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Matthieu 17

SIX jours après, Jésus ayant pris avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, les mena à l’écart sur une haute montagne,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 9, 1 ; Luc, 9, 28. ― Sur une haute montagne. On croit communément que c’est le Thabor dans la Galilée. ― C’est l’opinion qui a été soutenue par Eusèbe et saint Jérôme. Elle est néanmoins aujourd’hui très contestée, parce que le Sauveur était précédemment fort loin du Thabor, à Césarée de Philippe (voir Matthieu, 16, 13) et qu’après la transfiguration, les Evangélistes parlent de son retour en Galilée (voir Matthieu, 17, 21 ; Marc, 9, 29), sans mentionner aucun voyage dans l’intervalle. On pense donc que la montagne de la Transfiguration était située plus au nord, et à l’est du Jourdain, mais sans pouvoir la déterminer d’une manière précise.

et il fut transfiguré devant eux : son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la neige.

En même temps ils virent paraître Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.

Alors Pierre prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur ! nous sommes bien ici ; faisons-y, s’il vous plaît, trois tentes : une pour vous, une pour Moïse, et une pour Élie.

Lorsqu’il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit ; et il sortit de cette nuée une voix qui fit entendre ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection : écoutez-le.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 3, 17 ; 2 Pierre, 1, 17.

Les disciples les ayant entendues, tombèrent le visage contre terre, et furent saisis d’une grande crainte.

Mais Jésus s’approchant, les toucha, et leur dit : Levez-vous, et ne craignez point.

Alors levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul.

Lorsqu’ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit ce commandement, et leur dit : Ne parlez à personne de ce que vous venez de voir, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

Ses disciples l’interrogèrent alors, et lui dirent : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne auparavant ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 9, 10. ― Le prophète Malachie dit, en effet, qu’Elie doit venir avant le grand et épouvantable jour du Seigneur. Comparer à ce que nous avons dit un peu plus haut à Matthieu, note 11.14.

Mais Jésus leur répondit : Il est vrai qu’Élie doit venir, et qu’il rétablira toutes choses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Malachie, 4, 5.

Mais je vous déclare qu’Élie est déjà venu, et ils ne l’ont point connu ; mais ils l’ont traité comme il leur a plu. C’est ainsi qu’ils feront souffrir le Fils de l’homme.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 11, 14 ; 14, 10.

Alors ses disciples comprirent que c’était de Jean-Baptiste qu’il leur avait parlé.

Lorsqu’il fut venu vers le peuple, un homme s’approcha de lui, qui se jeta à genoux à ses pieds, et lui dit : Seigneur ! ayez pitié de mon fils qui est lunatique, et qui souffre beaucoup : car il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l’eau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 9, 16 ; Luc, 9, 38.

Je l’ai présenté à vos disciples ; mais ils n’ont pu le guérir.

Et Jésus répondit, en disant : Ô race incrédule et dépravée ! jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous souffrirai-je ? Amenez-moi ici cet enfant.

Et Jésus ayant menacé le démon, il sortit de l’enfant, lequel fut guéri au même instant.

Alors les disciples vinrent trouver Jésus en particulier, et lui dirent : Pourquoi n’avons-nous pu nous autres chasser ce démon ?

Jésus leur répondit : C’est à cause de votre incrédulité. Car je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne, Transporte-toi d’ici là ; et elle s’y transporterait ; et rien ne vous serait impossible.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 17, 6. ― Un grain de sénevé. Voir Matthieu, 13, 31.

Mais cette sorte de démons ne se chasse que par la prière et par le jeûne.

Lorsqu’ils étaient en Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 20, 18 ; Marc, 9, 30 ; Luc, 9, 44.

ils le feront mourir, et il ressuscitera le troisième jour. Ce qui les affligea extrêmement.

Étant venus à Capharnaüm, ceux qui recevaient le tribut des deux drachmes, vinrent trouver Pierre, et lui dirent : Votre Maître ne paye-t-il pas le tribut ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le didrachme ou double drachme valait environ quatre-vingt-un centimes. ― « Ce didrachme était la contribution d’un demi-sicle, ou de deux drachmes, que les familles juives étaient habituées à payer pour l’entretien du Temple. Vespasien le fit percevoir plus tard pour le Capitole. Les collecteurs s’adressent à saint Pierre, soit par respect pour le Sauveur, soit pour engager le disciple à s’acquitter à la place du maître. La réponse du Sauveur suppose clairement sa divinité. Pour ne pas scandaliser ceux qui l’ignorent, il consent à payer ; mais fait observer qu’il n’est pas soumis à l’impôt, et il révèle par un miracle cet acte de condescendance. Le statère avait la valeur d’un tétradrachme, trois francs environ, et par conséquent suffisait pour deux personnes. » (BACUEZ.) ― Capharnaüm, voir Matthieu, 4, 13.

Il leur répondit : Oui, il le paye. Et étant entré dans le logis, Jésus le prévint, et lui dit : Simon, que vous en semble ? De qui est-ce que les rois de la terre reçoivent les tributs et les impôts ? est-ce de leurs propres enfants, ou des étrangers ?

Des étrangers, répondit Pierre. Jésus lui dit : Les enfants en sont donc exempts.

Mais afin que nous ne les scandalisions point, allez-vous-en à la mer, et jetez votre ligne, et le premier poisson que vous tirerez de l’eau, prenez-le, et lui ouvrez la bouche ; vous y trouverez une pièce d’argent de quatre drachmes, que vous prendrez, et que vous leur donnerez pour moi et pour vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le statère valait quatre drachmes.