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Matthieu 19

JÉSUS ayant achevé ces discours, partit de Galilée, et vint aux confins de la Judée, au delà du Jourdain,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 10, 1.

où de grandes troupes le suivirent, et il guérit leurs malades au même lieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et il les guérit ; c’est-à-dire qu’il guérit en ce lieu tous les malades qu’on lui présenta.

Les pharisiens vinrent aussi à lui pour le tenter, et ils lui dirent : Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour quelque cause que ce soit ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 10, 2.

Il leur répondit : N’avez-vous point lu, que celui qui créa l’homme dès le commencement, les créa male et femelle, et qu’il est dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 1, 27. ― L’homme, c’est-à-dire la créature humaine. Ainsi ce mot doit s’entendre non d’un individu, mais de l’espèce ; c’est pourquoi il est considéré ici comme un pluriel dans la Vulgate : Il les fit mâle et femelle, et dans l’hébreu même, d’où Jésus-Christ a emprunté sa citation.

Pour cette raison l’homme quittera son père et sa mère, et il s’attachera à sa femme, et ils ne seront plus tous deux qu’une seule chair.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 2, 24 ; 1 Corinthiens, 6, 16 ; Ephésiens, 5, 31.

Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.

Mais pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il ordonné qu’on donne à sa femme un écrit de séparation, et qu’on la renvoie ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’est dans le Deutéronome (voir Deutéronome, 24, 1), que Moïse a ordonné à tout homme qui répudiait sa femme de lui donner un acte de répudiation.

Il leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur, que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes : mais cela n’a pas été ainsi dès le commencement.

Aussi je vous déclare, que quiconque renvoie sa femme, si ce n’est en cas d’adultère, et en épouse une autre, commet un adultère ; et que celui qui épouse celle qu’un autre a renvoyée, commet aussi un adultère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 5, 32 ; Marc, 10, 11 ; Luc, 16, 18 ; 1 Corinthiens, 7, 10. ― Jésus-Christ permet à un mari, en cas d’adultère, de se séparer de sa femme, mais non pas d’en épouser une autre du vivant de sa première.

Ses disciples lui dirent : Si la condition d’un homme est telle à l’égard de sa femme, il n’est pas avantageux de se marier.

Il leur dit : Tous ne sont pas capables de cette résolution, mais ceux-là seulement à qui il a été donné d’en haut.

Car il y a des eunuques qui sont nés tels dès le ventre de leur mère ; il y en a que les hommes ont faits eunuques ; et il y en a qui se sont rendus eunuques eux-mêmes pour gagner le royaume des cieux. Qui peut comprendre ceci, le comprenne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il y en a qui se sont rendus, etc. Ce sont ceux qui ont renoncé pour toujours aux plaisirs des sens, pour servir avec une plus grande liberté de cœur Dieu et la justice, et mériter ainsi le bonheur éternel.

On lui présenta alors de petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains, et qu’il priât pour eux : et comme ses disciples les repoussaient avec des paroles rudes,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 10, 13 ; Luc, 18, 15.

Jésus leur dit : Laissez là ces enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi : car le royaume du ciel est pour ceux qui leur ressemblent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 18, 3. ― Car à de tels, etc. Cette traduction nous a paru la seule qui pût rendre fidèlement la concision énergique du texte. Bossuet d’ailleurs traduit : A de tels appartient le royaume de Dieu.

Et leur ayant imposé les mains, il partit de là.

Alors un jeune homme s’approcha, et lui dit : Bon Maître ! quel bien faut-il que je fasse pour acquérir la vie éternelle ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 10, 17 ; Luc, 18, 18. ― Quelqu’un ; c’est-à-dire un jeune homme, comme portent les versets 20 et 22.

Jésus lui répondit : Pourquoi m’appelez-vous bon ? Il n’y a que Dieu seul qui soit bon. Si vous voulez entrer dans la vie, gardez les commandements.

Quels commandements ? lui dit-il. Jésus lui dit : Vous ne tuerez point ; Vous ne commettrez point d’adultère ; Vous ne déroberez point ; Vous ne porterez point de faux témoignage ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 20, 13-16.

Honorez votre père et votre mère ; et. Aimez votre prochain comme vous-même.

Ce jeune homme lui répondit : J’ai gardé tous ces commandements dès ma jeunesse : que me manque-t-il encore ?

Jésus lui dit : Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous avez, et le donnez aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel : puis venez, et me suivez.

Ce jeune homme entendant ces paroles, s’en alla tout triste ; parce qu’il avait de grands biens.

Et Jésus dit à ses disciples : Je vous dis en vérité, qu’il est bien difficile qu’un riche entre dans le royaume des cieux.

Je vous le dis encore une fois : il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille, qu’il ne l’est qu’un riche entre dans le royaume des cieux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’était un proverbe usité chez les Juifs pour marquer une chose naturellement impossible. Les Arabes en ont un semblable.

Ses disciples entendant ces paroles, en furent fort étonnés, et ils disaient : Qui pourra donc être sauvé ?

Jésus les regardant, leur dit : Cela est impossible aux hommes ; mais tout est possible à Dieu.

Alors Pierre prenant la parole, lui dit : Pour nous autres, vous voyez que nous avons tout quitté, et que nous vous avons suivi : quelle sera donc la récompense que nous en recevrons ?

Et Jésus leur dit : Je vous dis en vérité, que pour vous qui m’avez suivi, lorsqu’au temps de la régénération le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez aussi assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël.

Et quiconque aura quitté pour mon nom sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle.

Mais plusieurs qui avaient été les premiers, seront les derniers ; et plusieurs qui avaient été les derniers, seront les premiers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 20, 16 ; Marc, 10, 31 ; Luc, 13, 30.