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1 Machabées 12

Jonathas voyant que le temps lui était favorable, choisit des hommes qu’il envoya à Rome, pour affermir et renouveler l’amitié avec les Romains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jonathas dut envoyer cette ambassade à Rome vers 143 ou 142, peu après la prise de Carthage et de Corinthe.

Il envoya aussi vers les Lacédémoniens et en d’autres lieux des lettres toutes semblables.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Numénius et Antipater, envoyés à Rome, voir verset 16, passèrent à leur retour de Rome par Sparte.

Ses gens allèrent donc à Rome, et étant entrés dans le sénat, ils dirent : Jonathas, grand-prêtre, et le peuple juif, nous ont envoyés pour renouveler avec vous l’amitié et l’alliance, selon qu’elle a été faite auparavant entre nous.

Et les Romains leur donnèrent des lettres adressées à leurs officiers dans chaque province, pour les faire conduire en paix jusqu’au pays de Juda.

Voici la copie des lettres que Jonathas écrivit aux Lacédémoniens :

Jonathas, grand-prêtre, les anciens de la nation, les prêtres, et le reste du peuple juif, aux Lacédémoniens leurs frères, salut.

Il y a déjà longtemps qu’Arius, qui régnait à Lacédémone, envoya des lettres au grand-prêtre Onias, qui témoignaient que vous êtes nos frères, comme on peut le voir par la copie de ces lettres que nous avons jointe à celles-ci.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Onias. On distingue quatre grands prêtres de ce nom. Onias Ier, fils de Jaddus, qui était grand prêtre à l’époque d’Alexandre le Grand. Il fut contemporain de Ptolémée Ier Lagus et de Séleucus Ier Nicator ; il exerça ses fonctions de 323 à 300 avant Jésus-Christ. ― Onias II, fils de Simon II, était pontife du temps de Séleucus IV Philopator (187-175). ― Onias III était grand prêtre sous le règne d’Antiochus IV Epiphane (175-164) et il fut forcé d’abandonner le souverain sacerdoce à son frère Jason, voir 2 Machabées, du chapitre 3 au chapitre 5. ― Son fils Onias IV éleva en Egypte le temple de Léontopolis. Les commentateurs ont vu dans l’Onias dont il est question ici, les uns le premier, d’autres le second et d’autres le troisième, mais il ne peut être question que d’Onias Ier, parce qu’il est le seul contemporain d’Arius, roi de Sparte. Il y a eu deux rois de ce nom. Arius Ier régna de 309 à 265 avant notre ère. C’est celui dont parle la lettre de Jonathas. Arius II, petit-fils du Ier, mourut à l’âge de huit ans en 257.

Et Onias reçut avec grand honneur celui que le roi avait envoyé, et ses lettres où il lui parlait de cette alliance et de cette amitié que nous avons avec vous.

Quoique nous n’eussions aucun besoin de ces choses, ayant pour notre consolation les saints livres qui sont entre nos mains,

Nous avons mieux aimé néanmoins envoyer vers vous pour renouveler cette amitié et cette union fraternelle, de peur que nous ne devenions comme étrangers à votre égard, parce qu’il s’est déjà passé beaucoup de temps depuis que vous avez envoyé vers nous.

Sachez donc que nous n’avons jamais cessé depuis ce temps-là de nous souvenir de vous dans les fêtes solennelles, et les autres jours où cela se doit, dans les sacrifices que nous offrons, et dans toutes nos saintes cérémonies, selon qu’il est du devoir et de la bienséance de se souvenir de ses frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans les observances ; le grec porte, dans nos prières, ce qui a fait penser qu’on lisait primitivement dans la Vulgate in obsecrationibus, au lieu de in observationibus. D’autant que les Juifs priaient et offraient des sacrifices pour les princes leurs alliés, et pour ceux auxquels ils étaient soumis (voir 1 Machabées, 7, 33 ; Baruch, 1, 10-11).

Nous nous réjouissons de la gloire dans laquelle vous vivez.

Mais pour nous autres, nous nous sommes vus dans de grandes afflictions et en diverses guerres ; et les rois qui nous environnent nous ont souvent attaqués.

Cependant nous n’avons voulu être à charge ni à vous, ni à nos autres alliés, dans tous ces combats ;

Car nous avons reçu du secours du ciel, nous avons été délivrés, et nos ennemis se sont vus humiliés.

Ayant donc choisi Numénius, fils d’Antiochus, et Antipater, fils de Jason, pour les envoyer vers les Romains renouveler l’alliance et l’amitié ancienne que nous avons avec eux ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Numénius et Antipater nous sont inconnus ; mais le Jason, dont celui-ci est le fils, doit être celui qui avait été envoyé à Rome par Judas Machabées, voir 1 Machabées, 8, 17.

Nous leur avons donné ordre d’aller aussi vers vous, de vous saluer de notre part, et de vous rendre nos lettres touchant le renouvellement de notre union fraternelle.

C’est pourquoi vous ferez bien de répondre à ce que nous vous avons écrit.

Voici la copie des lettres qu’Arius avait envoyées à Onias :

Abius, roi des Lacédémoniens, au grand-prêtre Onias, salut.

Il a été trouvé ici, dans un écrit touchant les Lacédémoniens et les Juifs, qu’ils sont frères, et qu’ils sont tous de la race d’Abraham.

Maintenant donc que nous avons su ces choses, vous ferez bien de nous écrire si toutes choses sont en paix parmi vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous faites bien. Le mot de la Vulgate benefacitis semble avoir été mis pour benefacietis (vous ferez bien), plus conforme au contexte, et confirmé par la leçon du grec.

Et voici ce que nous vous avons écrit nous autres : Nos bestiaux, et tous nos biens, sont à vous ; et les vôtres sont à nous : c’est ce que nous avons ordonné qu’on vous déclarât de notre part.

Cependant Jonathas apprit que les généraux de l’armée de Démétrius étaient revenus pour le combattre avec une armée beaucoup plus grande qu’auparavant.

Ainsi il partit de Jérusalem, et alla au-devant d’eux dans le pays d’Amathite, parce qu’il ne voulait pas leur donner le temps d’entrer sur ses terres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La région d’Amath ; littéralement, la région d’Amathite. Plusieurs entendent qu’Amath est la même qu’Emath (en hébreu Hamath), ville située sur les frontières septentrionales de la Palestine.

Et il envoya dans leur camp des espions, qui rapportèrent qu’ils avaient résolu de le venir surprendre pendant la nuit.

Après donc que le soleil fut couché, Jonathas commanda à ses gens de veiller, et de se tenir toute la nuit sous les armes et prêts à combattre ; et il mit des gardes autour du camp.

Les ennemis ayant su que Jonathas se tenait avec ses gens prêt au combat, eurent peur, et leurs cœurs furent saisis de frayeur ; ainsi ayant allumé des feux dans leur camp, ils se retirèrent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils allumèrent des feux dans leur camp, pour faire croire aux Juifs qu’ils étaient toujours là.

Jonathas, et ceux qui étaient avec lui, voyant ces feux allumés, ne s’aperçurent point de leur retraite jusqu’au matin.

Et Jonathas les poursuivit ; mais il ne put les atteindre, parce qu’ils avaient déjà passé le fleuve Éleuthère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le fleuve Eleuthère. Voir 1 Machabées, 11, 7.

Il marcha de là vers les Arabes, qui sont appelés Zabadéens ; il les défit, et en rapporta les dépouilles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Zabadéens. On ne connaît pas d’Arabes de ce nom ; c’est pourquoi la plupart des commentateurs lisent avec l’historien Josèphe Nabathéens, en supposant que les Nabathéens ou Nabuthéens (voir plus haut, 1 Machabées, 5, 25), qui étaient amis des Juifs, étaient devenus leurs ennemis en se déclarant pour Démétrius.

Il partit ensuite de là, et vint à Damas ; et il faisait des courses dans tout le pays.

Cependant Simon alla jusqu’à Ascalon, et jusqu’aux forteresses voisines ; il marcha de là vers Joppé, et la prit ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ascalon. Voir plus haut, 1 Machabées, 10, 86.

Car il avait su qu’ils voulaient livrer la place à ceux du parti de Démétrius ; et il y mit garnison pour garder la ville.

Jonathas étant revenu, assembla les anciens du peuple, et il résolut avec eux de bâtir des forteresses dans la Judée,

De bâtir les murs de Jérusalem, et de faire aussi élever un mur d’une très-grande hauteur entre la forteresse et la ville, afin que la forteresse en fût séparée, et sans communication, et que ceux de dedans ne pussent ni acheter ni vendre.

On s’assembla donc pour bâtir la ville ; et la muraille qui était le long du torrent du côté de l’orient étant tombée, Jonathas la rétablit, et elle fut appelée Caphetetha.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le torrent de Cédron, à l’orient de Jérusalem. ― Caphététha était vraisemblablement le nom de la partie du mur de Jérusalem qui était tombée dans le Cédron, parce que les fondements étaient trop faibles.

Simon bâtit aussi Adiada dans la plaine de Séphéla, et la fortifia ; et il y mit des portes et des serrures.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Adiada, ville à l’occident de Jérusalem. ― Séphéla, plaine au couchant des montagnes de Juda. ― Sur la Séphéla, voir Juges, note 15.5.

Mais Tryphon ayant résolu de se faire roi d’Asie, de prendre le diadème, et de tuer le roi Antiochus,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur l’Asie, voir plus haut, 1 Machabées, 8, 6. ― Sur l’usurpation de Tryphon, voir 1 Machabées, 11, 39.

Et craignant que Jonathas ne l’en empêchât, et ne lui déclarât la guerre, cherchait les moyens de se saisir de sa personne, et de le tuer. Il s’en alla donc dans cette pensée à Bethsan.

Jonathas marcha au-devant de lui avec quarante mille hommes de guerre choisis, et vint à Bethsan.

Commentaire (versets 40 à 41) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 40 à 41 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Bethsan. Voir 1 Machabées, 5, 52.

Tryphon voyant que Jonathas était venu avec une grande armée pour le combattre, fut saisi de crainte ;

Il le reçut avec grand honneur, le recommanda à tous ses amis, lui fit des présents, et ordonna à toute son armée de lui obéir comme à lui-même.

Il dit ensuite à Jonathas : Pourquoi avez-vous fatigué inutilement tout ce peuple, puisque nous n’avons point de guerre ensemble ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce ; pronom qui se lit dans le grec, et que le contexte réclame.

Renvoyez-les donc dans leurs maisons : choisissez seulement quelque peu d’entre eux pour être avec vous, venez avec moi à Ptolémaïde, et je vous la mettrai entre les mains, avec les autres forteresses, les troupes, et tous ceux qui ont la conduite des affaires, et je m’en retournerai ensuite ; car c’est pour cela que je suis venu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ptolémaïde. Voir plus haut, 1 Machabées, 5, 15.

Jonathas le crut, et fit ce qu’il lui avait dit ; il renvoya ses gens, qui s’en retournèrent au pays de Juda.

Il ne retint avec lui que trois mille hommes, dont il renvoya encore deux mille en Galilée ; et mille l’accompagnèrent.

Aussitôt que Jonathas fut entré dans Ptolémaïde, ceux de la ville fermèrent les portes, et le prirent ; et ils passèrent au fil de l’épée tous ceux qui étaient venus avec lui.

Et Tryphon envoya ses troupes et sa cavalerie en Galilée et dans la grande plaine, pour tuer tous ceux qui avaient accompagné Jonathas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La grande plaine. Voir 1 Machabées, 5, 52.

Mais ceux-ci, ayant appris que Jonathas avait été arrêté, et qu’il avait péri avec tous ceux qui l’accompagnaient, s’encouragèrent les uns les autres, et se présentèrent pour combattre avec une grande assurance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lorsqu’ils eurent appris, etc. On crut d’abord que Tryphon avait fait mourir Jonathas ; mais on sut le contraire dans la suite (voir 1 Machabées, 13, vv. 12, 15).

Ceux qui les avaient poursuivis, les voyant très-résolus à vendre bien cher leur vie, s’en retournèrent :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’il s’agissait, etc. ; c’est-à-dire, qu’ils feraient payer leur vie bien cher, littéralement, que pour l’âme ou la vie, à eux est la chose.

Ainsi ils revinrent tous dans le pays de Juda sans être attaqués. Ils pleurèrent beaucoup Jonathas, et ceux qui étaient avec lui, et tout Israël en fit un grand deuil.

Alors tous les peuples dont ils étaient environnés firent un nouvel effort pour les perdre, en disant :

Ils n’ont aucun chef qui les commande, ni personne qui les assiste ; attaquons-les donc maintenant, exterminons-les, et effaçons leur nom de la mémoire des hommes.