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Jonas 1
LE Seigneur adressa sa parole à Jonas, fils d'Amathi, et lui dit :
Allez présentement en la grande ville de Ninive, et y prêchez ; parce que la voix de sa malice s'est élevée jusqu'à moi.
Jonas donc se mit en chemin ; mais il résolut d’aller à Tharsis pour fuir de devant la face du Seigneur. Il descendit au rivage de Joppé, et ayant trouvé un vaisseau qui faisait voile à Tharsis, il y entra avec les autres, et paya son passage pour aller en cette ville, et fuir de devant la face du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avec les autres ; littéralement avec eux (cum eis), c’est-à-dire avec les passagers. ― Tharsis. Voir Isaïe, 2, 16. ― Joppé, aujourd’hui Jaffa, port de mer sur la Méditerranée, à l’ouest de Jérusalem.
Mais le Seigneur envoya sur la mer un vent furieux ; et une grande tempête s’étant excitée, le vaisseau était en danger d’être brisé.
La peur saisit les mariniers : chacun invoqua son dieu avec de grands cris ; et ils jetèrent dans la mer toute la charge du vaisseau pour le soulager. Cependant Jonas étant descendu au fond du navire, y dormait d’un profond sommeil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les hommes, etc. ; selon l’hébreu, ils (les matelots) crièrent, chacun vers son Dieu. ― Descendit, ou plutôt était descendu, car c’est le vrai sens de l’hébreu.
Et le pilote s’approchant de lui, lui dit : Comment pouvez-vous ainsi dormir ? Levez-vous, invoquez votre Dieu ; et peut-être que Dieu se souviendra de nous, et ne permettra pas que nous périssions.
Ils se dirent ensuite l’un à l’autre : Allons, jetons le sort, pour savoir d’où ce malheur a pu nous venir. Et ayant jeté le sort, il tomba sur Jonas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Chacun ; littéralement un homme (vir) ; c’est en effet la signification primitive du terme hébreu correspondant.
Ils lui dirent donc : Apprenez-nous quelle est la cause de ce péril où nous sommes. À quoi vous occupez-vous ? D’où êtes-vous ? Où allez-vous ? Et quel est votre peuple ?
Il leur répondit : Je suis Hébreu, et je sers le Seigneur, le Dieu du ciel, qui a fait la mer et la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je crains ; c’est-à-dire, d’après le texte original, j’adore, je sers.
Alors ils furent saisis d’une grande crainte, et ils lui dirent : Pourquoi avez-vous fait cela ? Car ils avaient su de lui-même, qu’il fuyait de devant la face du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces ; ce pronom est représenté dans l’hébreu par l’article déterminatif.
Ils lui dirent donc : Que vous ferons-nous pour nous mettre à couvert de la violence de la mer ? Car les vagues s’élevaient, et se grossissaient de plus en plus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Allait en grossissant ; littéralement et par hébraïsme, allait et grossissait.
Jonas leur répondit : Prenez-moi, et me jetez dans la mer, et elle s’apaisera. Car je sais que c’est à cause de moi, que cette grande tempête est venue fondre sur vous.
Cependant les mariniers tâchaient de regagner la terre ; mais ils ne pouvaient : parce que la mer s’élevait de plus en plus, et les couvrait de ses vagues.
Ainsi ils crièrent au Seigneur, et lui dirent : Nous vous prions, Seigneur ! que la mort de cet homme ne soit pas cause de notre perte ; et ne faites pas retomber sur nous le sang innocent : parce que c’est vous-même, Seigneur ! qui faites en ceci ce que vous voulez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De l’âme ; c’est-à-dire, de la personne.
Puis ayant pris Jonas, ils le jetèrent dans la mer, et elle s’apaisa aussitôt.
Alors ces hommes conçurent pour le vrai Dieu une frayeur pleine de respect. Ils immolèrent des hosties au Seigneur, et firent des vœux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ninive, capitale de l’Assyrie, sur le Tigre. La cité royale était sur la rive gauche du fleuve, à l’endroit appelé aujourd’hui Koyoundjik, où sont entassées les ruines des palais des rois d’Assyrie, vis-à-vis de la ville actuelle de Mossoul. Les auteurs anciens rapportent que la ville entière avait à peu près la forme d’un parallélogramme rectangulaire de 150 stades de longueur sur 90 de largeur. La longueur totale des murs était de 480 stades ou 90 kilomètres.