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Psaumes 73

Intelligence à Asaph. POURQUOI, ô Dieu ! nous avez-vous rejetés pour toujours, et pourquoi votre fureur s’est-elle allumée contre les brebis que vous nourrissez dans vos pâturages ?

Souvenez-vous de ceux que vous avez assemblés et réunis en un peuple, et que vous avez possédés dès le commencement ; vous avez vous-même racheté votre héritage ; et cet héritage est le mont de Sion, dans lequel il vous a plu d’habiter.

Levez vos mains, afin d’abattre pour jamais leur insolence et leur orgueil. Combien l’ennemi a-t-il commis de méchancetés dans le sanctuaire !

Ceux qui vous haïssent ont fait leur gloire de vous insulter au milieu de votre solennité. Ils ont placé leurs étendards en forme de trophées,

au haut du temple, comme aux portes ; et ils n’ont point connu ce qu’ils faisaient. Ils sont venus armés de haches comme pour abattre des arbres au milieu d’une forêt,

et ils ont d’un commun accord abattu et mis en pièces ses portes ; ils ont avec la cognée et la hache renversé votre héritage.

Ils ont mis le feu à votre sanctuaire et l’ont brûlé ; ils ont souillé sur la terre le tabernacle de votre saint nom.

Ils ont conspiré tous ensemble et dit au fond de leur cœur : Faisons cesser et abolissons de dessus la terre tous les jours de fête consacrés à Dieu.

Nous ne voyons plus les signes éclatants de notre Dieu ; il n’y a plus de prophète, et nul ne nous connaîtra plus.

Commentaire (versets 4 à 9) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 4 à 9 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Peinture des dévastations commises dans le temple par les ennemis des Juifs qui sont les ennemis de Dieu (versets 4 à 6) ; ils ont fait cesser tout culte et il n’ya plus de miracles, plus de prophètes pour consoler Israël (versets 7 à 9). Nos signes ; les prodiges qui nous ont été promis dans la loi et dont une partie a été opérée en faveur de nos pères. ― Il n’y a point de prophète. C’est la plainte des Juifs captifs à Babylone, dans leur désespoir ; plainte au fond exagérée, puisque Daniel était à Babylone. Il est vrai qu’il y prophétisa peu, et que ses principales prophéties lui furent révélées à Suse (voir Daniel, chapitres 7 à 11). Quant aux signes ou prodiges, s’ils ne virent pas à Babylone ces grands coups d’éclat, comme on en avait vu anciennement en Egypte et dans le désert, ils furent cependant témoins de la délivrance miraculeuse de Daniel et de ses compagnons, de la fournaise ardente (voir Daniel, 3, verset 20 et suivants) ; et de celle de Daniel, de la fosse aux lions (voir Daniel, 14, verset 30 et suivants) ; de la justification miraculeuse de la chaste Suzanne (voir Daniel, 13, verset 45 et suivants) ; de la métamorphose de Nabuchodonosor (voir Daniel, 4, verset 13 et suivants) ; enfin des derniers moments de Balthasar, roi des Chaldéens (voir Daniel, 5, verset 22 et suivants).

Jusques à quand, ô Dieu ! l’ennemi vous fera-t-il des reproches avec insulte ? Et notre adversaire continuera-t-il toujours à vous irriter par ses blasphèmes contre votre nom ?

Pourquoi votre main cessera-t-elle de nous protéger ? et pourquoi tenez-vous toujours votre droite dans votre sein ?

Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Jusqu’à quand durera cet abandon du Seigneur ?

Cependant Dieu, qui est notre Roi depuis tant de siècles, a opéré notre salut au milieu de la terre.

C’est vous qui avez affermi la mer par votre puissance, et brisé les têtes des dragons dans le fond des eaux.

C’est vous qui avez écrasé les têtes du grand dragon : vous l’avez donné en nourriture aux peuples d’Éthiopie.

Commentaire (versets 12 à 14) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 12 à 14 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce n’est pas la puissance qui manque à Dieu ; il a séparé la mer de la terre ferme, il brise la tête du crocodile. La tête du dragon, de Léviathan, le crocodile, emblème du roi d’Egypte. ― Le roi d’Egypte est devenu la proie de l’Ethiopie.

Vous avez fait sortir des fontaines et des torrents du sein de la pierre ; vous avez séché les fleuves pleins de force.

Le jour vous appartient, et la nuit est aussi à vous : c’est vous qui êtes le créateur de l’aurore et du soleil.

Vous avez formé toute l’étendue de la terre : vous avez créé l’été comme le printemps.

Commentaire (versets 15 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 15 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Dieu est le créateur des rivières, du jour, des astres, des saisons. Toutes les limites ; c’est-à-dire toute l’étendue.

Souvenez-vous de ceci : que l’ennemi a outragé le Seigneur par ses reproches injurieux ; et qu’un peuple extravagant a irrité votre nom.

Ne livrez pas aux bêtes les âmes de ceux qui s’occupent à vous louer ; et n’oubliez pas pour toujours les âmes de vos pauvres serviteurs.

Jetez les yeux sur votre sainte alliance ; parce que des hommes des plus méprisables de la terre se sont emparés injustement de toutes nos maisons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces hommes avilis sur la terre, dont parle le Psalmiste, sont probablement les Chaldéens ou les Iduméens et les Samaritains. ― Ont été comblés ; etc. ; c’est-à-dire se sont emparés injustement des maisons des Hébreux pendant leur captivité.

Que celui qui est dans l’humiliation ne soit pas renvoyé couvert de confusion : le pauvre et celui qui est sans secours loueront votre nom.

Levez-vous, ô Dieu ! jugez votre cause ; souvenez-vous des reproches injurieux qu’un peuple insensé vous fait tout le jour.

N’oubliez pas ce que disent vos ennemis : l’orgueil de ceux qui vous haïssent monte toujours.