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Joël 2
FAITES retentir la trompette en Sion ; jetez des cris sur ma montagne sainte ; que tous les habitants de la terre soient dans l’épouvante : car le jour du Seigneur va venir ; il est déjà proche :
jour de ténèbres et d’obscurité, jour de nuages et de tempêtes. Comme la lumière de l’aurore s’étend en un moment sur les montagnes, ainsi un peuple nombreux et puissant se répandra sur la terre. Il n’y en a jamais eu, et il n’y en aura jamais de semblable dans tous les siècles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Diverses générations ; littéralement et par hébraïsme, génération et génération.
Il est précédé d’un feu dévorant, et suivi d’une flamme qui brûle tout : la campagne qu’il a trouvée comme un jardin de délices, n’est après lui qu’un désert affreux, et nul n’échappe à sa violence.
À les voir marcher, on les prendrait pour des chevaux de combat ; et ils s’élanceront comme une troupe de cavalerie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme l’aspect des chevaux est leur aspect (des sauterelles). Les auteurs orientaux ont remarqué que la tête de la sauterelle a quelque ressemblance avec celle du cheval.
Ils sauteront sur le sommet des montagnes avec un bruit semblable à celui des chariots armés, et d’un feu qui brille de la paille sèche, et ils s’avanceront comme une puissante armée qui se prépare au combat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les sauterelles qui ravagent par myriades les pays exposés à leurs déprédations, produisent en effet dans leur marche un bruit semblable à ceux dont parle le Prophète.
À leur approche les peuples seront saisis de douleur ; on ne verra partout que des visages ternis et plombés
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A sa face ; à sa présence, à la présence de ce peuple fort, etc. (voir verset 5), les autres peuples seront dans un affreux tourment. ― La couleur d’une marmite ; c’est-à-dire terne et plombée.
Ils courront comme de vaillants soldats ; ils monteront sur les murs comme des hommes de guerre ; ces hommes marcheront chacun dans leur voie, et ils ne se détourneront point de la route qu’ils auront prise.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les sauterelles ne dévient pas de leur marche, quand elles inondent un pays, et elles pénètrent jusque dans les tentes et les maisons, voir verset 9.
Ils ne se presseront point l’un l’autre, chacun suivra son sentier ; ils entreront dans les maisons par les fenêtres mêmes, sans avoir besoin de rien abattre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne démoliront pas ; n’auront pas besoin de rien abattre, puisqu’ils entreront par les fenêtres qui sont des ouvertures toutes pratiquées. D’autres, prenant demolientur pour un verbe passif et non déponent, traduisent par ne seront plus abattus, ou blessés, ce qui est le sens du texte hébreu.
Ils se répandront dans la ville, ils courront vers la muraille, ils monteront dans les maisons, ils entreront par les fenêtres comme des voleurs.
La terre tremblera devant eux, les cieux seront ébranlés ; le soleil et la lune seront obscurcis, et les étoiles retireront l’éclat de leur lumière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 13, 10 ; Ezéchiel, 32, 7 ; Joël, 3, 15 ; Matthieu, 24, 29 ; Marc, 13, 24 ; Luc, 21, 25. ― A tremblé. Ce prétérit et les suivants du même verset, ainsi que les deux des versets 21 et 22, sont mis pour des futurs. Voir sur cet idiotisme, le 2° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes. ― La multitude des sauterelles est quelquefois si considérable qu’elle obscurcit la lumière du soleil comme un épais nuage.
Le Seigneur a fait entendre sa voix avant d’envoyer son armée ; parce que ses troupes sont très-nombreuses, qu’elles sont fortes, et qu’elles exécuteront ses ordres : car le jour du Seigneur est grand et très-redoutable ; et qui pourra en soutenir l’éclat ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 30, 7 ; Amos, 5, 18 ; Sophonie, 1, 14-15.
Maintenant donc, dit le Seigneur, convertissez-vous à moi de tout votre cœur, dans les jeûnes, dans les larmes et dans les gémissements.
Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements, et convertissez-vous au Seigneur, votre Dieu ; parce qu’il est bon et compatissant, patient et riche en miséricorde, disposé à se repentir du mal dont il avait menacé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 85, 5 ; Jonas, 4, 2. ― Pouvant revenir ou se repentir. Saint Jérôme explique lui-même ainsi les termes de la Vulgate præstabilis super malitia. Il est certain que le mot mal (malitia) se prend dans plusieurs endroits pour peine, malheur, calamité.
Qui sait s’il ne se retournera point vers vous, s’il ne vous pardonnera point, et s’il ne laissera point encore après lui quelque bénédiction, en sorte que vous puissiez offrir au Seigneur, votre Dieu, vos oblat ions de blé et de vin ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jonas, 3, 9. ― S’il ne reviendra pas, etc. La négation est évidemment sous-entendue dans la Vulgate aussi bien que dans l’hébreu. ― Le sacrifice, etc. Comparer à Joël, 1, 9.
Faites retentir la trompette en Sion, publiez un jeûne saint, convoquez l’assemblée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Joël, 1, 14.
Assemblez le peuple, avertissez-le qu’il se purifie, faites venir les vieillards, amenez les enfants, et ceux même qui sont encore à la mamelle : que l’époux sorte de sa couche, et l’épouse de son lit nuptial.
Que les prêtres, ministres du Seigneur, pleurent entre le vestibule et l’autel, et qu’ils disent : Épargnez, Seigneur ! épargnez votre peuple, et ne laissez point tomber votre héritage dans l’opprobre, en l’abandonnant à la puissance des nations : pourquoi dira-t-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ?
Le Seigneur a été touché de zèle pour sa terre : il a pardonné à son peuple.
Le Seigneur a parlé à son peuple, et il lui a dit : Je vous enverrai du blé, du vin et de l’huile, et vous en serez rassasiés, et je ne vous abandonnerai plus aux insultes des nations.
J’écarterai loin de vous ce peuple qui est du côté de l’Aquilon ; et je le chasserai dans une terre déserte, et où personne ne passe : je ferai périr les premiers corps de ses troupes vers la mer d’Orient, et les derniers vers la mer la plus reculée : l’air sera tout infecté de leur puanteur, et l’odeur de leur pourriture s’élèvera dans les airs ; parce qu’ils ont agi avec orgueil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui, etc. ; le roi de Chaldée. L’Ecriture désigne ordinairement ce prince par l’aquilon ou le septentrion, qui est la situation de son pays, par rapport à la terre d’Israël. ― La mer orientale ; la mer Morte ; la mer la plus reculée, ou plutôt, selon l’original, la mer de derrière, celle qu’on a derrière soi en Palestine, quand on regarde le levant, c’est-à-dire la mer Méditerranée. ― Sa puanteur, etc. « De nos jours, dit saint Jérôme, nous avons vu des troupes de sauterelles couvrir la terre de Judée. Le vent s’étant levé, elles ont été précipitées dans la mer [Morte] et la mer [Méditerranée]. Et comme le rivage des deux mers était couvert des cadavres des sauterelles mortes, que les flots avaient rejetés, il en est résulté une corruption et une puanteur si nuisible que l’air en a été corrompu et a produit une peste qui a frappé les animaux domestiques et les hommes. »
Ô terre ! cessez de craindre, tressaillez d’allégresse, et soyez dans la joie ; parce que le Seigneur va faire en votre faveur de grandes choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A fait. Voir, sur ce prétérit et ceux du verset suivant, le verset 10.
Ne craignez plus, animaux de la campagne ; parce que les prairies vont reprendre leur première beauté, les arbres porteront leur fruit, le figuier et la vigne pousseront avec vigueur.
Et vous, enfants de Sion, soyez dans des transports d’allégresse, et réjouissez-vous dans le Seigneur, votre Dieu ; parce qu’il vous a donné un Maître qui vous enseignera la justice, et qu’il répandra sur vous comme autrefois les pluies de l’automne et du printemps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un docteur de justice (doctorem justitiæ). Ni Joël, ni le grand-prêtre d’alors, ni Isaïe ou Jérémie n’ont mérité ce titre comme le Messie, Jésus-Christ, la vraie lumière « qui éclaire tout homme venant en ce monde » (voir Jean, 1, 9). ― La pluie, etc. ; les pluies du printemps et de l’automne. Voir Osée, 6, 3.
Les granges seront pleines de blé, et les pressoirs regorgeront de vin et d’huile.
Je vous rendrai les fruits des années que vous ont fait perdre la sauterelle, le ver, la nielle et la chenille, et ma grande armée que j’ai envoyée contre vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ma grande force ; ma puissante armée.
Vous vous nourrirez de tous ces biens, et vous en serez rassasiés : vous louerez le nom du Seigneur, votre Dieu, qui aura fait pour vous tant de merveilles ; et mon peuple ne tombera plus jamais dans la confusion.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous mangerez abondamment ; littéralement et par hébraïsme, vous mangerez, vous nourrissant.
Alors vous saurez que je suis au milieu d’Israël ; que c’est moi qui suis le Seigneur, votre Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que moi. Et mon peuple ne tombera plus jamais dans la confusion.
Après cela je répandrai mon Esprit sur toute chair : vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards seront instruits par des songes, et vos jeunes gens auront des visions.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 44, 3. ― Après cela ; dans un temps reculé. ― Toute chair ; hébraïsme pour, tous les mortels, tous les hommes. ― Saint Pierre nous découvre (voir Actes des Apôtres, 2, verset 16 et suivants) l’accomplissement de la prophétie rapportée ici et au verset suivant dans l’effusion de l’Esprit-Saint, sur les apôtres et les disciples de Jésus-Christ.
Alors je répandrai aussi mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes.
Je ferai paraître des prodiges dans le ciel et sur la terre, du sang, du feu, et des tourbillons de fumée.
Le soleil sera changé en ténèbres, et la lune en sang, avant que le grand et terrible jour du Seigneur arrive.
Commentaire (versets 30 à 31) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 30 à 31 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Je ferai paraître, etc. Ces paroles peuvent s’appliquer aux signes qui précéderont la ruine de Jérusalem, selon la prédiction de Jésus-Christ (voir Luc, 21, 11), mais plus particulièrement à ceux qui précéderont le dernier avènement du Sauveur, et dont il parle aussi lui-même (voir Luc, 21, verset 25 et suivants). Voir Joël, 2, 10 ; Matthieu, 24, 29 ; Luc, 21, 25 ; Actes des Apôtres, 2, 20.
Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé : car le salut se trouvera sur la montagne de Sion et dans Jérusalem, comme le Seigneur l’a dit, et dans les restes que le Seigneur aura appelés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quiconque invoquera, etc., s’entend indistinctement des Juifs et des gentils, comme le remarque saint Paul (voir Romains, 10, 12-13). ― Les restes, etc. Un petit nombre de Juifs qui invoquaient le nom du Seigneur, et qui avaient conservé la mémoire de son culte dans les pays étrangers, revinrent en Judée, et trouvèrent leur salut dans Jérusalem. Ils sont en cela une figure des restes fidèles que Dieu appela d’entre les Juifs dans l’établissement de l’Eglise, et des derniers restes qu’il appellera, soit de la nation juive, soit de la gentilité, à la fin des siècles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sonnez de la trompette pour engager le peuple à faire pénitence.