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Job 26

ALORS Job répondit à Baldad, et lui dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

IXe discours de Job : IIIe réponse à Baldad, chapitre 26. ― Job répond brièvement au dernier discours de Baldad. ― 1° Il lui reproche ironiquement l’inutilité de ce qu’il vient de dire, versets 2 à 4, et il lui montre ensuite qu’il peut peindre, aussi bien que lui, la puissance de Dieu, ce qu’il fait en effet d’une manière supérieure. ― 2° Il décrit la puissance divine dans l’enfer (le scheôl), versets 5 à 7 ; ― 3° dans les airs, versets 8 à 10 ; ― 4° dans le ciel et sur les mers, versets 11 à 14.

Qui prétendez-vous assister ? est-ce un homme faible ? ou soutenez-vous quelqu’un qui n’ait pas le bras assez fort ?

A qui donnez-vous conseil ? est-ce à celui qui n’a pas assez de sagesse ? et voulez-vous ainsi signaler votre prudence ?

Qui entreprenez-vous d’enseigner ? n’est-ce pas celui qui a créé les âmes et les esprits ?

Les géants mêmes, et ceux qui habitent avec eux, gémissent devant lui sous les eaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les géants gémissent sous les eaux ; c’est-à-dire dans l’enfer ; car c’est sous la mer que les anciens le plaçaient. Comparer à Genèse, 6, 4 ; 7, 21 ; Sagesse, 14, 6 ; 1 Pierre, 3, 20. Quelques interprètes entendent par géants les monstres marins ; mais cette opinion ne paraît nullement fondée.

L’enfer est nu devant ses yeux, et l'abîme n’a point de voile pour se couvrir devant lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’abîme ; littéralement la perdition, le lieu de perdition ; c’est encore l’enfer sous un autre nom.

C’est lui qui fait reposer le pôle du septentrion sur le vide, et qui suspend la terre sur le néant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces paroles sont des images et ne doivent pas être prises à la lettre, comme l’a fait observer saint Thomas.

C’est lui qui lie les eaux dans les nuées, afin qu’elles ne fondent pas sur la terre tout à la fois :

qui empêche que son trône ne paraisse à découvert, et qui répand au devant les nuages qu’il a formés :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La face ; c’est-à-dire le devant. Il tient son trône inaccessible à nos regards.

qui a renfermé les eaux dans leurs bornes, pour y demeurer tant que durera la lumière et les ténèbres.

Les colonnes du ciel tremblent devant lui, et il les fait trembler au moindre clin d’œil.

Sa puissance a rassemblé les mers en un instant ; et sa sagesse a dompté l’orgueil de cet élément.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa prudence, etc. La Vulgate ne supporte pas d’autre sens. Cependant beaucoup d’interprètes font de superbum un mot neutre synonyme de superbia, ferocia, qu’ils appliquent à maria, qui précède. Le texte hébreu porte : Dans son intelligence, il a frappé l’orgueil, et le grec : Par sa science il a renversé le monstre marin.

Son esprit a orné les cieux, et l’adresse de sa main puissante a fait paraître le Serpent plein de replis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa main agissant ; littéralement obstetricante ; c’est-à-dire que sa main a formé un serpent tortueux ; le dragon, constellation de l’hémisphère boréal.

Ce que nous venons de dire n’est qu’une petite partie de ses œuvres. Si ce que nous avons entendu est seulement comme une goutte, en comparaison de ce que l’on peut en dire, qui pourra soutenir l’éclat du tonnerre de sa grandeur ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De ses voies ; de sa manière d’agir, de ses œuvres. ― Un petit mot ; littéralement une petite goutte. La parole est souvent comparée dans l’Ecriture à la pluie ou à la rosée. Voir Deutéronome, 32, 2 ; Isaïe, 55, 10-11. ― De sa parole ; c’est-à-dire de la parole qui le concerne, dite à son sujet. ― L’éclat. Ou ce mot est sous-entendu, ou l’antécédent du génitif de sa parole est une goutte (parvam stillam), qui précède ; car il faut nécessairement au verbe contempler (intueri) un accusatif pour complément. Job, ce nous semble, veut dire ici : Je ne vous ai rapporté qu’un bien faible partie des œuvres de la puissance de Dieu. Si donc vous n’avez entendu qu’avec peine le peu de paroles que j’ai dites de lui, comment me supporterez-vous, si je vous fais entendre la voix terrible de son tonnerre, et si je mets sous vos yeux les merveilles de sa grandeur infinie ?