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Sagesse 4

O combien est belle la race chaste, lorsqu’elle est jointe avec l’éclat de la vertu ! sa mémoire est immortelle, et elle est en honneur devant Dieu, et devant les hommes.

On l’imite lorsqu’elle est présente, et on la regrette lorsqu’elle s’est retirée : elle triomphe et est couronnée pour jamais comme victorieuse après avoir remporté le prix dans les combats pour la chasteté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Combats incontaminés ; c’est-à-dire combats soutenus sans la moindre souillure.

Mais la race des méchants, quelque multipliée qu’elle soit, ne réussira point, les rejetons bâtards ne jetteront point de profondes racines, et leur tige ne s’affermira point.

Que si avec le temps ils poussent quelques branches en haut, comme ils ne sont point fermes, ils seront ébranlés par les vents, et la violence de la tempête les arrachera jusqu’à la racine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 17, 6 ; Matthieu, 7, 27.

Leurs branches seront brisées avant que d’avoir pris leur accroissement ; leurs fruits seront inutiles et âpres au goût, et on n’en pourra faire aucun usage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au goût ; littéralement à manger.

Car les enfants nés d’une couche illégitime, lorsque l’on s’informe de ce qu’ils sont, deviennent des témoins qui déposent contre le crime de leur père et de leur mère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’une union inique ; ou illégitime ; littéralement de songes iniques.

Mais quand le juste mourrait d’une mort précipitée, il se trouverait dans le repos ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le repos ; la jouissance ; littéralement dans le rafraîchissement ; le grec dit repos, délassement. Comparer à Sagesse, 2, 1.

Parce que ce qui rend la vieillesse vénérable n’est pas la longueur de la vie, ni le nombre des années ;

Mais la prudence de l’homme lui tient lieu de cheveux blancs, et la vie sans tache est une heureuse vieillesse.

Comme le juste a plu à Dieu, il en a été aimé, et Dieu l’a transféré d’entre les pécheurs parmi lesquels il vivait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Hébreux, 11, 5. ― Plaisant à Dieu ; il s’agit du juste nommé au verset 7, les versets 8 et 9 formant une parenthèse.

Il l’a enlevé, de peur que son esprit ne fût corrompu par la malice, et que les apparences trompeuses ne séduisissent son âme.

Car la fascination des niaiseries obscurcit le bien, et les passions volages de la concupiscence renversent l’esprit même éloigné du mal.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Obscurcit le bien ; littéralement les bonnes choses ; c’est-à-dire nous aveugle, en sorte que nous ne connaissons qu’obscurément ou pas du tout ce qui est bon et juste.

Ayant peu vécu, il a rempli la course d’une longue vie :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Consommé. Voir le verset 10. ― De jours ; littéralement de temps.

Car son âme était agréable à Dieu : c’est pourquoi il s’est hâté de le tirer du milieu de l’iniquité. Les peuples voient cette conduite sans la comprendre, et il ne leur vient point dans la pensée

Que la grâce de Dieu et sa miséricorde est sur ses saints, et que ses regards favorables sont sur ses élus.

Mais le juste mort condamne les méchants qui lui survivent, et la jeunesse si tôt finie est la condamnation de la longue vie de l’injuste.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une jeunesse, etc. ; c’est-à-dire que le juste enlevé à la fleur de son âge est la condamnation du méchant qui, dans une longue vie, n’est pas parvenu à la perfection d’un jeune homme.

Ils verront la fin du sage, et ils ne comprendront point le dessein de Dieu sur lui, et pourquoi le Seigneur l’aura mis en sûreté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce que Dieu, etc. ; le dessein de Dieu sur lui.

Ils la verront, et ils le mépriseront ; et le Seigneur se moquera d eux.

Après cela ils mourront sans honneur, et ils tomberont parmi les morts dans une éternelle ignominie ; car le Seigneur les brisera, et ils tomberont devant lui confus et muets ; il les détruira jusqu’aux fondements, il les réduira dans la dernière désolation. Ils seront percés de douleur, et leur mémoire périra pour jamais.

Ils paraîtront pleins d’effroi dans le souvenir de leurs offenses, et leurs iniquités se soulèveront contre eux pour les accuser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les accuseront ; c’est le sens du grec ; le latin traducent illos peut signifier les traduiront en jugement ; ce qui revient au même sens.