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Matthieu 18

EN ce même temps les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent : Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 9, 33 ; Luc, 9, 46.

Jésus ayant appelé un petit enfant, le mit au milieu d’eux,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 19, 14.

et leur dit : Je vous dis en vérité, que si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Corinthiens, 14, 20.

Quiconque donc s’humiliera et se rendra petit comme cet enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux ;

et quiconque reçoit en mon nom un enfant tel que je viens de dire, c’est moi-même qu’il reçoit.

Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendît au cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le jetât au fond de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 9, 41 ; Luc, 17, 2. ― De moulin ; littéralement, d’âne ; qu’un âne tourne. ― Dans chaque maison, on faisait moudre chaque jour la quantité de blé nécessaire pour l’usage de la famille ; il y avait par conséquent dans chaque maison un moulin à bras ou à âne, tourné dans le premier cas par une ou deux personnes. Le moulin à âne était plus grand, mais composé comme le moulin à bras de deux meules de pierres superposées, l’inférieure étant immobile et la supérieure mobile. Le grain était écrasé entre les deux meules.

Malheur au monde à cause des scandales ! car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive !

Si votre main ou votre pied vous est un sujet de scandale, coupez-les, et les jetez loin de vous : il vaut bien mieux pour vous que vous entriez dans la vie n’ayant qu’un pied ou qu’une main, que d’en avoir deux et être jeté dans le feu éternel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 5, 30 ; Marc, 9, 42. ― Dans la vie, c’est-à-dire dans la vie éternelle.

Et si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le, et le jetez loin de vous : il vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n’ayant qu’un œil, que d’en avoir deux et être précipité dans le feu de l’enfer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la géhenne, voir Matthieu, 5, 22.

Prenez bien garde de ne mépriser aucun de ces petits : je vous déclare que dans le ciel leurs anges voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 33, 8.

Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 19, 10.

Si un homme a cent brebis, et qu’une seule vienne à s’égarer, que pensez-vous qu’il fasse alors ? ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 15, 4.

Et s’il arrive qu’il la trouve, je vous dis en vérité, qu’elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont point égarées.

Ainsi votre Père qui est dans les cieux, ne veut pas qu’un seul de ces petits périsse.

Si votre frère a péché contre vous, allez lui représenter sa faute en particulier, entre vous et lui : s’il vous écoute, vous aurez gagné votre frère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 19, 17 ; Ecclésiastique, 19, 13 ; Luc, 17, 3 ; Jacques, 5, 19.

Mais s’il ne vous écoute point, prenez encore avec vous une ou deux personnes, afin que tout soit confirmé par l’autorité de deux ou trois témoins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 19, 15 ; Jean, 8, 17 ; 2 Corinthiens, 13, 1 ; Hébreux, 10, 28.

S’il ne les écoute pas non plus, dites-le à l’Église ; et s’il n’écoute pas l’Église même, qu’il soit à votre égard comme un païen et un publicain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Corinthiens, 5, 11 ; 2 Thessaloniciens, 3, 14. ― A l’Eglise, c’est-à-dire aux chefs, aux pasteurs de l’Eglise.

Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié aussi dans le ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre, sera aussi délié dans le ciel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 20, 23.

Je vous dis encore, que si deux d’entre vous s’unissent ensemble sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.

Car en quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, je m’y trouve au milieu d’eux.

Alors Pierre s’approchant, lui dit : Seigneur ! combien de fois pardonnerai-je à mon frère lorsqu’il aura péché contre moi ? sera-ce jusqu’à sept fois ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 17, 4.

Jésus lui répondit : Je ne vous dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois.

C’est pourquoi le royaume des cieux est comparé à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs ;

et ayant commencé à le faire, on lui en présenta un qui lui devait dix mille talents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quand il ne s’agirait ici que du petit talent des Egyptiens, des Arabes et des Juifs, ce serait toujours une somme prodigieuse pour un particulier. Le Sauveur a voulu nous faire comprendre par là que nos dettes envers Dieu sont incalculables. ― Le talent d’argent valant 8500 francs, dix mille talents font 85 000 000 de francs (en 1900). On peu supposer, du reste, que le débiteur de la parabole est un des principaux officiers du roi, un fermier ou un administrateur des revenus royaux. Dans une parabole juive, qui a quelque ressemblance avec la parabole évangélique, il s’agit du tribut que doit payer toute une ville et dont le roi la libère, sur sa demande.

Mais comme il n’avait pas le moyen de les lui rendre, son maître commanda qu’on le vendît lui, sa femme et ses enfants, et tout ce qu’il avait, pour satisfaire à cette dette.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Suivant l’ancien droit des Hébreux et de plusieurs autres peuples, un créancier pouvait vendre ou réduire en esclavage ses débiteurs insolvables. ― Dans diverses contrées de l’Orient, par exemple en Perse, aujourd’hui encore, la disgrâce royale entraîne la confiscation des biens, la perte des esclaves et quelquefois celle de la femme et des enfants du condamné.

Ce serviteur se jetant à ses pieds, le conjurait, en lui disant : Seigneur, ayez un peu de patience, et je vous rendrai tout.

Alors le maître de ce serviteur étant touché de compassion, le laissa aller, et lui remit sa dette.

Mais ce serviteur ne fut pas plutôt sorti, que trouvant un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, il le prit à la gorge, et l’étouffait presque, en lui disant : Rends-moi ce que tu me dois.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le denier, pièce d’argent des Romains, valait environ 0.80 centime (en 1900).

Et son compagnon se jetant à ses pieds, le conjurait, en lui disant : Ayez un peu de patience, et je vous rendrai tout.

Mais il ne voulut point l’écouter ; et il s’en alla le faire mettre en prison, pour l’y tenir jusqu’à ce qu’il lui rendît ce qu’il lui devait.

Les autres serviteurs, ses compagnons, voyant ce qui se passait, en furent extrêmement affligés, et avertirent leur maître de tout ce qui était arrivé.

Alors son maître l’ayant fait venir, lui dit : Méchant serviteur, je vous avais remis tout ce que vous me deviez, parce que vous m’en aviez prié :

ne fallait-il donc pas que vous eussiez aussi pitié de votre compagnon, comme j’avais eu pitié de vous ?

Et son maître étant ému de colère, le livra entre les mains des bourreaux, jusqu’à ce qu’il payât tout ce qu’il lui devait.

C’est ainsi que mon Père qui est dans le ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne du fond de son cœur à son frère les fautes qu’il aura commises contre lui.