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Psaumes 108
Pour la fin, Psaume de David. NE vous taisez pas, ô Dieu ! sur le sujet de mon innocence :
car la bouche du pécheur et la bouche de l’homme trompeur se sont ouvertes. Ils ont parlé contre moi avec une langue trompeuse :
ils m’ont comme assiégé par leurs discours remplis de haine ; et ils m’ont fait la guerre sans aucun sujet.
Au lieu qu’ils devaient m’aimer, ils me déchiraient par leurs médisances : mais pour moi, je me contentais de prier.
Ils m’ont fait plusieurs maux au lieu du bien que je leur ai fait ; et leur haine a été la récompense de l’amour que je leur portais.
Donnez au pécheur l’empire sur lui ; et que le démon soit toujours à son côté droit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur lui. Ce singulier que le Psalmiste emploie dans ce verset et dans les suivants, jusqu’au 19e inclusivement, signifie chacun d’eux, c’est-à-dire chacun de ses ennemis, qu’il met dans tout le reste du psaume au pluriel. Ce changement de nombre, dans des récits semblables, n’est pas sans exemple chez les écrivains sacrés. Cependant, selon d’habiles interprètes, David désigne spécialement par ce singulier le principal de ses adversaires, que les uns prétendent être Doëg, l’Iduméen, qui était à la cour de Saül (voir 1 Rois, 21, 7), et les autres, Achitophel, le Gilonite, und es conseillers de David, lequel prit part à la conjuration d’Absalom (voir 2 Rois, 15, vv. 12, 31). ― Quant aux malédictions et aux imprécations qui suivent, voir la fin des Observations préliminaires.
Lorsqu’on le jugera, qu’il soit condamné ; et que sa prière même lui soit imputée à péché.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que sa prière même, etc. ; c’est-à-dire que sa défense même, et les prières qu’il pourra adresser à ses juges, ne servent qu’à les irriter davantage contre lui, et ne le rendent que plus coupable à leurs yeux, parce qu’elles manqueront des qualités qui pourraient les rendre efficaces et méritoires.
Que ses jours soient abrégés ; et qu’un autre reçoive son épiscopat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’un autre reçoive son épiscopat. Saint Pierre cite ces paroles dans Actes des Apôtres, 1, 20, et les applique à Judas Iscariote. Le mot grec épiscopat, conservé ici, signifie, comme le mot hébreu original, surveillance, charge, fonction. Doëg, dont parle le Psalmiste, était chargé de la garde des troupeaux de Saül. Il est la figure de Judas, qui trahit son maître, comme Doëg trahit David.
Que ses enfants deviennent orphelins ; et que sa femme devienne veuve.
Que ses enfants soient vagabonds et errants, qu’ils soient contraints de mendier, et qu’ils soient chassés de leurs demeures.
Que l’usurier recherche et enlève tout son bien ; et que des étrangers lui ravissent tout le fruit de ses travaux.
Qu’il ne se trouve personne pour l’assister ; et que nul n’ait compassion de ses orphelins.
Que ses enfants périssent ; et que son nom soit effacé dans le cours d’une seule génération.
Que l’iniquité de ses pères revive dans le souvenir du Seigneur ; et que le péché de sa mère ne soit point effacé.
Qu’ils soient toujours en butte aux traits du Seigneur ; et que leur mémoire soit exterminée de dessus la terre ;
parce qu’il ne s’est point souvenu de faire miséricorde ; mais qu’il a poursuivi l’homme qui était pauvre et dans l’indigence, et dont le cœur était percé de douleur, afin de le faire mourir.
Il a aimé la malédiction, et elle tombera sur lui : il a rejeté la bénédiction, et elle sera éloignée de lui.
Il s’est revêtu de la malédiction ainsi que d’un vêtement : elle a pénétré comme l’eau au dedans de lui, et comme l’huile jusque dans ses os.
Qu’elle lui soit comme l’habit qui le couvre, et comme la ceinture de laquelle il est toujours ceint.
C’est là la manière dont le Seigneur punira ceux qui m’attaquent par leurs médisances, et qui profèrent des paroles meurtrières contre mon âme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Telle est, etc. ; telle sera auprès du Seigneur la récompense de ceux qui etc.
Et vous, Seigneur ! qui êtes le souverain Maître, prenez ma défense pour la gloire de votre nom, parce que votre miséricorde est remplie de douceur. Délivrez-moi ;
parce que je suis pauvre et dans l’indigence, et que mon cœur est tout troublé au dedans de moi.
J’ai disparu comme l’ombre qui est sur son déclin ; et j’ai été emporté de côté et d’autre, ainsi que les sauterelles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Chassé, littéralement agité, secoué.
Mes genoux se sont affaiblis par le jeûne ; et ma chair a été toute changée, à cause de l’huile qui me manquait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A été changée ; desséchée ; c’est-à-dire j’ai beaucoup maigri. ― Qui m’a manqué. Ces mots sont évidemment sous-entendus ; le contexte le démontre. D’un autre côté, la particule hébraïque, traduite dans les Septante et dans la Vulgate par à cause, signifie entre autres choses, faute de, à défaut de. Comme nous l’avons déjà remarqué les anciens croyaient que les onctions d’huile faites sur le corps étaient presque aussi nécessaires que la nourriture.
Je suis devenu un sujet d’opprobre à leur égard : ils m’ont vu, et ils ont secoué la tête.
Secourez-moi, Seigneur mon Dieu ! sauvez-moi par votre miséricorde.
Et que tous sachent que c’est ici un coup de votre main ; et que c’est vous, Seigneur ! qui faites ces choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cela (eam). Les Hébreux, n’ayant pas le genre neutre, et le remplaçant par le féminin, mettent aussi quelquefois le féminin pour le neutre.
Ils me maudiront, et vous me bénirez : que ceux qui s’élèvent contre moi, soient confondus ; mais pour votre serviteur, il sera rempli de joie.
Que ceux qui médisent de moi, soient couverts de honte ; et que leur confusion soit comme une double robe dont ils seront revêtus.
Je publierai de toute ma voix la gloire du Seigneur ; et je le louerai au milieu d’une grande assemblée :
parce qu’il s’est tenu à la droite du pauvre, afin de sauver mon âme de la violence de ceux qui la persécutent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce psaume, comme le 68e, demande à Dieu de châtier sévèrement les ennemis de David, ou de Jésus-Christ dont David est la figure. Celui contre qui s’élève ici le Psalmiste est sans doute Doëg, la figure de Judas Iscariote, voir Actes des Apôtres, 1, 20 ; Jean, 17, 12. ― Dans les versets 2 à 5 et 26 à 31, l’auteur parle de ses ennemis au pluriel, dans les autres au singulier, parce qu’il appelle les vengeances de Dieu contre tous les ennemis de son peuple, en même temps que contre son ennemi personnel. ― Versets 2 à 5 : Mal qu’ont fait au Psalmiste les méchants, en retour de ses bienfaits. ― Versets 6 à 10 : Que Dieu donc accable le traître de maux dans sa famille ; ― versets 11 à 15 : dans sa fortune, sa postérité et sa mémoire ; ― Versets 16 à 20 : à cause de ses iniquités. ― Versets 21 à 25 : Que le Seigneur au contraire ait pitié du Psalmiste affligé et malade ; ― Versets 26 à 31 : qu’il le délivre de ses ennemis, et il recevra ses remerciements.