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Job 23
JOB parla ensuite de cette sorte :
Mes paroles sont encore pleines d’amertume, et la violence de ma plaie est beaucoup au-dessus de mes gémissements.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’amertume ; c’est-à-dire de tristesse, de douleur. ― La violence ; littéralement la main, c’est-à-dire la force, la puissance.
Que je souhaiterais de savoir comment je pourrais aller trouver Dieu, et me présenter jusqu’à son trône !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que je sache trouver Dieu ; littéralement et par hébraïsme : Que je sache et que je trouve.
J’exposerais ma cause devant lui, et je remplirais ma bouche de mes plaintes :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je remplirai, etc., pour repousser les fausses accusations dirigées contre moi.
afin que je susse ce qu’il me répondrait, et que je comprisse ce qu’il pourrait me dire.
Je ne voudrais point qu’il me combattît de toute sa force, ni qu’il m’accablât par le poids de sa grandeur.
Je souhaiterais qu’il ne proposât contre moi que l’équité et la justice, et j’espérerais gagner ma cause devant un tel juge.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’équité ; c’est-à-dire la justice ordinaire qui punit le crime et récompense la vertu. Comparer à Job, 19, 6. ― Et ma cause obtiendra ; littéralement et par hébraïsme : Et que ma cause obtienne.
Mais que ferai-je ? Si je vais en orient, il ne paraît point ; si je vais en occident, je ne l’aperçois point.
Si je me tourne à gauche, je ne puis l’atteindre ; si je vais à droite, je ne le verrai point.
Commentaire (versets 8 à 9) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 8 à 9 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Ces deux versets sont la réponse à ce qui a été dit au 3e : Qui m’accordera, etc. A gauche…, à droite. La gauche, c’est le nord ; la droite, c’est le sud, parce que les Orientaux déterminaient les quatre points cardinaux en regardant l’est en face.
Mais il connaît lui-même ma voie, et il m’éprouve comme l’or qui passe par le feu.
Mon pied a suivi ses traces, j’ai été fidèle à garder sa voie, et je ne m’en suis point détourné.
Je ne me suis point écarté des commandements qui sont sortis de ses lèvres, et j’ai caché dans mon sein les paroles de sa bouche.
Car il est et subsiste lui seul. Nul ne peut empêcher ses desseins, et il fait absolument tout ce qu’il lui plaît.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son âme. Nous avons déjà remarqué qu’en hébreu comme en arabe le mot âme se prend souvent pour personne, individu.
Quand il aura accompli sur moi sa volonté, il lui reste encore beaucoup d’autres moyens semblables.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un grand nombre de moyens semblables de m’affliger, sans que rien puisse s’y opposer.
C’est pourquoi le trouble me saisit en sa présence, et lorsque je le considère, je suis agité de crainte.
Dieu a amolli mon cœur, et le Tout-Puissant m’a épouvanté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A amolli mon cœur ; lui a ôté toute sa force.
Car je ne me suis point perdu en l’oubliant au milieu des ténèbres qui m’environnent, et l’obscurité où je suis n’a point mis un voile sur mon visage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Car je n’ai pas péri, quoique j’aie été éprouvé par beaucoup de maux. Les ténèbres signifient souvent dans l’Ecriture, les maux, les calamités. ― L’obscurité n’a pas couvert ma face, au point que je ne voie pas tous les malheurs qui m’accablent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
VIIIe discours de Job : IIIe réponse à Eliphaz, chapitres 23 et 24. ― Malgré la vivacité des attaques d’Eliphaz, Job reste maintenant calme. ― 1° Il réitère d’abord son souhait de se justifier devant Dieu. Ses plaintes sont regardées comme une révolte contre lui ; cependant il lui permettrait, lui, de s’exprimer librement en sa présence. Mais Job voit bien qu’il n’obtiendra pas la faveur d’être admis devant lui, chapitre 23, versets 2 à 9. ― 2° Quoi qu’il en soit, il est certain d’avoir observé les commandements de Dieu. Pourquoi donc Dieu le châtie-t-il ? Il l’ignore, versets 10 à 17. ― 3° Mais qui peut comprendre pourquoi tant d’innocents souffrent dans le monde, chapitre 24, versets 1 à 12, et ― 4° pourquoi, au contraire, les méchants ne sont pas punis comme ils le méritent et vient heureux jusqu’à leur mort ? Versets 13 à 25.