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Ecclésiastique 18
Celui qui vit éternellement a créé toutes choses ensemble. Le Seigneur sera seul reconnu juste, et il est le roi invincible qui subsiste pour jamais.
Qui sera capable de raconter ses ouvrages ?
Qui pourra pénétrer ses merveilles ?
Qui représentera la toute-puissance de sa grandeur ? et qui entreprendra d’expliquer sa miséricorde ?
On ne peut ni diminuer, ni ajouter rien aux merveilles de Dieu, et elles sont incompréhensibles.
Lorsque l’homme sera à la fin de cette recherche, il trouvera qu’il ne fait que commencer ; et, après s’y être longtemps appliqué, il ne lui en demeurera qu’un profond étonnement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aura fini de chercher à découvrir les merveilles (voir verset 5). ― Il commencera ; ce sera comme s’il ne faisait que de commencer. ― Se sera arrêté dans ses recherches.
Qu’est-ce que l’homme ? en quoi peut-il être utile à Dieu ? quel bien ou quel mal lui peut-il faire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’auteur veut dire ici que l’homme ne peut être ni utile ni nuisible à Dieu.
La vie de l’homme, même la plus longue, n’est que de cent ans. Ce peu d’années au prix de l’éternité ne sera considéré que comme une goutte de l’eau de la mer, ou un grain de sable.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 89, 10.
C’est pourquoi le Seigneur les attend avec patience, et il répand sur eux sa miséricorde.
Il voit la présomption et la malignité de leur cœur ; il connait le renversement de leur esprit, qui est corrompu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que leur fin est mauvaise. Le mot subversio de la Vulgate signifiant ordinairement renversement, ruine, destruction, nous avons cru devoir le rendre par fin, c’est-à-dire mort ; d’autant plus que les Septante présentent le même sens.
C’est pour cela qu’il les traite dans la plénitude de sa douceur, et qu’il leur montre le chemin de la justice.
La miséricorde de l’homme se répand sur son prochain ; mais la miséricorde de Dieu s’étend sur toute chair.
Étant plein de compassion, il enseigne et châtie les hommes, comme un pasteur ses brebis.
Il fait miséricorde à celui qui reçoit les instructions de sa miséricorde, et qui se hâte de se soumettre à ses ordonnances.
Mon fils, ne mêlez point les reproches au bien que vous faites, et ne joignez jamais à votre don des paroles tristes et affligeantes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne mets pas la tristesse. Nous rappellerons que la Vulgate traduit souvent par donner (dare), le verbe hébreu qui signifie proprement poser, mettre. ― Mauvaise ; c’est-à-dire dure, affligeante.
La rosée ne rafraîchit-elle pas l’ardeur du grand chaud ? ainsi la parole douce vaut mieux que le don.
La douceur des paroles ne passe-t-elle pas le don même ? mais toutes les deux se trouvent dans l’homme juste.
L’insensé fait des reproches aigres ; et le don de l’indiscret dessèche les yeux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dessèche les yeux ; fait de la peine.
Travaillez à acquérir la justice avant que de juger ; et apprenez avant que de parler.
Usez de remèdes avant la maladie, interrogez-vous vous-même avant le jugement, et vous trouverez grâce devant Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 11, 28.
Humiliez-vous avant que de tomber dans l’infirmité, et faites voir le règlement de votre conduite au temps de la maladie.
Que rien ne vous empêche de prier toujours, et ne cessez point de vous avancer dans la justice jusqu’à la mort, parce que la récompense de Dieu demeure éternellement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 18, 1 ; 1 Thessaloniciens, 5, 17.
Préparez votre âme avant la prière, et ne soyez pas comme un homme qui tente Dieu.
Souvenez-vous de la colère du dernier jour, et du temps auquel Dieu rendra à chacun selon qu’il aura vécu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 7, 18. ― Du jour de la consommation ; c’est-à-dire du jour dernier. ― Du temps ; second complément du verbe souviens-toi (memento). Il devrait être régulièrement au génitif comme le premier de la colère (iræ) ; mais il est à l’accusatif (tempus) dans la Vulgate et les Septante. La Bible, comme nous l’avons déjà remarqué, fournit plus d’un exemple de ce genre d’anomalie. ― Lorsqu’il détournera sa face des impies. C’est le vrai sens de in conversatione faciei expliqué par le grec.
Souvenez-vous de la pauvreté pendant l’abondance, et des besoins de l’indigence au jour des richesses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 11, 27.
Du matin au soir le temps se change, et tout cela se fait en un moment aux yeux de Dieu.
L'homme sage sera toujours dans la crainte, et pendant les jours du péché il se gardera de la paresse.
Tout homme habile reconnait la sagesse, et il rend honneur à celui qui l’a trouvée.
Les hommes de bon sens témoignent aussi eux-mêmes leur sagesse dans leurs paroles ; ils ont l’intelligence de la vérité et de la justice, et ils répandent comme une pluie les sentences et les paraboles.
Ne vous laissez point aller à vos désirs, et détournez-vous de votre propre volonté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Romains, 6, 12 ; 13, 13-14.
Si vous contentez votre âme dans ses désirs, elle vous rendra la joie de vos ennemis.
Ne vous plaisez point dans les assemblées pleines de tumulte, non pas même dans les plus petites, parce qu’on s’y commet, et qu’on y pèche sans cesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les conflits ; telle est la signification première et ordinaire du latin commissio, et c’est le sens du texte grec ; plusieurs cependant l’entendent de l’action de commettre des péchés.
Ne vous réduisez point à la pauvreté en empruntant à usure pour contribuer autant que les autres à faire des festins, pendant que vous n’avez rien dans votre bourse ; car vous vous ôtez ainsi à vous-même le moyen de vivre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par l’usure ; c’est-à-dire en empruntant à usure. ― Pour ta cote ; pour lutter avec les autres (in contentione), au sujet de la cote à payer. ― Tu seras envieux, etc. ; c’est-à-dire tu t’ôteras toi-même le moyen de vivre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 1, 1. ― Ensemble ; c’est-à-dire généralement, sans aucune exception, ou, selon d’autres, en même temps, dans le même moment ; mais la première explication nous paraît plus probable. Le simul de la Vulgate a ici le même sens que dans Psaumes, 13, 3 ; 48, vv. 2, 10. ― Sera justifié ; sera trouvé juste, reconnu pour juste.