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Joël 1
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Parole de Yahweh qui fut adressée à Joël, fils de Phatuel.
Écoutez ceci, vieillards ; prêtez l’oreille, vous tous habitants du pays ! Pareille chose est-elle arrivée de vos jours, ou bien dans les jours de vos pères ?
Faites-en le récit à vos enfants, et vos enfants à leurs enfants, et leurs enfants à une autre génération.
Ce qu’a laissé le gazam, la sauterelle l’a dévoré ; ce qu’a laissé la sauterelle, le yéleq l’a dévoré ; ce qu’a laissé le yéleq, le chasil l’a dévoré.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La chenille, etc. Selon le plus grand nombre des interprètes, tant juifs que chaldéens, ces insectes ne sont qu’une figure, qu’un symbole des ennemis du peuple juif. Le Prophète, en effet, emploie parfois des expressions qui ne conviennent nullement à des insectes quelconques. ― L’invasion des sauterelles, qui occupe une si large place dans la prophétie de Joël, est interprétée de deux façons très différentes. ― 1° La paraphrase chaldaïque, saint Ephrem, saint Jérôme et un grand nombre de commentateurs, n’ont vu dans ces insectes qu’un symbole des peuples païens, Assyriens, Mèdes, Perses, Romains. ― 2° Beaucoup de modernes entendent cette invasion dans le sens littéral, s’appuyant surtout sur ce que le Prophète ne parle que des dégâts causés dans les champs et du mal fait aux animaux, non aux personnes, tandis que, s’il s’agissait d’une guerre, les personnes auraient eu beaucoup à souffrir, et Joël n’aurait pu se dispenser de parler de leurs tribulations. De plus, toutes ses paroles semblent se rapporter à un fait passé et non futur. ― 3° Quoiqu’il soit difficile de ne pas voir dans les deux premiers chapitres un événement historique, on peut néanmoins concilier ensemble, jusqu’à un certain point, les deux opinions en admettant, comme cela paraît très vraisemblable, que Joël, dans sa seconde partie, considère l’invasion dont il a parlé dans la première comme le type du jugement de Dieu qui approche.
Réveillez-vous, ivrognes, et pleurez ; vous tous, buveurs de vin, lamentez-vous, à cause du vin nouveau ; car il vous est retiré de la bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Doux ; littéralement, avec douceur (in dulcedine). Comme nous l’avons remarqué plus d’une fois, les adjectifs en hébreu son souvent remplacés par un substantif précédé d’une proposition. Ajoutons que le terme hébreu que la Vulgate a traduit ici par douceur signifie le vin doux ou nouveau, en latin mustum, mot qu’elle a employée ailleurs elle-même (voir Cantique des Cantiques, 8, 2 ; Isaïe, 49, 26).
Car un peuple est monté sur mon pays, puissant et innombrable ; ses dents sont des dents de lion, et il a des mâchoires de lionne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une nation ; les sauterelles, qui ravagent et détruisent tout.
Il a dévasté ma vigne, et mis en morceaux mon figuier ; il les a pelés complètement et abattus ; les rameaux sont devenus tout blancs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les sauterelles rongent aussi et dévorent l’écorce des arbres.
Désole-toi comme une vierge revêtue du sac, pour pleurer l’époux de sa jeunesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un sac ; c’est-à-dire, un vêtement rude et grossier qu’on portait dans le deuil.
Offrandes et libations ont été retranchées de la maison de Yahweh ; ils sont dans le deuil les prêtres, ministres de Yahweh !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les prêtres, etc. ; parce qu’ils ne peuvent plus offrir de sacrifices, à cause du manque de toutes les récoltes.
Les champs sont ravagés, le sol est dans le deuil ; car le blé est détruit, le vin nouveau est dans la confusion, l’huile languit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le vin a été confondu ; honteux de n’avoir pas répondu à ce qu’on en attendait. C’est une prosopopée semblable à le sol a pleuré, du même verset. Comparer aux versets 12 et 17 ; Isaïe, 24, 7 ; 33, 9. Les Septante portent partout ont séché quant à l’hébreu, il est à la rigueur susceptible des deux sens, mais le premier paraît mieux fondé.
Soyez confus, laboureurs, lamentez-vous, vignerons, à cause du froment et de l’orge ; car la moisson des champs est anéantie.
La vigne est dans la confusion, et les figuiers languissent ; le grenadier, et aussi le palmier et le pommier, tous les arbres des champs sont desséchés ; la joie s’est retirée confuse, loin des enfants des hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En sorte que. C’est la véritable signification qu’a ici le quia de la Vulgate expliqué par l’hébreu, et la seule que comporte le contexte.
Prêtres, ceignez-vous et poussez des plaintes ; lamentez-vous, ministres de l’autel ! Venez, passez la nuit vêtus du sac, ministres de mon Dieu ; car l’offrande et la libation sont retenues loin de la maison de votre Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceignez-vous ; revêtez-vous d’habits de deuil.
Publiez un jeûne, convoquez une assemblée ; réunissez les anciens, tous ceux qui habitent le pays, dans la maison de Yahweh, votre Dieu,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Joël, 2, 15.
et criez à Yahweh : « Ah ! quel jour !… » Car le jour de Yahweh est proche ! Il vient comme un ravage, de la part du Tout-Puissant !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ah ! ah ! ah ! au jour (a, a, a, diei) ; c’est-à-dire, ô jour malheureux !
La nourriture n’a-t-elle pas été retranchée sous nos yeux, ainsi que la joie et l’allégresse, de la maison de notre Dieu ?
Les semences ont séché sous leurs mottes ; les greniers sont vides, les magasins tombent en ruines, parce que le blé est dans la confusion.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le blé a été confondu. Voir le verset 10. ― L’invasion des sauterelles ayant tout dévasté, les animaux périssent faute de nourriture.
Comme les bêtes gémissent ! Les troupeaux de bœufs sont effarés, parce qu’ils n’ont point de pâture ; même les troupeaux de brebis pâtissent.
Je crie vers vous, Yahweh ; car le feu a dévoré les pâturages du désert, la flamme a brûlé tous les arbres des champs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un feu ; la stérilité, qui rend les champs comme brûlés et qui est la suite des ravages des sauterelles.
Les bêtes sauvages mêmes brament après vous, parce que les courants d’eau sont à sec, et que le feu a dévoré les pâturages du désert.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vieillards, etc. Joël s’adresse aux habitants de Juda.