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Ecclésiastique 44
Louons ces hommes pleins de gloire, qui sont nos pères, et dont nous sommes la race.
Le Seigneur, dès le commencement du monde, a signalé en eux sa gloire et sa grande puissance.
Ils ont dominé dans leurs états, ils ont été grands en vertu et ornés de prudence, et les prédictions qu’ils ont annoncées leur ont acquis la dignité de prophètes ;
Ils ont commandé à ceux qui vivaient de leur temps, et les peuples ont reçu de la solidité de leur sagesse des paroles toutes saintes ;
Ils ont recherché par leur habileté l’art des accords de la musique, et ils nous ont laissé les cantiques de l’Écriture ;
Ils ont été riches en vertu, ils ont aimé avec ardeur la véritable beauté, et ils ont gouverné leurs maisons en paix.
Ils se sont tous acquis parmi leurs peuples une gloire qui est passée d’âge en âge, et on les loue encore aujourd’hui pour ce qu’ils ont fait pendant leur vie.
Ceux qui sont nés d’eux ont laissé après leur mort un grand nom, qui renouvelle les louanges de leurs pères :
Il y en a eu d’autres dont on a perdu le souvenir ; leur mémoire est périe comme s’ils n’avoient jamais été ; ils sont nés, eux et leurs enfants, comme s’ils n’étaient jamais nés.
Mais ces premiers sont des hommes de charité et de miséricorde, et les œuvres de leur piété subsisteront pour jamais :
Les biens qu’ils ont laissés à leur postérité lui demeurent toujours ;
Les enfants de leurs enfants sont un peuple saint, leur race se conserve dans l’alliance de Dieu ;
C’est en leur considération que leurs enfants subsistent éternellement ; et leur race, non plus que leur gloire, ne finira point.
Leurs corps ont été ensevelis en paix, et leur nom vivra dans la succession de tous les siècles.
Que les peuples publient leur sagesse, et que l’assemblée chante leurs louanges !
Énoch a plu à Dieu ; il a été transféré dans le paradis pour faire entrer les nations futures dans la pénitence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le paradis terrestre, selon les uns ; dans le ciel, selon les autres. Quoi qu’il en soit, la tradition des chrétiens et des juifs est que Hénoch est encore vivant, et qu’il doit venir avant le jugement dernier pour combattre l’Antechrist. Comparer à Genèse, 5, vv. 22, 24 ; Hébreux, 11, 5 ; Apocalypse, 11, 3.
Noé a été trouvé juste et parfait, et il est devenu au temps de la colère la réconciliation des hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 9, 9. ― Noé a été trouvé, etc. Voir Genèse, 6, 8 ; 7, 1. ― La réconciliation des hommes ; car c’est en lui que la race en a été conservée.
C’est pourquoi Dieu s’est réservé sur la terre quelques hommes lorsque le déluge est arrivé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un reste ; un petit nombre d’hommes, quelques-uns.
Il a été le dépositaire de l’alliance faite avec le monde, afin qu’à l’avenir toute chair ne pût plus être exterminée par le déluge.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 6, 14 ; 7, 1. ― Des alliances, etc. Comparer à Genèse, 9, 14 ; Hébreux, 11, 7.
Le grand Abraham a été le père de la multitude des nations, et nul ne lui a été semblable en gloire ; il a conservé la loi du Très-Haut, et il a fait alliance avec lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Abraham fut, etc. Comparer à Genèse, 12, 2 ; 15, 5 ; 17, vv. 4, 10. ― Père d’une multitude, c’est la signification du nom d’Abraham.
Le Seigneur a affermi son alliance dans sa chair, et dans la tentation il a été trouvé fidèle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 17, 10 ; Galates, 3, 6. ― C’est dans sa chair ; par la circoncision. ― Dans la tentation ; dans l’épreuve à laquelle Dieu soumit sa foi et sa tendresse paternelle, en lui commandant d’immoler son fils Isaac. Voir Genèse, chapitre 22.
C’est pourquoi il lui a juré d’établir sa gloire dans sa race, et de multiplier sa postérité comme la poussière de la terre,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un amas de terre (terræ cumulum) ; le grec peut signifier la poussière de la terre ; le texte de la Genèse (voir Genèse, 13, 16), auquel le sage fait ici allusion, porte également la poussière de la terre.
De l’élever comme les étoiles, et d’étendre leur partage héréditaire depuis une mer jusqu’à l’autre, et depuis le fleuve jusqu’aux extrémités du monde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Depuis une mer, etc. Ces paroles, qu’on lit expressément à Psaumes, 71, 8, sont équivalentes à celles que le Seigneur adressa à Abraham, après qu’il fut séparé de Loth (voir Genèse, 13, 14-15). ― Un fleuve ; l’Euphrate.
Il a traité Isaac de même, à cause d’Abraham son père.
Le Seigneur lui a promis aussi que toutes les nations seront bénies en sa race, et il a confirmé son alliance et l’a fait passer en la personne de Jacob.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lui ; à Isaac. ― La bénédiction de toutes les nations ; c’est-à-dire pour toutes les nations, par le Messie qui devait naître de sa race. ― Il a confirmé, etc. ; c’est-à-dire que les promesses faites à Abraham et transmises à Isaac sont passées de ce dernier à Jacob.
Il a versé sur lui ses bénédictions, lui a donné la terre héréditaire, et la lui a partagée en douze tribus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il l’a reconnu pour le véritable héritier d’Abraham.
Et il lui a conservé des hommes pleins de bonté et de miséricorde, qui ont trouvé grâce aux yeux de tout le monde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De toute chair ; hébraïsme pour de tous les hommes.
Commentaire (versets 1 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Invitation générale à louer les patriarches.