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Osée 10
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Israël est une vigne luxuriante, qui s’est chargée de fruit. Plus ses fruits étaient abondants, plus il a multiplié les autels ; plus le pays était beau, plus belles ils ont fait les stèles.
Leur cœur est hypocrite : ils vont en porter la peine. Lui, il renversera leurs autels, il détruira leurs stèles.
Bientôt ils diront : « Nous n’avons plus de roi, parce que nous n’avons pas craint Yahweh ; et le roi, que fera-t-il pour nous ? »
Ils diront des paroles, faisant de vains serments, concluant des alliances, et le jugement éclot comme le pavot, dans les sillons des champs.
Pour les génisses de Bethaven, les habitants de Samarie ont peur ; car son peuple prend le deuil sur l’idole, et ses prêtres tremblent à son sujet, pour sa gloire qui a émigré loin de lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vaches ; pour veaux. Chez les Hébreux aussi bien que chez les Grecs et les Romains, le féminin se mettait quelquefois au lieu du masculin, par mépris et par dérision. ― Bethaven. Voir Osée, 4, 15. ― Le peuple, etc. Pour que cette fin de verset puisse avoir un sens, il faut nécessairement, comme l’ont fait plusieurs interprètes, changer l’ordre des mots aussi bien dans l’hébreu que dans la Vulgate. Pour nous, voici l’explication de ce passage qui nous a paru la mieux fondée, parce qu’elle exige moins de suppositions plus ou moins forcées : ― Son peuple ; le peuple de Bethaven ; ― A pleuré sur lui ; sur Bethaven ; ― Et les gardiens de son temple ; qui autrefois se sont réjouis de sa gloire, de ce qui faisait sa gloire, de ses veaux d’or, ont aussi pleuré sur lui (super eum) ; ― Parce qu’elle, sa gloire ; ― S’est éloigné de lui (migravit ab eo) ; a été transportée hors de son pays.
Elle aussi, on la transportera en Assyrie, comme offrande au roi vengeur ; la confusion saisira Éphraïm ; Israël aura honte de ses desseins.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lui-même (ipse) ; Bethaven, qui, par une figure très commune dans le style biblique, est mis ici pour son contenu. ― Un roi vengeur. Comparer à Osée, 5, 13.
Samarie est anéantie ; son roi est comme un fétu sur la surface de l’eau.
Ils seront détruits les hauts lieux d’Aven, péché d’Israël ; l’épine et la ronce monteront sur leurs autels. Ils diront aux montagnes : « Couvrez-nous ! » et aux collines : « Tombez sur nous ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 2, 19. ― Diront aux montagnes, etc. Jésus-Christ a employé les mêmes paroles, en annonçant aux Juifs le châtiment que Dieu devait exercer sur eux par les armes des Romanis (voir Luc, 23, 30), et saint Jean, pour marquer la frayeur des méchants au jugement dernier (voir Apocalypse, 6, 16).
Depuis les jours de Gabaa tu as péché, Israël ; ils persévèrent dans le crime ; ne les atteindra-t-elle pas à Gabaa, la guerre déclarée aux fils d’iniquité ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 19, 25. ― Depuis les jours (ex diebus) ; ou bien plus que dans les jours ; l’hébreu est susceptible des deux sens. ― De Gabaa. Voir Osée, 9, 9. ― Là ils se sont arrêtés (ibi steterunt) ; c’est-à-dire, selon l’hébreu, ils sont restés debout, ils n’ont pas entièrement péri. Les Benjamites, en effet, ne périrent pas tous dans l’affaire de Gabaa ; il s’en trouva 600, qui servirent à rétablir leur tribu dans son premier état. Cette interprétation nous semble la meilleure, comme se liant très bien à ce qui suit. ― Ce ne sera pas, etc. La guerre contre les Israélites, annoncée ici, sera beaucoup plus terrible que celle qui eut lieu à Gabaa, puisque Samarie elle-même doit être détruite de fond en comble par les Assyriens.
Je les châtierai à mon gré, et les peuples seront rassemblés contre eux, lorsqu’on les liera à leurs deux péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leur double iniquité ; c’est-à-dire, le mépris qu’ils ont fait de Dieu, et le culte qu’ils ont rendu aux idoles ; ou bien les deux veaux d’or qu’ils ont adorés, l’un à Dan, et l’autre à Béthel.
Éphraïm était une génisse bien dressée, qui prenait plaisir à fouler le blé. Et moi, j’ai fait passer le joug sur son beau cou ; j’attellerai Éphraïm, Juda labourera, Jacob traînera la herse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai passé ; j’ai fait passer le joug. ― Son beau cou ; littéralement et par hébraïsme, la beauté de son cou. ― Je monterai sur Ephraïm ; je le dompterai.
Faites vos semences selon la justice, moissonnez selon la miséricorde, défrichez-vous des terres nouvelles ; il est temps de chercher Yahweh, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous la justice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 4, 3. ― Et vous moissonnerez ; littéralement et par hébraïsme, et moissonnerez. ― En proportion de ; est le vrai sens de l’expression hébraïque, rendue exactement d’ailleurs dans la Vulgate par in ore. ― Votre miséricorde ; le bien que vous faites. Comparer à Osée, 14, 3. ― Celui qui, etc. Les Pères et après eux le commun des interprètes appliquent ce passage à Jésus-Christ, maître par excellence de la justice.
Mais vous avez labouré la méchanceté, vous avez moissonné l’iniquité, vous avez mangé le fruit du mensonge. Tu t’es confié dans tes propres voies, dans le grand nombre de tes vaillants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un fruit de mensonge ; un fruit trompeur, qui ne saurait nourrir.
Le tumulte s’élève parmi ton peuple, et toutes tes forteresses seront dévastées, comme Salman dévasta Beth-Arbel, au jour de la guerre où la mère fut écrasée sur ses enfants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 8, 12. ― Salmana ; un des princes madianites, qui furent défaits par Gédéon (voir Juges, du chapitre 6 au chapitre 8). ― Celui qui jugea Baal (qui judicavit Baal), Gédéon, qui détruisit l’autel de Baal et le bois qui était autour (voir Juges, 6, 25). ― Le nom de Salmana, dans ce passage d’Osée, n’est pas écrit en hébreu comme celui dont il est question dans le livre des Juges. Le texte hébreu porte : Comme Schalman a dévasté Beth-Arbel au jour de la guerre. Saint Jérôme ne connaissant aucun fait biblique auquel ce passage put faire allusion, si ce n’est la victoire de Gédéon sur Salmana, supposa, comme il le dit lui-même, qu’Arbel était le même mot que Jérobaal, surnom de Gédéon. De là sa traduction de ce passage. Osée faisait allusion à un fait connu de ses contemporains, mais oublié depuis. Nous en avons peut-être l’explication dans un passage des annales de Théglathphalasar, roi d’Assyrie, qui mentionne un roi de Moab, appelé Schalamanu. Il est possible que ce roi ait pris et saccagé Beth-Arbel. Il existait deux villes de ce nom, l’une en Galilée, entre Sepphoris et Tibériade ; l’autre à l’est du Jourdain, dans les environs de Pella.
Voilà ce que vous a fait Béthel, à cause de votre extrême méchanceté. Vienne l’aurore, et c’en est fait du roi d’Israël !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
S’est partagé entre le culte de Baal et celui du Seigneur.