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Jonas 3

LE Seigneur parla une seconde fois à Jonas, et lui dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.

Allez présentement en la grande ville de Ninive, et prêchez-y ce que je vous ordonne de leur dire.

Jonas partit aussitôt, et alla à Ninive, selon l’ordre du Seigneur : Ninive était une grande ville qui avait trois jours de chemin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une grande cité de trois jours de chemin, c’est-à-dire qu’il fallait trois jours pour en parcourir les rues et y annoncer les menaces du Seigneur.

Et Jonas y étant entré, y marcha pendant un jour ; et il cria en disant : Dans quarante jours Ninive sera détruite.

Les Ninivites crurent à la parole de Dieu ; ils ordonnèrent un jeûne public, et se couvrirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 12, 41 ; Luc, 11, 32.

Cette nouvelle ayant été portée au roi de Ninive, il se leva de son trône, quitta ses habits royaux, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le bruit, la nouvelle ; c’est le sens qu’a assez fréquemment dans la Vulgate le mot verbum, et son correspondant hébreu. Cependant il peut signifier la parole de Jonas en particulier (voir verset 4), ou bien l’événement qui s’ensuivit, ou bien enfin l’une et l’autre ; car le même terme s’emploie de ces différentes manières. ― Au roi de Ninive. Le nom de ce roi n’est pas connu d’une manière certaine, mais l’on peut admettre que c’était Rammannisar, contemporain de Jonas, qui régna de 810 à 782 avant notre ère.

Ensuite il fit crier partout et publier dans Ninive cet ordre, comme venant de la bouche du roi et de ses princes : Que les hommes, les chevaux, les bœufs et les brebis ne mangent rien, qu’on ne les mène point aux pâturages, et qu’ils ne boivent point d’eau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il cria et dit par la bouche ; suivant l’hébreu, il fit crier et dire par l’ordre.

Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, et qu’ils crient au Seigneur de toute leur force : que chacun se convertisse ; qu’il quitte sa mauvaise voie, et l’iniquité dont ses mains sont souillées.

Qui sait si Dieu ne se retournera point vers nous pour nous pardonner, s’il n’apaisera point sa fureur et sa colère, et s’il ne changera point l’arrêt qu’il a donné pour nous perdre ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 18, 11 ; Joël, 2, 14.

Dieu donc considéra leurs œuvres ; il vit qu’ils s’étaient convertis en quittant leur mauvaise voie ; et la compassion qu’il eut d’eux, l’empêcha de leur envoyer les maux qu’il avait résolu de leur faire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’ils étaient convertis, etc. (quia conversi sunt) ; forme un second complément du verbe il vit (vidit), ou bien la particule quia est purement explicative, comme sa correspondante hébraïque l’est quelquefois.