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Zacharie 1

LA seconde année du règne de Darius, le huitième mois, le Seigneur adressa sa parole au prophète Zacharie, fils de Barachie, fils d’Addo, et lui dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Darius, fils d’Hystaspe, roi de Perse. ― Au huitième mois de l’année sacrée, et second de l’année civile, lequel commençait à la nouvelle lune d’octobre, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle de novembre. ― Disant (dicens). Voir Aggée, 1, 1.

Le Seigneur a conçu une violente indignation contre vos pères.

Vous leur direz donc ceci : Voici ce que dit le Seigneur des armées : Retournez-vous vers moi, dit le Seigneur des armées, et je me retournerai vers vous, dit le Seigneur des armées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 21, 12 ; 31, 6 ; 45, 22 ; Jérémie, 3, 12 ; Ezéchiel, 18, 30 ; 33, 11 ; Osée, 14, 2 ; Joël, 2, 12 ; Malachie, 3, 7.

Ne soyez pas comme vos pères, auxquels les prophètes qui vous ont devancés, ont si souvent adressé leurs paroles et leurs cris, en disant : Voici ce que dit le Seigneur des armées : Convertissez-vous, quittez vos mauvaises voies, et la malignité de vos pensées corrompues. Et cependant ils ne m’ont point écouté, et Ils n’ont point fait d’attention à ce que je leur disais, dit le Seigneur.

Où sont maintenant vos pères ? et les prophètes vivront-ils éternellement ?

Mais vos pères n’ont-ils pas éprouvé sur eux-mêmes la vérité de mes paroles, et des justes remontrances que je leur avais fait faire par les prophètes mes serviteurs ? et ne sont-ils pas enfin rentrés en eux-mêmes, en disant : Le Seigneur des armées a exécuté la résolution qu’il avait prise de nous traiter selon le déréglement de nos voies et de nos œuvres ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Décrets ; c’est le vrai sens de legitima, expliqué par l’hébreu. ― Inventions ; dans l’hébreu, actions, œuvres.

La seconde année du règne de Darius, le vingt-quatrième jour du onzième mois, appelé Sabat, le Seigneur adressa sa parole au prophète Zacharie, fils de Barachie, fils d’Addo.

J’eus alors une vision pendant la nuit : Je voyais un homme monté sur un cheval roux, qui se tenait parmi des myrtes plantés en un lieu bas et profond, et il y avait après lui des chevaux, dont les uns étaient roux, d’autres marquetés, et les autres blancs.

Je dis alors : Seigneur, qui sont ceux-ci ? Et l’ange qui parlait en moi, me dit : Je vous ferai voir ce que c’est que cette vision.

Alors celui qui se tenait parmi les myrtes, prenant la parole, me dit : Ceux-ci que vous voyez sont ceux que le Seigneur a envoyés parcourir toute la terre.

Et ceux-là s’adressant à l’ange du Seigneur, qui était parmi les myrtes, lui dirent : Nous avons parcouru la terre, et toute la terre maintenant est habitée et en repos.

L’ange du Seigneur parla ensuite, et dit : Seigneur des armées ! jusques à quand différerez-vous à faire miséricorde à Jérusalem, et aux villes de Juda, contre lesquelles votre colère s’est émue ? Voici déjà la soixante et dixième année.

Alors le Seigneur répondit à l’ange qui parlait en moi, et lui fit entendre de bonnes paroles, des paroles de consolation.

Et l’ange qui parlait en moi, me dit : Criez, et dites : Voici ce que dit le Seigneur des armées : J’ai un grand zèle et un grand amour pour Jérusalem et pour Sion.

Et j’ai conçu une grande indignation contre les nations puissantes qui l’ont affligée avec excès, lorsque j’étais seulement un peu en colère contre elle.

C’est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur : Je reviendrai à Jérusalem avec des entrailles de miséricorde : ma maison y sera bâtie de nouveau, dit le Seigneur des armées ; et on étendra encore le cordeau sur Jérusalem.

Criez encore, et dites : Voici ce que dit le Seigneur des armées : Mes villes seront encore comblées de biens : le Seigneur consolera encore Sion, et choisira encore Jérusalem pour le lieu de sa demeure.

Commentaire (versets 7 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ire section : Vision sur le sort futur des Juifs, du chapitre 1, verset 7 au chapitre 6. ― Trois mois après sa vocation au ministère prophétique, en l’an 521, Zacharie eut une nuit plusieurs visions. ― 1° Dans la première, chapitre 1, versets 8 à 17, il vit un cavalier au milieu des myrtes, signe de miséricorde et de bénédictions célestes pour Jérusalem.

J’élevai ensuite les yeux, et j’eus cette vision : Je voyais quatre cornes devant moi.

Et je dis à l’ange qui parlait en moi : Qu’est-ce que cela ? Il me répondit : Ce sont les cornes qui ont dissipé Juda, Israël et Jérusalem.

Le Seigneur me fit voir ensuite quatre ouvriers en fer.

Et je lui dis : Que viennent faire ceux-ci ? Il me répondit : Vous voyez les cornes qui ont tellement accablé tous les hommes de Juda, qu’il n’y en a pas un seul qui ose lever la tête ; mais ceux-ci sont venus pour les frapper de terreur, et pour abattre les cornes et la puissance des nations, qui se sont élevées contre le pays de Juda, pour en disperser tous les habitants.

Commentaire (versets 18 à 21) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 18 à 21 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

2° Dans la seconde vision, chapitre 1, versets 18 à 21, Zacharie vit quatre cornes et quatre forgerons, symboles de la ruine des peuples qui ont persécuté Juda ; les quatre forgerons brisent les quatre cornes, c’est-à-dire les Chaldéens, les Perses, les Grecs et les Romains. Quatre ouvriers. La qualité de ces ouvriers n’est déterminée ni par l’hébreu, ni par le chaldéen, ni par les Septante ; mais on pense communément que c’étaient des forgerons, peut-être parce qu’on se les représente comme armés de marteaux pour abattre les quatre cornes. Saint Jérôme regarde ces ouvriers comme des figures des anges qui en diverses occasions ont affaibli les quatre grands empires. Les épouvanter. Le pronom les étant au neutre (ea) se rapporte grammaticalement à cornes (cornua), puisque ce mot est également du neutre en latin. L’hébreu met le masculin ; mais le sens est le même puisque les cornes signifient proprement les rois et les princes ennemis du peuple de Dieu.