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Psaumes 101
Oraison du pauvre, lorsqu’il sera dans l’affliction, et qu’il répandra sa prière en la présence du Seigneur.
SEIGNEUR ! exaucez ma prière, et que mes cris s’élèvent jusqu’à vous.
Ne détournez point de moi votre visage ; en quelque jour que je me trouve affligé, rendez-vous attentif à ma demande ; en quelque jour que je vous invoque, exaucez-moi promptement.
Car mes jours se sont évanouis comme la fumée, et mes os sont devenus aussi secs que les matières les plus aisées à brûler.
J’ai été frappé comme l’herbe l’est par l’ardeur du soleil, et mon cœur s’est desséché, parce que j’ai oublié de manger mon pain.
À force de gémir et de soupirer, je n’ai plus que la peau collée sur les os.
Je suis devenu semblable au pélican qui habite dans la solitude : je suis devenu comme le hibou qui se retire dans les lieux obscurs des maisons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par ces comparassions et les suivantes, le Psalmiste veut dépeindre la tristesse. ― Le pélican, se nourrissant de poissons, vit au bord de la mer ou des fleuves, loin de la demeure des hommes. ― Le hibou dans sa demeure, en hébreu le hibou des ruines, qui habite les ruines. Ces deux oiseaux étaient dans la loi mosaïque des animaux impurs. Voir Lévitique, 11, 17-18.
J’ai veillé pendant la nuit ; et j’étais comme le passereau qui se tient seul sur un toit.
Mes ennemis me faisaient durant tout le jour de continuels reproches ; et ceux qui me donnaient des louanges, conspiraient par des serments contre moi.
Car je mangeais la cendre comme le pain, et je mêlais mes larmes avec ce que je buvais,
sous le poids de votre colère et de votre indignation ; parce qu’après m’avoir élevé, vous m’avez brisé.
Mes jours se sont évanouis comme l’ombre, et je suis devenu sec comme l’herbe.
Mais pour vous, Seigneur ! vous subsistez éternellement, et la mémoire de votre nom s’étendra dans toutes les races.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toutes les générations. Voir Psaumes, 88, 2.
Vous vous lèverez, et vous aurez pitié de Sion, parce que le temps est venu, le temps d’avoir pitié d’elle.
Car ses pierres sont très-agréables à vos serviteurs ; et ils auront compassion de sa terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Parce que ses pierres, etc. Les ruines de Sion ont été agréables aux serviteurs de Dieu, Zorobabel, Esdras et Néhémie. Les Juifs, dit Bossuet, aimaient jusqu’aux ruines de leur patrie et du temple et en chérissaient la poussière, où ils venaient offrir leurs dons.
Et les nations craindront votre nom, Seigneur ! et tous les rois de la terre révéreront votre gloire ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et les nations, etc. C’est dans l’Eglise de Jésus-Christ que ces paroles ont eu leur parfait accomplissement.
parce que le Seigneur a bâti Sion, et qu’il sera vu dans sa gloire.
Il a regardé la prière de ceux qui sont dans l’humiliation, et il n’a point méprisé leurs demandes.
Que ces choses soient écrites pour les autres races ; afin que le peuple qui sera créé alors, loue le Seigneur.
Car il a regardé du haut de son lieu saint : le Seigneur a regardé du ciel sur la terre ;
pour entendre les gémissements de ceux qui étaient dans les liens, pour délivrer les enfants de ceux qui avaient été tués ;
afin qu’ils annoncent dans Sion le nom du Seigneur, et qu’ils publient ses louanges dans Jérusalem ;
lorsque les peuples et les rois s’assembleront pour servir conjointement le Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lorsque des peuples, etc. C’est après la venue de Jésus-Christ que ces prophéties ont été accomplies. Comparer au verset 15. ― Le Psalmiste demande dans ces versets que tous les peuples chantent la gloire de son Dieu : « Il est exaucé, dit le comte de Maistre, après avoir appelé cette prière ; parce qu’il n’a chanté que l’Eternel, ses chants participent de l’éternité ; les accents enflammés confiés aux cordes de sa lyre divine retentissent encore, après trente siècles, dans toutes les parties de l’univers. La synagogue conserva les Psaumes ; l’Eglise se hâta de les adopter ; la poésie de toutes les nations chrétiennes s’en est emparée, et depuis plus de trois siècles le soleil ne cesse d’éclairer quelques temples dont les voûtes retentissent de ces hymnes sacrées. On les chante à Rome, à Genève, à Madrid, à Londres, à Québec, à Quito, à Moscou, à Pékin, à Botany-Bay ; on les murmure au Japon. »
Il dit à Dieu dans sa plus grande vigueur : Faites-moi connaître le petit nombre de mes jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il a dit. C’est ici le vrai sens du verbe hébreu que la Vulgate a rendu, d’après les Septante, par il a répondu (respondit). Quant au sujet de ce verbe, c’et probablement le pauvre (pauper) mentionné dans le titre du psaume. ― Lui ; c’est-à-dire au Seigneur, nommé au verset précédent. ― Dans le temps de sa force ; littéralement dans la voie de sa force ; lorsqu’il était dans la vigueur, à la fleur de l’âge.
Ne me rappelez pas lorsque je ne suis encore qu’à la moitié de mes jours : vos années, Seigneur ! s’étendent dans la suite de toutes les races.
Dès le commencement, Seigneur ! vous avez fondé la terre ; et les cieux sont les ouvrages de vos mains :
ils périront : mais vous subsisterez dans toute l’éternité. Ils vieilliront tous comme un vêtement ; vous les changerez comme un habit dont on se couvre ; et ils seront en effet changés :
mais pour vous, vous êtes toujours le même, et vos années ne finiront point.
Commentaire (versets 27 à 28) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 27 à 28 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Saint Paul, dans Hébreux, 1, 10-12, applique les paroles de ces trois versets au Fils de Dieu.
Les enfants de vos serviteurs auront une demeure permanente ; et leur race sera stable éternellement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sera dirigée ; selon l’hébreu, sera fermement établie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A la voix de mon gémissement ; c’est-à-dire à cause de mon gémissement, à force de gémir. ― Peau ; littéralement chair, mot qui ne convient nullement ici ; car il n’y a rien d’étonnant à ce que les os tiennent à la chair. D’un autre côté, le terme arabe correspondant à l’hébreu s’emploie pour exprimer peau, épiderme, cuir, pellicule, écorce. Ainsi, le Psalmiste veut dire que, dans son extrême affliction, sa chair s’est tellement consumée, que ses os n’ont pu adhérer qu’à sa peau.