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Osée 13
À LA parole d’Éphraïm la frayeur a saisi Israël : il a péché jusqu’à adorer Baal ; et il s’est donné la mort.
Ils ont ajouté ensuite péché sur péché ; ils ont employé leur argent à se forger des statues semblables aux idoles des nations, qui ne sont que l’ouvrage d’un artisan : et après cela ils disent : Ô hommes qui adorez les veaux ! venez sacrifier à nos nouveaux dieux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils ont encore péché ; littéralement et par hébraïsme, ils ont ajouté à pécher (addiderunt ad peccandum). ― A ceux-ci ; à ces Israélites idolâtres, dont il est question dans ce verset même. ― Eux-mêmes ; c’est-à-dire, les faux prophètes, selon le chaldéen, ou les prêtres et les princes, suivant saint Jérôme ; ou bien enfin, selon d’autres, les prophètes du Seigneur et les Juifs demeurés fidèles, qui reprochent aux Israélites des dix tribus d’offrir à Moloch des victimes humaines, pendant qu’ils adorent les veaux d’or.
C’est pourquoi ils seront dissipés comme les nuages du point du jour, comme la rosée qui se sèche au matin, comme la poussière qu’un tourbillon emporte de l’aire, et comme la fumée qui se perd en sortant d’une cheminée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’une cheminée (de fumario) ; c’est-à-dire, du trou pratiqué dans le mur pour le passage de la fumée ; car les Israélites n’avaient pas de cheminées comme les nôtres. ― Comme un nuage du matin, etc. Voir plus haut, Osée, 6, 4. ― Comme la poussière emportée de l’aire par un tourbillon. L’aire étant aplanie et unie, le vent en emporte plus facilement la poussière.
Mais c’est moi qui suis le Seigneur, votre Dieu, dès le temps où je vous ai tirés de la terre d’Égypte : vous ne connaîtrez point d’autre Dieu que moi, et nul autre que moi n’a été votre Sauveur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 43, 11.
J’ai eu soin de vous dans le désert, dans une terre sèche et stérile.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je t’ai connu dans le désert du Sinaï, à l’époque de la sortie d’Egypte.
Ils se sont remplis, et rassasiés à proportion de la fertilité de leurs pâturages : et après cela ils ont élevé leur cœur, et ils m’ont oublié.
Et moi je serai pour eux comme une lionne ; je les attendrai, comme un léopard, sur le chemin de l’Assyrie.
Je viendrai à eux comme une ourse à qui l’on a ravi ses petits ; je leur déchirerai les entrailles jusqu’au cœur, je les dévorerai comme un lion dans leur exil même ; et les bêtes farouches les déchireront.
Votre perte, ô Israël ! ne vient que de vous, et vous ne pouvez attendre de secours que de moi seul.
Qu’est devenu votre roi ? Qu’il vous sauve maintenant avec toutes vos villes ; que vos gouverneurs vous sauvent, eux dont vous avez dit : Donnez-moi un roi et des princes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 8, 5. ― Juges a ici le sens de chefs militaires qui sauvent des ennemis.
Je vous ai donné un roi dans ma fureur, et je vous l’ôterai dans ma colère.
Je tiens toutes les iniquités d’Éphraïm liées ensemble ; son péché est réservé dans mon secret.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le sens de ce verset est que les iniquités et les péchés d’Israël n’ont été ni oubliés, ni punis, ni pardonnés ; mais seulement comme liés et serrés dans un sac ou une bourse, pour en être retirés au temps voulu par le Seigneur, et recevoir de lui leur juste châtiment. Comparer à Job, 14, 17.
Éphraïm sera comme une femme qui est surprise par les douleurs de l’enfantement : il est maintenant comme un enfant sans raison ; mais un jour il sera exterminé dans le carnage de tout son peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le carnage, etc. ; lorsque ses fils seront brisés et massacrés par les ennemis.
Je les délivrerai de la puissance de la mort, je les rachèterai de la mort. Ô mort ! un jour je serai ta mort ; ô enfer ! je serai ta ruine. Mais maintenant je ne vois rien qui me console dans ma douleur ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 15, 54 ; Hébreux, 2, 14. ― Ta morsure (morsus tuus) ; selon les Septante aiguillon, mot que saint Paul a employé, en citant ce passage (voir 1 Corinthiens, 15, 55).
parce que l’enfer séparera les frères les uns d’avec les autres. Le Seigneur fera venir un vent brûlant qui s’élèvera du désert, qui séchera les ruisseaux d’Éphraïm, et qui en fera tarir la source : il lui ravira son trésor, et tous ses vases les plus précieux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ezéchiel, 19, 12. ― Un vent brûlant, etc. ; c’est-à-dire, l’armée des Assyriens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ephraïm ; tribu du royaume d’Israël, avait pris tant d’ascendant sur les autres, que quand elle parlait, celles-ci étaient saisies de crainte et de respect. Mais plusieurs, d’après saint Jérôme, entendent ici par Ephraïm, Jéroboam, qui était de cette tribu, et qui avait proposé à son peuple d’adorer ses veaux d’or ; Israël, par crainte, se rendit à ses désirs (voir 3 Rois, 12, verset 28 et suivants).