Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Daniel 4 Daniel 5 sur 14 chapitres Daniel 6 →

Daniel 5

Écouter

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Le roi Baltasar fit un grand festin à mille de ses princes, et en présence de ces mille il but du vin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Baltassar, selon l’opinion la plus probable, est le fils du dernier roi de Babylone, Nabonide ; du moins Nabonide, dans ses inscriptions, nous apprend qu’il avait un fils appelé Baltassar. Ce dernier n’était pas roi, mais il en exerçait le pouvoir, parce que son père paraît l’avoir associé au gouvernement et l’avoir chargé de la défense de Babylone, d’où il était absent, quand Cyrus s’en empara.

Excité par le vin, Baltasar fit apporter les vases d’or et d’argent que Nabuchodonosor, son père, avait enlevés du temple qui est à Jérusalem, afin que le roi et ses princes, ses femmes et ses concubines, s’en servissent pour boire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nabuchodonosor son père. Baltassar est regardé comme le fils de Nabuchodonosor, soit qu’il descendit de lui par les femmes, soit qu’il fut simplement considéré comme son successeur dans le gouvernement.

Alors on apporta les vases d’or qui avaient été enlevés du temple de la maison de Dieu qui est à Jérusalem, et le roi et ses princes, ses femmes et ses concubines s’en servirent pour boire.

Ils burent du vin, et ils louèrent les dieux d’or et d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre.

À ce moment apparurent des doigts de main humaine qui écrivaient, en face du candélabre, sur la chaux de la muraille du palais royal ; et le roi vit le bout de la main qui écrivait.

Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent ; les jointures de ses reins se relâchèrent et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les jointures de ses reins ; c’est-à-dire de ses lombes ; car les reins proprement dits n’ont ni jointures ni articulations.

Le roi cria avec force qu’on fit venir les magiciens, les Chaldéens et les astrologues ; et le roi prit la parole et dit aux sages de Babylone : « Quiconque lira cette écriture et m’en fera connaître la signification, sera revêtu de pourpre et portera au cou une chaîne d’or, et il commandera en troisième dans le royaume. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sera le troisième dans mon royaume. Baltassar ne peut donner à l’interprète de l’écriture mystérieuse que le troisième rang dans le royaume, parce qu’il n’occupe lui-même que le second, étant simplement associé au trône. ― Le texte original porte dans le royaume, et non dans mon royaume, parce que ce n’était pas le royaume de Baltassar, mais celui de son père.

Alors tous les sages du roi entrèrent, mais ils ne purent lire ce qui était écrit, ni en faire savoir la signification au roi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils ne purent lire, etc. Voir le verset 25.

Alors le roi Baltasar fut très effrayé ; il changea de couleur, et ses princes furent consternés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Extrêmement ; c’est le vrai sens du latin satis expliqué par le chaldéen.

La reine, apprenant les paroles du roi et de ses princes, entra dans la salle du festin ; la reine prit la parole et dit : « Ô roi, vis éternellement ! Que tes pensées ne te troublent pas, et que tes couleurs ne changent point !

Il y a un homme de ton royaume en qui réside l’esprit des dieux saints ; dans les jours de ton père, on trouva en lui une lumière, une intelligence et une sagesse pareilles à la sagesse des dieux. Aussi le roi Nabuchodonosor ton père, — le roi, ton père, — l’établit chef des lettrés, des magiciens, des Chaldéens, des astrologues, parce qu’un esprit supérieur,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De votre père ; c’est-à-dire de votre grand-père (voir verset 1).

de la science et de l’intelligence pour interpréter les songes, pour faire connaître les énigmes et résoudre les questions difficiles furent trouvés en lui, en Daniel, à qui le roi avait donné le nom de Baltassar. Qu’on appelle donc Daniel et il te fera connaître la signification ! »

Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi prit la parole et dit à Daniel : « Es-tu ce Daniel, l’un des captifs de Juda, que le roi, mon père, a amenés de Judée ?

J’ai entendu dire à ton sujet que l’esprit des dieux est en toi, qu’une lumière, une intelligence et une sagesse extraordinaires se trouvent en toi.

On vient d’introduire devant moi les sages et les magiciens pour lire cette écriture et m’en faire savoir la signification ; mais ils n’ont pu me faire connaître la signification de ces mots.

Et moi, j’ai entendu dire de toi que tu peux donner les significations et résoudre les questions difficiles. Si donc tu peux lire ce qui est écrit et m’en faire savoir la signification, tu seras revêtu de pourpre, tu porteras au cou une chaîne d’or, et tu commanderas en troisième dans le royaume. »

Alors Daniel prit la parole et dit devant le roi : « Que tes dons soient à toi, et donne à un autre tes présents ! Toutefois je lirai au roi ce qui est écrit et je lui en ferai savoir la signification.

Ô roi, le Dieu Très-Haut avait donné à Nabuchodonosor, ton père, la royauté et la grandeur, la gloire et la majesté ;

et à cause de la grandeur qu’il lui avait donnée, tous les peuples, nations et langues étaient dans la crainte et tremblaient devant lui ; il faisait mourir qui il voulait, et il donnait la vie à qui il voulait ; il élevait qui il voulait, et il abaissait qui il voulait.

Mais son cœur s’étant élevé et son esprit s’étant endurci jusqu’à l’arrogance, on le fit descendre du trône de sa royauté et la grandeur lui fut ôtée.

Il fut chassé du milieu des enfants des hommes, son cœur devint semblable à celui des bêtes et sa demeure fut avec les ânes sauvages ; on le nourrit d’herbe comme les bœufs, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu’à ce qu’il reconnût que le Dieu Très-haut domine sur la royauté des hommes, et qu’il y élève qui il lui plaît.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Daniel, 4, 22. ― Fils des hommes ; expression poétique, pour hommes. ― Avec les onagres dans les lieux sauvages. Sur les onagres, voir Job, 39, 5.

Et toi, son fils, Baltasar, tu n’as pas humilié ton cœur, quoique tu susses toutes ces choses.

Mais tu t’es élevé contre le Seigneur du ciel ; on a apporté devant toi les vases de sa maison, et toi, tes princes, tes femmes et tes concubines, vous y avez bu du vin ; tu as loué les dieux d’argent et d’or, d’airain, de fer, de bois et de pierre, qui ne voient, ni n’entendent, ni ne connaissent rien ; et le Dieu qui a dans sa main ton souffle et de qui relèvent toutes tes voies, tu ne l’as pas glorifié.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Votre souffle vital, votre vie, votre âme.

C’est alors qu’a été envoyé de sa part ce bout de main et qu’a été tracé ce qui est écrit là.

Voici l’écriture qui a été tracée : Mené mené. Theqel. Oupharsin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mané, etc. Les sages du roi n’ont pu lire ces mots (voir verset 8), soit parce qu’ils pouvaient être en un caractère inconnu dans le pays, tel que l’hébreu ancien, le phénicien, le samaritain, soit parce qu’étant dépourvus de voyelles, isolés et sans suite, la lecture et par là même l’interprétation en devenaient tout naturellement impossibles ; soit enfin parce qu’ils étaient simplement exprimés par leurs lettres initiales ; hypothèse qui n’a rien d’invraisemblable, et qui exprimerait parfaitement l’embarras des sages du roi.

Et voici la signification de ces mots : Mené (compté) : Dieu a compté ton règne et y a mis fin.

Theqel (pesé) : tu as été pesé dans les balances et trouvé léger.

Perès (divisé) : ton royaume sera divisé et donné aux Mèdes et aux Perses. »

Alors, sur l’ordre de Baltasar, on revêtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou une chaîne d’or, et on publia à son sujet qu’il commanderait en troisième dans le royaume.

Dans la nuit même, Baltasar, roi des Chaldéens, fut tué.