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Cantique des cantiques 2

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

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Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La plupart des Pères attribuent les paroles contenues dans le verset à l’Epoux et non à l’Epouse ; le verset suivant, qui se lie parfaitement à celui-ci, nous a semblé démontrer que ce sentiment est le véritable.

Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles.

Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J’ai désiré m’asseoir à son ombre, et son fruit est doux à mon palais.

Il m’a fait entrer dans son cellier, et la bannière qu’il lève sur moi, c’est l’amour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans son cellier. Voir Cantique, 1, 3. ― Il a réglé (ordinavit) en moi la charité ; c’est-à-dire comme l’exprime saint Thomas d’Aquin, il a mis en moi un amour bien réglé, en sorte que je ne m’aimasse moi-même, et que je n’aimasse le prochain que pour Dieu, et que j’aimasse Dieu lui-même par-dessus toutes choses.

Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin, fortifiez-moi avec des pommes, car je suis malade d’amour.

Que sa main gauche soutienne ma tête, et que sa droite me tienne embrassée.

Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu’elle le veuille.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je vous conjure, etc. L’Epoux, sortant de grand matin de la chambre de son épouse, la laisse endormie, et conjure qu’on ne le l’éveille pas. ― Par les chevreuils et les cerfs. Ces animaux sont l’image de tout ce qui est beau et gracieux.

La voix de mon bien-aimé ! Voici qu’il vient, bondissant sur les montagnes, sautant sur les collines.

Mon bien-aimé est semblable à la gazelle, ou au faon des biches. Le voici, il est derrière notre mur, regardant par la fenêtre, épiant par le treillis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au travers des barreaux. Voir Proverbes, note 7.6.

Mon bien-aimé a pris la parole, il m’a dit : « Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !

Car voici que l’hiver est fini ; la pluie a cessé, elle a disparu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’hiver est passé, la pluie est partie. Les pluies cessent ordinairement en mars en Palestine et leur cessation marque la fin de l’hiver.

Les fleurs ont paru sur la terre, le temps des chants est arrivé ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans nos campagnes ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les fleurs ont paru sur notre terre. En mars, la Palestine est un tapis de fleurs. ― La voix de la tourterelle a été entendue dans notre terre. Les tourterelles sont dans la Terre Sainte des oiseaux de passage qui y reviennent au printemps : leur voix annonce le retour de cette saison agréable entre toutes, car elles arrivent les premières parmi les oiseaux de passage et se font entendre partout et sans cesse.

le figuier pousse ses fruits naissants, la vigne en fleur donne son parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses figues vertes, les premières figues. Le figuier en Palestine produit deux ou même trois récoltes, en juin, en août et à l’entrée de l’hiver. Dès que l’hiver finit, les premières figues commencent à pousser sur l’arbre.

Ma colombe, qui te tiens dans la fente du rocher, dans l’abri des parois escarpées. montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage charmant.

Prenez-nous les renards, les petits renards, qui ravagent les vignes, car nos vignes sont en fleur. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les petits renards, proprement les chacals. Ces animaux font de grands ravages dans les vignes.

Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; il fait paître son troupeau parmi les lis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui se repaît parmi les lis ; qui répand une odeur aussi agréable que s’il était nourri de lis, et que s’il avait passé la nuit parmi les fleurs les plus odorantes. Ce membre de phrase est détaché de ce qui précède et de ce qui suit ; voilà pourquoi nous l’avons mis entre parenthèses.

Avant que vienne la fraîcheur du jour, et que les ombres fuient, reviens !... Sois semblable, mon bien-aimé, à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes ravinées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les montagnes de Béther ; selon les Septante, montagnes de cavités. On ne sait au juste quelles étaient ces montagnes ; mais on peut supposer qu’elles étaient très agréables et remplies de gibier, puisque l’Epouse compare son bien-aimé aux chevreuils et aux fanons de biches qui les habitaient. ― D’après Eusèbe, la montagne de Béther était à deux milles de Jérusalem.