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Malachie 1

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Sentence. Parole de Yahweh à Israël par l’intermédiaire de Malachie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Malheur accablant. Voir Isaïe, 13, 1. ― Par l’entremise (per manum), voir Aggée, 1, 1.

Je vous ai aimés, dit Yahweh ; et vous dites : « En quoi nous as-tu aimés ? » — Esaü n’est-il pas frère de Jacob ? — oracle de Yahweh ; et j’ai aimé Jacob,

mais j’ai haï Esaü ; j’ai fait de ses montagnes une solitude, et livré son héritage aux chacals du désert.

Commentaire (versets 2 à 3) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 2 à 3 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

J’ai aimé Jacob, mais j’ai haï Esaü, en prévision des bonnes dispositions de l’un et des mauvaises inclinations de l’autre. Saint Paul (voir Romains, 9, vv. 11, 13), et après lui saint Augustin et la plupart des écrivains ecclésiastiques ont enseigné que ces deux frères étaient la figure des élus et des réprouvés. Une solitude. Outre que l’Idumée était stérile d’elle-même, elle avait été ravagée par l’armée de Nabuchodonosor, cinq ans après la prise de Jérusalem (voir Isaïe, chapitre 21 et suivants (?) ; Jérémie, 49, verset 7 et suivants ; Ezéchiel, 25, 13 ; 35, 3 ; Amos, 1, 11-12). ― A l’époque où prophétisait Malachie, les Nabatéens s’étaient emparés de l’Idumée et en avaient chassé pour toujours les anciens habitants. ― Aux dragons du désert ; d’après l’original, aux chacals.

Si Edom dit : « Nous avons été détruits, mais nous rebâtirons les ruines, » — ainsi parle Yahweh des armées : Eux, ils bâtiront, et moi, je renverserai ; et l’on dira d’eux : « Territoire d’iniquité, peuple contre lequel Yahweh est irrité pour toujours. »

Vos yeux le verront, et vous vous direz : « Que Yahweh soit glorifié sur le territoire d’Israël ! »

Un fils honore son père, et un serviteur son maître. Or, si je suis père, moi, où est l’honneur qui m’appartient ? Et si je suis Seigneur, où est la crainte qui m’est due ? dit Yahweh des armées, à vous, prêtres, qui méprisez mon nom. Vous dites : « En quoi avons-nous méprisé ton nom ? »

En ce que vous apportez sur mon autel un pain souillé. Et vous dites : « En quoi t’avons-nous souillé ? » En ce que vous dites : « La table de Yahweh est chose vile. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pain. Par ce mot, les Hébreux entendaient toutes sortes d’aliments.

Quand vous présentez une bête aveugle pour la sacrifier, il n’y a pas de mal ! Et quand vous en amenez une boiteuse et malade, il n’y a pas de mal ! Va donc l’offrir à ton gouverneur ? T’agréera-t-il ? Te sera-t-il favorable ? dit Yahweh des armées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si vous offrez, etc. Dieu voulait que toutes les victimes qu’on lui offrait fussent sans défaut (voir Lévitique, 22, 21-22 ; Deutéronome, 15, 21). ― S’il accueillera ta face ; hébraïsme, pour, s’il te recevra favorablement.

Et maintenant, suppliez donc Dieu d’avoir pitié de vous ! C’est par votre main que cela s’est fait ; sera-t-il amené par vous à avoir des égards ? dit Yahweh des armées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cela, c’est-à-dire, les abus, les désordres, signalés dans les versets précédents. ― Il accueillera vos faces. Voir le verset 8.

Que l’un d’entre vous ne ferme-t-il plutôt les portes, pour que vous n’embrasiez pas mon autel en pure perte ! Je ne prends pas plaisir en vous, dit Yahweh des armées, et je n’agrée pas d’offrande de votre main.

Car, du lever du soleil à son coucher, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on offre à mon nom de l’encens et une oblation pure, car mon nom est grand parmi les nations, dit Yahweh des armées.

Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Il y a dans ces versets deux points qui ne sauraient être exprimés d’une manière plus précise et plus explicite : le premier, l’abolition des sacrifices et des cérémonies de l’ancienne loi ; le second, un sacrifice entièrement pur, offert au Seigneur en tout lieu, et au milieu des nations. On a prétendu que les paroles du Prophète devaient s’entendre du temps où il les prononça, puisque les verbes sont au présent et non au futur. Mais d’abord il y a un verbe au futur et au verset 10, savoir, je recevrai (suscipiam). En second lieu, saint Jérôme, lui-même, tout en traduisant par le présent, a vu dans ce passage, avec les autres Pères de l’Eglise, une vraie prophétie, annonçant des choses futures : ubi manifestissima prophetia de futuris texitur. Troisièmement, dans le texte hébreu, il n’y a pas un seul verbe à un temps défini ; il n’y a que des participes qui supposent le verbe être sous-entendu. Or les participes en hébreu ne renferment en eux-mêmes aucune idée des temps : ce sont plutôt des noms verbaux qui ne peuvent être déterminés à un temps particulier que par le contexte. Quatrièmement enfin, comme nous l’avons remarqué plus haut (page 2 (?)), il arrive souvent aux prophètes de représenter comme déjà accomplis des faits qui ne doivent l’être que dans un temps à venir. Voir Psaumes, 112, 3.

Et vous, vous le profanez quand vous dites : « La table du Seigneur est souillée, et ce qu’elle rapporte n’est qu’une méprisable nourriture. »

Et vous dites : « Voici ! Quel ennui ! » et vous la dédaignez, dit Yahweh des armées. Et vous amenez ce qui est dérobé, ce qui est boiteux et ce qui est malade, et vous présentez cette offrande ! Puis-je l’agréer de votre main ? dit Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voilà de notre travail (Ecce de labore). Après ecce, est évidemment sous-entendu un mot du genre neutre, tel que aliquid, negotium, oblatum, avec lequel puisse s’accorder le pronom neutre suivant : illud. Ainsi le sens paraît être : Ce que nous vous offrons est le fruit le plus excellent de notre travail, et cependant vous avez soufflé dessus ; c’est-à-dire, vous le méprisez au fond, puisque c’est un animal, etc. Voir le verset 8.

Maudit soit le fraudeur, celui qui, ayant dans son troupeau un mâle, fait un vœu, et sacrifie au Seigneur une bête chétive ! Car je suis un grand roi, dit Yahweh des armées, et mon nom est redouté chez les nations.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un mâle sans défaut était la victime désignée par la loi pour les vœux faits au Seigneur (voir Lévitique, 22, verset 18 et suivants).