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Jonas 4
ALORS Jonas fut saisi d’une grande affliction, et il se fâcha ;
et s’adressant au Seigneur, il lui dit : Seigneur ! n’est-ce pas là ce que je disais lorsque j’étais encore en mon pays ? C’est pour cela que j’ai pris d’abord la résolution de fuir vers Tharsis. Car je savais que vous êtes un Dieu clément, bon, patient, plein de miséricorde, et qui pardonnez les péchés des hommes.
Je vous conjure donc, Seigneur ! de retirer maintenant mon âme de mon corps ; parce que la mort m’est meilleure que la vie.
Le Seigneur lui dit : Croyez-vous que votre colère soit bien raisonnable ?
Jonas sortit ensuite de Ninive, et s’assit du côté de l’orient : il se fit là un petit couvert de feuillages où il se reposa à l’ombre, jusqu’à ce qu’il eût vu ce qui arriverait à la ville.
Le Seigneur Dieu fit naître alors un lierre qui s’éleva au-dessus de la tête de Jonas, pour lui faire ombre, et pour le mettre à couvert, parce qu’il était fort incommodé de la chaleur : ce qu’il reçut avec une extrême joie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un lierre (hedera). Selon l’opinion la plus généralement reçue, il faut l’entendre du ricin, comme l’a fait saint Jérôme lui-même, en avouant qu’il ne s’est servi du mot hedera, que parce que la langue latine ne lui en fournissait pas d’autre qui signifiât la plante désignée par le terme de l’original.
Le lendemain dès le point du jour le Seigneur envoya un ver qui, ayant piqué la racine de ce lierre, le rendit tout sec.
Le soleil ayant paru ensuite, le Seigneur fit lever un vent chaud et brûlant ; et les rayons du soleil donnant sur la tête de Jonas, il se trouva dans un étouffement et dans un abattement extrême ; et il souhaita de mourir en disant : La mort m’est meilleure que la vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il demanda, etc. ; il souhaita la mort. Comparer au verset 3.
Alors le Seigneur dit à Jonas : Pensez-vous avoir raison de vous fâcher pour ce lierre ? Jonas lui répondit : J’ai raison de me fâcher jusqu’à souhaiter la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il est bien, etc. ; j’ai raison de m’irriter jusqu’à souhaiter de mourir.
Le Seigneur lui dit ; Vous vous fâchez pour un lierre qui ne vous avait point coûté de peine, qui est crû sans vous, qui est né en une nuit, et qui est mort la nuit suivante :
et moi je ne pardonnerais pas à la grande ville de Ninive, où il y a plus de cent vingt mille personnes qui ne savent pas discerner leur main droite d’avec leur main gauche, et un grand nombre d’animaux ?
Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
« Episode incomparable, un des plus beaux de l’Ecriture, et auquel irait bien comme épilogue cette autre parole du Seigneur dans Osée : « Je ne donnerai pas cours aux emportements de ma colère, et je n’en viendrai pas à perdre Ephraïm, car je suis Dieu, moi, et non pas homme. » Voir Osée, 11, 9. (G. LONGHAYE.) Cent vingt mille hommes, etc. on a calculé qu’il devait y avoir, d’après ce nombre de 120 000 enfants, environ 600 000 habitants à Ninive.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 85, 5 ; Joël, 2, 13.