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Matthieu 10
ALORS Jésus ayant appelé ses douze disciples, leur donna puissance sur les esprits impurs pour les chasser, et ; pour guérir toutes sortes de langueurs et de maladies.
Or voici les noms des douze apôtres : Le premier, Simon, qui est appelé Pierre, et André, son frère ;
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;
Simon le Cananéen, et Judas Iscariote, qui est celui qui le trahit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Judas Iscariote, c’est-à-dire de Carioth, ville de la tribu de Juda (voir Josué, 15, 25).
Jésus envoya ces douze, après leur avoir donné les instructions suivantes : N’allez point vers les gentils, et n’entrez point dans les villes des Samaritains ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Samaritains, ainsi nommés parce qu’ils habitaient la Samarie, étaient les descendants des étrangers transportés dans ce pays après la ruine du royaume d’Israël, et les ennemis invétérés des Juifs. Voir 4 Rois, chapitre 17.
mais allez plutôt aux brebis perdues de la maison d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 13, 46.
Et dans les lieux où vous irez, prêchez, en disant que le royaume des cieux est proche.
Rendez la santé aux malades, ressuscitez les morts, guérissez les lépreux, chassez les démons : donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement.
Ne vous mettez point en peine d’avoir de l’or ou de l’argent, ou d’autre monnaie dans votre bourse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 6, 8 ; Luc, 9, 3 ; 10, 4. ― On portait autrefois la bourse suspendue à la ceinture ; on mettait aussi l’argent dans la ceinture elle-même, qui était creuse et large, comme le sont encore la plupart de celle des Orientaux.
Ne préparez ni un sac pour le chemin, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton : car celui qui travaille, mérite qu’on le nourrisse.
En quelque ville ou en quelque village que vous entriez, informez-vous qui y est digne de vous loger, et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous vous en alliez.
Entrant dans la maison, saluez-la, en disant : Que la paix soit dans cette maison.
Si cette maison en est digne, votre paix viendra sur elle ; et si elle n’en est pas digne, votre paix reviendra à vous.
Lorsque quelqu’un ne voudra point vous recevoir, ni écouter vos paroles, secouez, en sortant de cette maison ou de cette ville, la poussière de vos pieds.
Je vous le dis en vérité : au jour du jugement Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sodome avait été détruite, de même que Gomorrhe, à cause de ses crimes, par la vengeance divine (voir Genèse, 19, 24), qui fit pleuvoir sur elles une pluie de soufre et de feu.
Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups : soyez donc prudents comme des serpents, et simples comme des colombes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 10, 3.
Mais donnez-vous de garde des hommes : car ils vous feront comparaître dans leurs assemblées, et ils vous feront fouetter dans leurs synagogues ;
et vous serez présentés à cause de moi aux gouverneurs et aux rois, pour leur servir de témoignage, aussi bien qu’aux nations.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En témoignage pour eux et pour les nations ; c’est-à-dire pour servir de témoignage et de preuve irrécusable du soin que Dieu a pris de leur faire annoncer la doctrine du salut, et de l’opiniâtreté avec laquelle ils l’ont refusée.
Lors donc qu’on vous livrera entre leurs mains, ne vous mettez point en peine comment vous leur parlerez, ni de ce que vous leur direz : car ce que vous devez leur dire vous sera donné à l’heure même ;
puisque ce n’est pas vous qui parlez, mais que c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous.
Or le frère livrera le frère à la mort, et le père le fils ; les enfants se soulèveront contre leurs pères et leurs mères, et les feront mourir ;
et vous serez haïs de tous les hommes à cause de mon nom ; mais celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu’à la fin.
Lors donc qu’ils vous persécuteront dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité : vous n’aurez pas achevé d’instruire toutes les villes d’Israël avant que le Fils de l’homme vienne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 8, 39, Luc, 9, 27. ― Jusqu’à ce que vienne le Fils de l’homme… Voir Matthieu, note 16.28 et Jean, note 21.22.
Le disciple n’est point au-dessus du maître, ni l’esclave au-dessus de son seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 6, 40 ; Jean, 13, 16 ; 15, 20.
C’est assez au disciple d’être comme son maître, et à l’esclave d’être comme son seigneur. S’ils ont appelé le père de famille Béelzébub, combien plutôt traiteront-ils de même ses domestiques !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Béelzébub était le nom d’une idole des Philistins. Les Juifs donnaient ce nom au démon, parce que les faux dieux sont des démons.
Ne les craignez donc point : car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 4, 22 ; Luc, 8, 17 ; 12, 2.
Dites dans la lumière ce que je vous dis dans l’obscurité, et prêchez sur le haut des maisons ce qu’on vous dit à l’oreille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur les toits. Les toits des maisons orientales sont en forme de terrasse. Voir Marc, note 2.4.
Ne craignez point ceux qui tuent le corps, et qui ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt celui qui peut perdre et l’âme et le corps dans l’enfer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la géhenne. Voir Matthieu, note 5.22.
N’est-il pas vrai que deux passereaux ne se vendent qu’une obole ? et néanmoins il n’en tombe aucun sur la terre sans la volonté de votre Père.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Rois, 14, 11 ; Actes des Apôtres, 27, 34. ― Un as. Comparer à Matthieu, 5, 26. ― Sans votre Père ; c’est-à-dire sans la volonté, sans l’ordre de votre Père. Le Sauveur veut faire entendre ici à ses apôtres qu’ils sont sous la protection spéciale du Père céleste, et que, par conséquent, ils n’ont rien à craindre de la part des hommes.
Mais pour vous, les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés.
Ainsi ne craignez point : vous valez beaucoup mieux qu’un grand nombre de passereaux.
Quiconque donc me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 8, 38 ; Luc, 9, 26 ; 12, 8 ; 2 Timothée, 2, 12.
et quiconque me renoncera devant les hommes, je le renoncerai aussi moi-même devant mon Père qui est dans les cieux.
Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu y apporter la paix, mais l’épée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 12, 51. ― L’Evangile est ce glaive qui sépare un fils de son père, quand ce père veut persister dans son infidélité, etc. Et le verset suivant n’est que l’explication de celui-ci.
Car je suis venu séparer l’homme d’avec son père, la fille d’avec sa mère, et la belle-fille d’avec sa belle-mère :
et l’homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Michée, 7, 5.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 14, 26.
Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 16, 24 ; Marc, 8, 34 ; Luc, 14, 27.
Celui qui conserve sa vie, la perdra ; et celui qui aura perdu sa vie pour l’amour de moi, la retrouvera.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 16, 25 ; Luc, 9, 24 ; 17, 33 ; Jean, 12, 25. ― Celui qui sauvera sa vie (Qui invenit animam suam) ; c’est-à-dire qui tient beaucoup à sa vie, qui tient par-dessus tout à la conserver. Le mot vie (âme en grec et en latin), désigne la vie passagère du corps et la vie éternelle de l’âme. Notre-Seigneur joue ici et dans les passages parallèles sur ces deux sens. Dans l’Ecriture, le mot âme (anima), ou substance spirituelle, se prend en effet aussi pour la vie et les biens de ce monde, et pour la personne même, le soi.
Celui qui vous reçoit, me reçoit : et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 10, 16 ; Jean, 13, 20.
Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra la récompense du prophète ; et celui qui reçoit un juste en qualité de juste, recevra la récompense du juste ;
et quiconque aura donné seulement à boire un verre d’eau froide à l’un de ces plus petits, comme étant de mes disciples, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 9, 40.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 3, 13 ; Luc, 6, 13 ; 9, 1.