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Amos 6
MALHEUR à vous qui vivez en Sion dans l’abondance de toutes choses, et qui mettez votre confiance en la montagne de Samarie ! grands qui êtes les chefs des peuples, qui entrez avec une pompe fastueuse dans les assemblées d’Israël.
Passez à Chalane, et la considérez ; allez de là dans la grande ville d’Émath ; descendez à Geth, au pays des Philistins, et dans les plus beaux royaumes qui dépendent de ces villes ; et voyez si les terres qu’ils possèdent sont plus étendues que celles que vous possédez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Passez, etc. Amos, pour convaincre les Israélites d’ingratitude, leur représente que leur royaume n’est en rien inférieur à ceux des peuples voisins. ― Chalané, la même que Calano. Voir Isaïe, 10, 9.
Vous que Dieu réserve pour le jour de l’affliction, et qui êtes près d’être asservis à un roi barbare ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un mauvais jour ; celui de la captivité. ― Qui vous avancez, etc. ; qui êtes près de tomber sous la domination du roi d’Assyrie, roi inique.
qui dormez sur des lits d’ivoire, et qui employez le temps du sommeil pour satisfaire votre mollesse ; qui mangez les agneaux les plus excellents, et des veaux choisis de tout le troupeau ;
qui accordez vos voix avec le son de la harpe ; et qui croyez imiter David en vous servant comme lui des instruments de musique ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils ont pensé, etc. ; c’est-à-dire, ils croient pouvoir se servir des instruments de musique aussi bien que David, mais David ne s’en servait que pour le culte et la gloire du Seigneur (voir 2 Paralipomènes, 7, 6 ; 29, 26-27), tandis qu’eux ne s’en servent que pour leur propre plaisir. Ce verbe à la troisième personne indique une réflexion faite comme à part.
qui buvez le vin à pleines coupes, qui vous parfumez des huiles de senteur les plus précieuses, et qui êtes insensibles a l’affliction de Joseph.
C'est pour cela que ces hommes voluptueux vont être emmenés les premiers loin de leur pays : et que cette troupe nourrie dans les délices sera dissipée.
Le Seigneur Dieu a juré par lui-même, le Seigneur, le Dieu des armées a dit : Je déteste l’orgueil de Jacob, et je hais ses maisons superbes ; je livrerai leur ville avec ses habitants entre les mains de leurs ennemis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 51, 14. ― Son âme ; hébraïsme pour sa vie (voir Nombres, 14, 21, etc.) ; ou bien, sa personne, lui-même (voir Isaïe, 45, 23, etc.).
S’il reste seulement dix hommes dans une maison, ils mourront comme les autres.
Leur plus proche les prendra l’un après l’autre, et les brûlera dans la maison pour en emporter les os : il dira à celui qui sera resté seul au fond du logis : Y a-t-il encore quelqu’un avec vous ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le parent, etc. C’étaient les plus proches parents qui devaient prendre soin des corps des morts. ― Le brûlera. Dans ces temps-là, on brûlait les corps morts des Hébreux (voir 1 Rois, 31, 12 ; 2 Paralipomènes, 16, 14) ; mais depuis la captivité, on les enterrait, comme dans le principe.
Et après qu’il lui aura répondu, Il n’y en a plus ; il ajoutera : Ne dites mot, et ne parlez point du nom du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est la fin (finis est) ; c’est le dernier, il n’en reste plus. ― Ne te souviens pas, etc. ; n’invoque pas le Seigneur, il ne nous protège plus. Le motif de cette recommandation est exprimé dans le verset suivant.
Car le Seigneur va donner ses ordres ; il ruinera la grande maison, et il fera des brèches à la petite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La grande maison ; probablement le royaume d’Israël. ― La petite maison ; le royaume de Juda.
Les chevaux peuvent-ils courir au travers des rochers ? ou peut-on y labourer avec des bœufs ? Comment donc pourriez-vous espérer le secours de Dieu, vous qui avez changé en amertume les jugements que vous deviez rendre, et en absinthe le fruit de la justice ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est pourtant ce que vous avez fait vous-mêmes. Cette phrase ou toute autre semblable est absolument nécessaire pour l’enchaînement et la liaison des idées du texte sacré. ― Vous avez changé, etc. ; c’est-à-dire par des jugements injustes et oppressifs vous avez rempli d’amertume et d’aigreur ceux que vous deviez au contraire consoler et réjouir par les doux fruits d’une bonne justice. ― Est-ce que des chevaux peuvent courir au milieu des rochers ? Les chevaux des anciens le pouvaient d’autant moins qu’on ne les ferrait pas. ― Avec les buffles, avec des bœufs sauvages, non accoutumés au joug.
vous qui mettez votre joie dans le néant, et qui dites : N’est-ce pas par notre propre force que nous nous sommes rendus si redoutables ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Puissance ; littéralement, cornes, qui étaient en effet, chez les Hébreux le symbole de la force et de la puissance.
Maison d’Israël, dit le Seigneur, le Dieu des armées, je vais susciter contre vous une nation qui vous réduira en poudre, depuis l’entrée du pays d’Émath, jusqu’au torrent du désert.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Depuis l’entrée, etc. ; c’est-à-dire, dans toute l’étendue du royaume d’Israël. ― Emath est appelée entrée, parce que les ennemis d’Israël, les Assyriens devaient pénétrer par là dans le pays, ou parce que cette ville était sur la frontière. ― Le torrent du désert ne forme pas proprement la limite du royaume d’Israël, mais de celui de Juda. Si donc il est cité ici, c’est parce que la prophétie concerne les deux royaumes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 6, 24. ― La maison d’Israël ; les assemblées du peuple d’Israël.