il leur dit : Que voulez-vous que je vous fasse ?
Seigneur ! lui dirent-ils, que nos yeux soient ouverts.
Jésus étant donc ému de compassion à leur égard, leur toucha les yeux : et au même moment ils recouvrèrent la vue, et le suivirent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un denier. Voir Matthieu, 18, 28.