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Joël 2
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Sonnez du cor en Sion, et sonnez de la trompette sur ma sainte montagne ! Que tous les habitants du pays tremblent, car le jour de Yahweh vient, car il est proche !
Jour de ténèbres et d’obscurité, jour de nuages et de sombre nuée ! Comme l’aurore qui s’étend sur les montagnes, un peuple vient, nombreux et fort, tel qu’il n’y en a jamais eu depuis l’origine, et qu’il n’y en aura pas après lui, jusqu’aux années des âges les plus lointains.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Diverses générations ; littéralement et par hébraïsme, génération et génération.
Devant lui le feu dévore, et derrière lui la flamme brûle. Le pays est comme un jardin d’Éden devant lui, et derrière lui, c’est un désert dévasté ; rien ne lui échappe.
Son aspect est comme l’aspect des chevaux, et ils courent comme des cavaliers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme l’aspect des chevaux est leur aspect (des sauterelles). Les auteurs orientaux ont remarqué que la tête de la sauterelle a quelque ressemblance avec celle du cheval.
On entend comme un bruit de chars, qui bondiraient sur les sommets des montagnes ! c’est comme le bruit de la flamme de feu, qui dévore le chaume ; c’est comme un peuple robuste, rangé en bataille.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les sauterelles qui ravagent par myriades les pays exposés à leurs déprédations, produisent en effet dans leur marche un bruit semblable à ceux dont parle le Prophète.
Devant lui les peuples tremblent d’effroi, tous les visages pâlissent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A sa face ; à sa présence, à la présence de ce peuple fort, etc. (voir verset 5), les autres peuples seront dans un affreux tourment. ― La couleur d’une marmite ; c’est-à-dire terne et plombée.
Ils courent comme des héros ; ils escaladent la muraille comme des hommes de guerre ; ils marchent chacun dans leurs sentiers, ils ne confondent pas leurs routes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les sauterelles ne dévient pas de leur marche, quand elles inondent un pays, et elles pénètrent jusque dans les tentes et les maisons, voir verset 9.
Ils ne se poussent point les uns les autres, chacun va dans son chemin ; ils se précipitent au travers des traits, et ils ne rompent point leurs rangs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne démoliront pas ; n’auront pas besoin de rien abattre, puisqu’ils entreront par les fenêtres qui sont des ouvertures toutes pratiquées. D’autres, prenant demolientur pour un verbe passif et non déponent, traduisent par ne seront plus abattus, ou blessés, ce qui est le sens du texte hébreu.
Ils se répandent dans la ville, ils courent sur le mur, ils montent dans les maisons ; ils entrent par les fenêtres, comme le voleur.
Devant lui la terre tremble, les cieux s’ébranlent, le soleil et la lune s’obscurcissent, les étoiles perdent leur éclat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 13, 10 ; Ezéchiel, 32, 7 ; Joël, 3, 15 ; Matthieu, 24, 29 ; Marc, 13, 24 ; Luc, 21, 25. ― A tremblé. Ce prétérit et les suivants du même verset, ainsi que les deux des versets 21 et 22, sont mis pour des futurs. Voir sur cet idiotisme, le 2° à la fin des Observations préliminaires des Psaumes. ― La multitude des sauterelles est quelquefois si considérable qu’elle obscurcit la lumière du soleil comme un épais nuage.
Yahweh fait entendre sa voix à la tête de son armée ; car immense est son camp, car puissant est l’exécuteur de sa parole. Car le jour de Yahweh est grand et très redoutable ; et qui pourrait le soutenir ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 30, 7 ; Amos, 5, 18 ; Sophonie, 1, 14-15.
Mais maintenant encore — oracle de Yahweh, revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des larmes et des lamentations.
Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements, et revenez à Yahweh, votre Dieu ; car il est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté, et il s’afflige du mal qu’il envoie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 85, 5 ; Jonas, 4, 2. ― Pouvant revenir ou se repentir. Saint Jérôme explique lui-même ainsi les termes de la Vulgate præstabilis super malitia. Il est certain que le mot mal (malitia) se prend dans plusieurs endroits pour peine, malheur, calamité.
Qui sait s’il ne reviendra pas et ne se repentira pas, et s’il ne laissera pas après lui une bénédiction, l’offrande et la libation pour Yahweh, notre Dieu ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jonas, 3, 9. ― S’il ne reviendra pas, etc. La négation est évidemment sous-entendue dans la Vulgate aussi bien que dans l’hébreu. ― Le sacrifice, etc. Comparer à Joël, 1, 9.
Sonnez de la trompette en Sion, publiez un jeûne, convoquez une assemblée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Joël, 1, 14.
Assemblez le peuple, publiez une sainte réunion, rassemblez les vieillards, réunissez les enfants et les nourrissons à la mamelle. Que le nouvel époux quitte sa chambre, et l’épouse son pavillon.
Qu’entre le portique et l’autel, les prêtres, ministres de Yahweh, pleurent, et qu’ils disent : « Yahweh, épargnez votre peuple, et ne livrez pas votre héritage à l’opprobre, pour être l’objet des moqueries des nations. Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? »
Yahweh a été ému de jalousie pour son pays, et il a eu pitié de son peuple.
Yahweh a répondu et dit à son peuple : Voici que je vais vous envoyer le blé, le vin nouveau et l’huile, et vous en serez rassasiés ; et je ne ferai plus de vous un sujet d’opprobre parmi les nations.
Celui qui vient du septentrion, je l’éloignerai de vous, et je le chasserai vers une terre aride et déserte, l’avant garde vers la mer Orientale, l’arrière-garde vers la mer occidentale ; il s’en élèvera une infection, et sa puanteur montera, car il a fait grand !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui, etc. ; le roi de Chaldée. L’Ecriture désigne ordinairement ce prince par l’aquilon ou le septentrion, qui est la situation de son pays, par rapport à la terre d’Israël. ― La mer orientale ; la mer Morte ; la mer la plus reculée, ou plutôt, selon l’original, la mer de derrière, celle qu’on a derrière soi en Palestine, quand on regarde le levant, c’est-à-dire la mer Méditerranée. ― Sa puanteur, etc. « De nos jours, dit saint Jérôme, nous avons vu des troupes de sauterelles couvrir la terre de Judée. Le vent s’étant levé, elles ont été précipitées dans la mer [Morte] et la mer [Méditerranée]. Et comme le rivage des deux mers était couvert des cadavres des sauterelles mortes, que les flots avaient rejetés, il en est résulté une corruption et une puanteur si nuisible que l’air en a été corrompu et a produit une peste qui a frappé les animaux domestiques et les hommes. »
Terre, ne crains pas, sois dans l’allégresse et réjouis-toi ; car Yahweh a fait grand !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A fait. Voir, sur ce prétérit et ceux du verset suivant, le verset 10.
Ne craignez point, bêtes des champs, car les pâturages du désert ont reverdi, car l’arbre porte son fruit, le figuier et la vigne donnent leurs richesses.
Et vous, enfants de Sion, soyez dans l’allégresse et réjouissez-vous en Yahweh, votre Dieu ; car il vous a donné le docteur pour vous enseigner la justice, et il fait descendre pour vous l’ondée, pluie d’automne et pluie du printemps, comme autrefois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un docteur de justice (doctorem justitiæ). Ni Joël, ni le grand-prêtre d’alors, ni Isaïe ou Jérémie n’ont mérité ce titre comme le Messie, Jésus-Christ, la vraie lumière « qui éclaire tout homme venant en ce monde » (voir Jean, 1, 9). ― La pluie, etc. ; les pluies du printemps et de l’automne. Voir Osée, 6, 3.
Vos aires se rempliront de froment, et les cuves regorgeront de vin nouveau et d’huile.
Je vous compenserai les années qu’ont dévorées la sauterelle, le yélek, le chasil et le gazam, ma grande armée, que j’avais envoyée sur vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ma grande force ; ma puissante armée.
Vous mangerez abondamment et vous serez rassasiés, et vous louerez le nom de Yahweh, votre Dieu, qui a fait pour vous des merveilles ; et mon peuple ne sera plus jamais confus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous mangerez abondamment ; littéralement et par hébraïsme, vous mangerez, vous nourrissant.
Et vous saurez que je suis au milieu d’Israël ! Moi, je suis Yahweh, votre Dieu, et il n’y en a point d’autre, et mon peuple ne sera plus jamais confus !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sonnez de la trompette pour engager le peuple à faire pénitence.