Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Matthieu 11 Matthieu 12 sur 28 chapitres Matthieu 13 →

Matthieu 12

EN ce temps-là Jésus passait le long des blés un jour de sabbat ; et ses disciples ayant faim se mirent à rompre des épis, et à en manger.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 2, 23 ; Luc, 6, 1. ― La loi mosaïque permettait à ceux qui avaient faim de cueillir quelques épis dans un champ (voir Deutéronome, 23, 25).

Ce que les pharisiens voyant, ils lui dirent : Voilà vos disciples qui font ce qu’il n’est point permis de faire aux jours du sabbat.

Mais il leur dit : N’avez-vous point lu ce que fit David, lorsque lui et ceux qui l’accompagnaient furent pressés de la faim ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 21, 6.

comme il entra dans la maison de Dieu, et mangea des pains de proposition, dont il n’était permis de manger, ni à lui, ni à ceux qui étaient avec lui, mais aux prêtres seuls.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 24, 9. ― Les pains de proposition sont ceux qu’on exposait tous les samedis sur la table d’or devant le Seigneur.

Ou n’avez-vous point lu dans la loi, que les prêtres aux jours du sabbat violent le sabbat dans le temple, et ne sont pas néanmoins coupables ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 28, 9.

Or je vous déclare, qu’il y a ici quelqu’un plus grand que le temple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que le temple, en grec, hiéron. Voir Matthieu, note 21.12.

Si vous saviez bien ce que veut dire cette parole, J’aime mieux la miséricorde que le sacrifice ; vous n’auriez jamais condamné des innocents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 15, 22, Ecclésiaste, 4, 17 ; Osée, 6, 6 ; Matthieu, 9, 13.

Car le Fils de l’homme est maître du sabbat même.

Étant parti de là, il vint en leur synagogue,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans leur synagogue. Voir Matthieu, 4, 23.

où il se trouva un homme qui avait une main sèche ; et ils lui demandèrent, pour avoir un sujet de l’accuser, s’il était permis de guérir aux jours de sabbat.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 1 ; Luc, 6, 6.

Mais il leur répondit : Qui sera l’homme d’entre vous, qui ayant une brebis qui vienne à tomber dans une fosse aux jours de sabbat, ne la prendra pas pour l’en retirer ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 22, 4. ― On a prétendu qu’il n’est pas permis aux Juifs, de retirer, le jour du sabbat, une bête d’un puits ou d’une fosse où elle serait tombée, et que, par conséquent, le discours de Jésus-Christ n’est pas conforme à la vérité. Nous convenons que cette défense existe, mais elle est bien postérieure au temps de Jésus-Christ.

Or combien un homme est-il plus excellent qu’une brebis ? Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat.

Alors il dit à cet homme : Étendez votre main. Il l’étendit, et elle devint saine comme l’autre.

Mais les pharisiens étant sortis, tinrent conseil ensemble contre lui sur les moyens qu’ils pourraient prendre pour le perdre.

Jésus le sachant, se retira de ce lieu-là ; et beaucoup de personnes l’ayant suivi, il les guérit tous.

Et il leur commanda de ne le point découvrir :

afin que cette parole du prophète Isaïe fût accomplie :

Voici mon serviteur, que j’ai élu ; mon bien-aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection : je ferai reposer sur lui mon Esprit, et il annoncera la justice aux nations.

Il ne disputera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les places publiques.

Il ne brisera point le roseau cassé, et n’achèvera point d’éteindre la mèche qui fume encore, jusqu’à ce qu’il fasse triompher la justice de sa cause ;

et les nations espéreront en son nom.

Commentaire (versets 18 à 21) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 18 à 21 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce texte d’Isaïe (voir Isaïe, 42, 1-4) s’applique à Jésus-Christ même dans le sens littéral. En effet, Jésus-Christ était Fils coéternel et consubstantiel au Père par sa nature divine, mais il s’est rendu son serviteur, comme le dit saint Paul, (voir Philippiens, 2, 2 (?)), en se revêtant de la chair et des infirmités humaines.

Alors on lui présenta un possédé, aveugle et muet ; et il le guérit, en sorte qu’il commença à parler et à voir.

Tout le peuple en fut rempli d’admiration ; et ils disaient : N’est-ce point là le Fils de David ?

Mais les pharisiens entendant cela, disaient : Cet homme ne chasse les démons que par la vertu de Béelzébub, prince des démons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 9, 34 ; Marc, 3, 22 ; Luc, 11, 15. ― Béelzébub. Voir Matthieu, 10, 25.

Or Jésus connaissant leurs pensées, leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même sera ruiné, et toute ville ou maison qui est divisée contre elle-même ne pourra subsister.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 11, 17.

Si Satan chasse Satan, il est divisé contre soi-même : comment donc son royaume subsistera-t-il ?

Et si c’est par Béelzébub que je chasse les démons, par qui vos enfants les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.

Si je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, le royaume de Dieu est donc parvenu jusqu’à vous.

Mais comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison du fort, et piller ses armes et ce qu’il possède, si auparavant il ne lie le fort, pour pouvoir ensuite piller sa maison ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le fort, ou le fort armé, comme l’appelle saint Luc (voir Luc, 11, 21), était le latriensis des anciens, c’est-à-dire un officier fidèle et vaillant à qui l’on confiait la garde d’une maison.

Celui qui n’est point avec moi, est contre moi ; et celui qui n’amasse point avec moi, dissipe.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jésus-Christ parle ici à des pharisiens, qui, par le seul refus qu’ils faisaient de croire en lui, formaient une opposition des plus fortes à la prédication de l’Evangile. Car, comme ils étaient les plus accrédités des Juifs, leur exemple empêchait un grand nombre de conversions.

C’est pourquoi je vous déclare, que tout péché et tout blasphème sera remis aux hommes ; mais le blasphème contre le Saint-Esprit ne leur sera point remis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 28-29 ; Luc, 12, 10.

Et quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, il lui sera remis ; mais si quelqu’un a parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera remis ni en ce siècle, ni dans le siècle à venir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il résulte du contexte même que le péché contre le Saint-Esprit, dont il est ici parlé, consiste à attribuer au démon les miracles du Sauveur. Or ce péché est dit irrémissible, parce qu’il est moralement impossible d’en obtenir la rémission, attendu qu’il y a une malice intrinsèque naturellement opposée au pardon. Il faudrait pour cela un miracle de la grâce que Dieu n’accorde pas selon le cours ordinaire de sa providence. D’un autre côté, c’est un dogme de la foi catholique qu’il n’y a aucun péché absolument irrémissible, l’Eglise ayant reçu le pouvoir de remettre tous les péchés sans exception, et Dieu, dans sa miséricorde, pouvant toucher le cœur du pécheur le plus endurci.

Ou dites que l’arbre est bon, et que le fruit en est bon aussi ; ou dites que l’arbre étant mauvais, le fruit aussi en est mauvais : car c’est par le fruit qu’on connaît l’arbre.

Race de vipères ! comment pouvez-vous dire de bonnes choses, vous qui êtes méchants ? car c’est de la plénitude du cœur que la bouche parle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 6, 45.

L’homme qui est bon, tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur ; et l’homme qui est méchant, tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.

Or je vous déclare, qu’au jour du jugement les hommes rendront compte de toute parole inutile qu’ils auront dite.

Car vous serez justifié par vos paroles, et vous serez condamné par vos paroles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Car c’est par tes paroles, etc. Il paraît que c’est un proverbe que l’évangéliste rapporte textuellement, puisque les verbes sont au singulier.

Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens lui dirent : Maître ! nous voudrions bien que vous nous fissiez voir quelque prodige.

Mais il leur répondit : Cette race méchante et adultère demande un prodige ; et on ne lui en donnera point d’autre que celui du prophète Jonas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 16, 4 ; Luc, 11, 29 ; 1 Corinthiens, 1, 22 ; Jonas, 2, 1.

Car comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si l’on a égard à la manière dont les Juifs divisaient le temps, on reconnaîtra sans peine que le corps de Jésus-Christ est resté trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

Les Ninivites s’élèveront au jour du jugement contre cette race, et la condamneront ; parce qu’ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas : et cependant il y a ici plus que Jonas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jonas, 3, 5.

La reine du Midi s’élèvera au jour du jugement contre cette race, et la condamnera ; parce qu’elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon : et cependant il y a ici plus que Salomon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 10, 1 ; 2 Paralipomènes, 9, 1. ― La reine du midi ; c’est-à-dire la reine de Saba, province d’Arabie située au sud de la Judée.

Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va dans des lieux arides cherchant du repos, et il n’y en trouve point.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Luc, 11, 24.

Alors il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti. Et revenant il la trouve vide, nettoyée et parée.

En même temps il va prendre avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; et entrant dans cette maison, ils y demeurent : et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. C’est ce qui arrivera à cette race criminelle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Pierre, 2, 20.

Lorsqu’il parlait encore au peuple, sa mère et ses frères étant arrivés, et se tenant au dehors, demandaient à lui parler.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Marc, 3, 31 ; Luc, 8, 19. ― On sait que chez les anciens et surtout chez les Hébreux le mot frère se prenait dans le sens de cousin et de proche en général. ― Sur les frères du Sauveur, voir la note 34 de M. Glaire à la fin du volume.

Et quelqu’un lui dit : Voilà votre mère et vos frères qui sont dehors, et qui vous demandent.

Mais il répondit à celui qui lui dit cela : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ?

Et étendant sa main vers ses disciples : Voici, dit-il, ma mère et mes frères.

Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère.

Commentaire (versets 48 à 50) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 48 à 50 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

La réponse du Sauveur signifie, selon l’explication des Pères, que quand il s’agit de la gloire et des intérêts de Dieu, on ne doit considérer ni parents ni amis ; pas plus qu’on ne doit considérer la chair et le sang, dès qu’ils s’opposent à ce que Dieu demande de nous. Enfin Jésus-Christ nous apprend par là qu’il préfère aux parents et aux amis selon la chair, ceux qui lui sont attachés selon l’esprit, ceux qui l’écoutent, qui l’aiment et qui le suivent. Ainsi sa réponse n’avait nullement pour but de montrer du mépris pour sa mère et ses parents.