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Job 20

SOPHAR de Naamath répondit ensuite à Job, et lui dit

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

IIe discours de Sophar, chapitre 20. Ce discours est en quelque sorte l’ultimatum de Sophar ; dans la troisième discussion, il ne prendra plus la parole ; aussi sa violence est-elle maintenant très grande. ― 1° Les menaces de Job, qui les compare à des persécuteurs, obligent Sophar d’insister encore sur la thèse que ses amis et lui ont soutenue jusqu’à présent, versets 2 à 5. ― 2° Le coupable périt, malgré sa puissance ; il est dépouillé de ses biens injustement acquis, malgré son avidité, versets 6 à 17. ― 3° ― Un juste châtiment vient ainsi le punir de ses rapines et de son insatiabilité ; il n’échappera pas, versets 18 à 29.

C’est pour cela qu’il me vient pensées sur pensées, et que mon esprit est diversement agité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’est pour cela ; c’est-à-dire c’est parce qu’il y a un jugement. Voir Job, 19, 29. ― En d’autres termes, un sujet d’accusation contre Job. 6 Toutes sortes, etc. C’est en vain qu’il cherchera à se cacher dans les ténèbres, il ne trouvera pas de cache, où les ténèbres puissent pénétrer.

J’écouterai les reproches que vous me faites ; mais l’esprit d’intelligence qui est en moi répondra pour moi.

Voici ce que je sais, et ce qui a toujours été vrai depuis que l’homme a été créé sur la terre :

C’est que la gloire des impies passe bien vite, et que la joie de l’hypocrite n’est que d’un moment.

Quand son orgueil s’élèverait jusqu’au ciel, et que sa tête toucherait les nues ;

il périra à la fin, et il sera rejeté comme un fumier ; et ceux qui l’avaient vu, diront : Où est-il ?

Il s’évanouira comme un songe dont on a perdu le souvenir, et il disparaîtra comme un fantôme que l’on voit durant la nuit.

L’œil qui l’avait vu ne le verra plus, et le lieu où il était ne le reconnaîtra plus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son lieu. Voir Job, 7, 10.

Ses enfants seront accablés de pauvreté, et ses propres mains lui rendront le mal qu’il a fait aux autres.

Les dérèglements de sa jeunesse pénétreront jusque dans ses os, et se reposeront avec lui dans la poussière.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses os seront, etc. Les dérèglements de sa jeunesse pénétreront jusque dans ses os.

Car lorsque le mal est doux à sa bouche, il le cache sous sa langue.

Il ménage cette viande, il ne cesse de la goûter, et la retient dans sa bouche.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il le ménagera ; c’est-à-dire il le savourera.

Le pain qu’il mange se corrompra dans son estomac, et se changera dans ses entrailles en un fiel d’aspic.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Fiel d’aspic, venin de ce serpent qui est très dangereux.

Il rejettera les richesses qu’il avait dévorées, et Dieu les arrachera de ses entrailles.

Il sucera la tête des aspics, et la langue de la vipère le tuera.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La tête des aspics, leur venin.

Il ne verra point couler sur lui les ruisseaux d’un fleuve, ni les torrents de miel et de lait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les torrents… de beurre. Dans les pays chauds de l’Orient, le beurre est à l’état liquide et on le verse comme du lait des vases qui le contiennent.

Il souffrira les peines des maux qu’il a faits, et n’en sera pas consumé, et l’excès de ses tourments égalera celui de ses crimes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses richesses acquises ; le grec porte le mot richesses ; l’hébreu lit travail, qui signifie encore très souvent le fruit du travail, les richesses ; ce doit être aussi le sens d’inventionum suarum de la Vulgate.

Car il a dépouillé les pauvres, et il les a foulés aux pieds ; il leur a ravi leurs maisons, qu’il n’avait pas fait bâtir.

Son cœur a toujours été insatiable ; et après qu’il a obtenu ce qu’il avait tant désiré, il n’a pu en jouir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiaste, 5, 9.

Il n’est rien resté de ses repas : c’est pour cela qu’il ne lui demeurera rien de tous ses biens.

Après qu’il se sera bien soûlé, il se trouvera dans des étouffements qui le déchireront, et les douleurs l’accableront de toutes parts.

Après qu’il aura pris plaisir à remplir son estomac de viandes, Dieu l’attaquera dans sa fureur, et fera pleuvoir sur lui ses traits et ses foudres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses foudres ; littéralement sa guerre.

S’il fuit d’un côté les pointes de fer, il sera percé par un arc d’airain.

L’épée tirée du fourreau, l’épée foudroyante le percera cruellement ; des ennemis effroyables passeront et repasseront sur lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans son amertume ; c’est-à-dire pour porter son amertume, ou une mort amère, cruelle. ― Au lieu de l’horribiles de la Vulgate, l’hébreu porte terreurs.

Les ténèbres les plus épaisses sont cachées dans le secret de son âme : il sera dévoré par un feu qui ne s’allume point ; et celui qui sera laissé dans sa tente, sera pénétré d’affliction.

Les cieux révéleront son iniquité, et la terre s’élèvera contre lui.

Les enfants de sa maison seront exposés à la violence, ils seront retranchés au jour de la fureur de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les rejetons de sa maison sont ses enfants, sa progéniture.

C’est le partage que Dieu réserve à l’impie ; c’est le prix qu’il recevra du Seigneur pour ses paroles.