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Matthieu 11
JÉSUS ayant achevé de donner ces instructions à ses douze disciples, partit de là pour s’en aller enseigner et prêcher dans les villes d’alentour.
Or Jean ayant appris dans la prison les œuvres merveilleuses de Jésus-Christ, envoya deux de ses disciples
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 7, 18. ― Saint Jean-Baptiste était prisonnier à Machéronte, à l’est de la mer Morte. Voir Matthieu, note 14.3.
lui dire : Êtes-vous celui qui doit venir, ou si nous devons en attendre un autre ?
Jésus leur répondit ; Allez raconter à Jean ce que vous avez entendu et ce que vous avez vu.
Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, l’Évangile est annoncé aux pauvres ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 35, 5 ; 61, 1.
et heureux est celui qui ne prendra point de moi un sujet de scandale et de chute.
Lorsqu’ils s’en furent allés, Jésus commença à parler de Jean au peuple en cette sorte : Qu’êtes-vous allés voir dans le désert ? un roseau agité du vent ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 7, 24.
Qu’êtes-vous, dis-je, allés voir ? un homme vêtu avec luxe et avec mollesse ? Vous savez que ceux qui s’habillent de cette sorte, sont dans les maisons des rois.
Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète.
Car c’est de lui qu’il a été écrit : J’envoie devant vous mon ange, qui vous préparera la voie où vous devez marcher.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Malachie, 3, 1 ; Marc, 1, 2 ; Luc, 7, 27.
Je vous le dis en vérité : entre ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point eu de plus grand que Jean-Baptiste ; mais celui qui est le plus petit dans le royaume des cieux, est plus grand que lui.
Or, depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux se prend par violence, et ce sont les violents qui l’emportent.
Car jusqu’à Jean tous les prophètes, aussi bien que la loi, ont prophétisé :
et si vous voulez comprendre ce que je vous dis, c’est lui-même qui est cet Élie qui doit venir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La prophétie de Malachie (voir Malachie, 4, 5-6), dont l’objet littéral est l’avènement personnel d’Elie, qui doit précéder le dernier avènement, se trouve aussi vérifiée dans un premier sens moins littéral en la personne de Jean-Baptiste, qui fut suscité dans l’esprit et dans la vertu d’Elie (voir Luc, 1, 17) pour précéder le Messie, au temps de son dernier avènement. Les Juifs, qui confondaient ce double avènement du Messie, attendaient alors Elie même en personne.
Que celui-là l’entende, qui a des oreilles pour entendre.
Mais à qui dirai-je que ce peuple-ci est semblable ? Il est semblable à ces enfants qui sont assis dans la place, et qui criant à leurs compagnons,
leur disent : Nous avons chanté pour vous réjouir, et vous n’avez point dansé ; nous avons chanté des airs lugubres pour vous, et vous n’avez point témoigné de deuil.
Car Jean est venu ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il est possédé du démon.
Le Fils de l’homme est venu mangeant et buvant, et ils disent : Voilà un homme qui aime à faire bonne chère et à boire du vin ; il est ami des publicains et des gens de mauvaise vie : mais la sagesse a été Justifiée par ses enfants.
Alors il commença à faire des reproches aux villes dans lesquelles il avait fait beaucoup de miracles, de ce qu’elles n’avaient point fait pénitence.
Malheur à toi, Corozaïn ! malheur à toi, Bethsaïde ! parce que si les miracles qui ont été faits au milieu de vous, avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 10, 13. ― Corozaïn, bourgade de Galilée, qui n’est mentionnée ni dans l’Ancien Testament ni dans Josèphe. Saint Jérôme dit qu’elle était située à deux mille romains de Capharnaüm, sur les bords du lac de Génésareth. Beaucoup la placent aujourd’hui au nord de Capharnaüm dans la plaine. ― Bethsaïde, ville de Galilée, dont le nom signifie maison de pêche, située sur la rive occidentale du lac de Génésareth, non loin de Capharnaüm. Il y avait à l’extrémité septentrionale du lac, à l’est, près du Jourdain, une autre Bethsaïde, qui faisait partie de la Gaulonitide ; elle fut agrandie par Philippe le tétrarque et reçut le surnom de Julias, en l’honneur de Julie, fille de l’empereur Auguste. D’après plusieurs interprètes, la Bethsaïde dont il est question dans saint Luc, 9, 10, et aussi dans saint Marc, 8, 22, est Bethsaïde-Julias ; dans tous les autres passages du Nouveau Testament où Bethsaïde est nommée, il faut entendre celle de Galilée. ― Tyr et Sidon. Voir Marc, 3, 8.
C’est pourquoi je vous déclare, qu’au jour du jugement Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.
Et toi, Capharnaüm, t’élèveras-tu toujours jusqu’au ciel ? Tu seras abaissée jusqu’au fond de l’enfer ; parce que si les miracles qui ont été faits au milieu de toi, avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait peut-être encore aujourd’hui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Capharnaüm. Voir Matthieu, 8, 5.
C’est pourquoi je te déclare, qu’au jour du jugement le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi.
Alors Jésus dit ces paroles : Je vous rends gloire, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre ! de ce que tandis que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, vous les avez révélées aux simples et aux petits.
Oui, mon Père ! je vous en rends gloire, parce qu’il vous a plu que cela fût ainsi.
Mon Père m’a mis toutes choses entre les mains : et nul ne connaît le Fils que le Père ; comme nul ne connaît le Père que le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 6, 46 ; 7, 28 ; 8, 19 ; 10, 15.
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soulagerai.
Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 6, 16.
car mon joug est doux, et mon fardeau est léger.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Jean, 5, 3.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par les villes des douze apôtres, on peut entendre celles de la Galilée, où les apôtres étaient tous ou presque tous nés.